‹ Les Lolos ...: État actuel de la questionChapitre 9 sur 10 · KILOMÈTRES · texte numérisé non relu

KILOMÈTRES

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673 LBfi LOLOB. 79

L'occupation du Yun-Nan par la race mongole est pleinement mise en lumière par Thistoire chinoise (voir les travaux de M. Rocher). Un prince du nom de Ts'ouan, venu du Se-Tchouan occidental, résidait dans la région du Ku-Tsing et gouvernait d^à le pays sous Tantorité, plus ou moins effective, de la Chine au YI* siècle de notre ère. Le dernier prince successeur des Ts'ouan a été remplacé au XVII* siècle par le général chinois Ou-San-Koue. C'est seulement de cette époque que date l'organisation mandarînaie actuelle du Yun-Nan. De cette époque aussi date la classe importante des Pen-Ti-Jen, issus pour la plupart des anciens compagnons de Ou-San-Koué, qui auraient reçu de lui des concessions territoriales. Beaucoup d'entre eux, sous le titre de Tou-Sse-Kouan^ administrent héréditairement des territoires occupés par les ahorigènes. L'immigration chinoise s'est d'ailleurs effectuée lentement au Yun-Nan, bien avant l'organisation mandarinale.

Les Lolos forment encore la grande msgorité de la population du Yun-Nan. Us se rencontrent jusqu'aux portes de Yun-Nan-Sen et de Mong-Tse, mais on ne les voit revêtus de leur costume spécial que dans les régions les plus écartées. Les indigènes, ont, auprès de leurs villages, des bois sacrés. A ces futaies, on reconnaît à distance les groupes de cette population. Il est permis de pénétrer dans ces bois, mais il est interdit d'en couper les branches. Les Lolos du Yun- Nan ont échappé au bouddhisme qui a pénétré en Chine par des régions plus septentrionales. Les pratiques de la religion consistent en un certain nombre de cérémonies fétichistes qui s'accomplissent annuellement dans les bois.

Les habitations des Lolos sont des cases de très petites dimensions, beaucoup moins aménagées que les maisons chinoises, mais complètement dépourvues de ces réceptacles d'engrais humain qui envahissent les demeures des familles chinoises et sont la base de leur industrie agricole. On trouve chez les Man-Tze des maisons construites en troncs d'arbres superposés horizontalement et assemblés aux angles comme les isbas russes.

Tandis que les Chinois n'élèvent que le poix^ les Lolos, entretiennent, en outre, de nombreux troupeaux de bêtes à cornes, et font usage du lait. Us placent, autant que possible, leurs villages dans le voisinage des mares nécessaires à l'alimentation du bétail.

Ces indigènes sont divisés en un assez grand nombre de tribus, qui non seulement, n'admettent pas les femmes chinoises, mais même ne se mélangent pas entre elles, quoique parfois elles se trouvent dans le même village. Il existe parmi elles une sorte de hiérarchie; la caste la plus élevée est celle des He-I, qui fournit souvent les che& de village. Ceux-ci prennent, comme les Pen-Ti- Jen le titre de Tou-Sse, lorsqu'ils ont reçu l'investiture du gouvernement chinois.

Les moeurs des Lolos sont, par beaucoup de côtés, très opposées aux coutumes chinoises. Avant leur mariage, les filles habitent souvent par groupes dans une maison spéciale. Elles sortent librement, et se réunissent aux jeunes

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gens dans des assemblées qoi se transforment en concours de chant. C'est d'ailleurs une race très musicale qui fournit beaucoup d'exécutants aux orchestres des mandarins. D'autres assemblées sont des concours de danse et de lutte, exercices plutôt scandaleux au point de vue des usages chinois.

La femme mariée est également très libre. Elle participe aux travaux agricoles, et porte les fardeaux dans des hottes qui suffisent à la caractériser. Les femmes se louent souvent pour aller faire la moisson dans les plaines chinoises. On sait qu'elles rentrent pendant quelque temps chez leurs parents, après leurs trois premiers jours de mariage. Par un reste bien caractéristique des andennes coutumes mongoles, le fils aine n'est pas toujours considéré comme le dief de la famille, et les immeubles se transmettent souvent aux cadets.

Sur leur territoire, les populations lolotes sont serviables et hospitalières; elles manifestent une très grande crainte des Chinois, dont elles redoutent toujours l'envahissement, et qui les dominent facilement devant la justice mandarinale. Elles sont exclusivement attachées aux travaux agricoles et ne prodaisent pas d'artisans. Elles possèdent cependant quelques letti'és faisant usage d'une écriture spéciale qui paratt se rapprocher du tibétain. Leurs livides sont très rares, et leur culture intellectuelle disparaît faute d'emploi. Elles peuvent cependant fournir quelques mandaiins militaires, et ne sont pas absolument exclues des fonctions publiques.

La principale industrie des femmes consiste dans le tissage des étoffes très variées qui entrent dans la confection de leurs costumes. Elles emploient la laine, le poil de chèvre, le chanvre, qu'elles réduisent en filasse entre leurs dents, et une plante spéciale qui porte le nom de li-houei et fournit une toile extraordinairement épaisse. Leur costume, qui a déjà été signalé par les voyageurs, varie notablement selon les tribus. Elles portent en général, une sorte de corsage avec empiècement bleu, simulant curieusement un col de matelot, et une jupe courte, plissée, en toile de li-houei. Des jambières de la même étoffe complètent leur toilette. La coiffure des jeunes filles dans la région de Se-Tsong est un disque formé d'une tresse enroulée autour d'un cercle en bois. Dans le Léang-Cban les femmes portent de longues jupes à volants, qu'elles relèvent d'une main pour la marche, un corsage noir à broderies rouges, et une sorte de toque carrée. On rencontre aussi des tabliers multicolores dont l'aspect rappelle ceux des femmes slovaques de Hongrie.

Les physionomies, comme les costumes, varient beaucoup suivant les localités, mais elles sont toigours bien différentes du type chinois. La forme est, en général, beaucoup plus robuste. On rencontre tantôt les traits lourds que l'histoire assigne aux anciens Huns, tantôt des traits fins et des figures ovales qui rappellent à s'y méprendre certains types russes. A part le costume, plus d'une femme lolote pourrait certainement être prise pour une Européenne. Ce détail a été signalé par le prince Henri d'Orléans à propos des Lyssous, et ne laisse pas de surprendre le voyageur.

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Les hommes portent des vestes brodées, ornées souvent dans le milieu du dos, et qui peuvent rappeler les anciens dolmans hongrob. Ils ne pratiquent guère, en dehors de l'agriculture, que le métier de mineur, qu'ils exercent au Yun-Nan depuis un millier d'années au moins, c'est-à-dire bien antérieurement à l'organisation du régime actuel des mines impériales» ').

M. Augastiue Hsnbt, du service des Douanes Impériales chinoi- A. Henry ses, qui s'est fait un nom par ses recherches dans la botanique, a recueilli des notes sur les Lolos de Mong-tseu et de Se-mao qu'il a communiquées au Journal of the Anthropological ImtUute^ 1903.

Ces Lolos ne sont évidemment pas aussi purs car leur stature n'est souvent que moyenne (P. 99). L'écriture est pictographique à l'origine, mais n'a pas été empruntée aux Chinois ; l'origine de l'écriture est obscure, mais il en est question dans l'histoire chinoise des Youen (P. 99); elle s'écrit en colonnes verticales, mais se lit de gauche à droite. Les caractères lolos représentent aujourd'hui des sons, et sont simplement; syllabiqnes. (P. 99). La langue est d'une extrême simplicité; il y a trois ou quatre tons suivant la localité. (P. 101). Leurs cérémonies religieuses ont surtout pour objet de se rendre favorables les mauvais esprits et les ombres qui apportent aux hommes- les maladies et les autres maux; les Lolos croient à l'existence d'une àme humaine. (P. 102). Tout individu sur la terre correspond à une étoile dans le ciel. (P. 103). Les Lolos craignent: 1^ les esprits de ceux qui ont péri d'une mort anormale; 2P les démons; 3^ les sZo-<a, qui sont des phénomènes, des choses inusitées, etc., par exemple les poules qui chantent comme un coq, les chiens on les vaches qui se réunissent sur le toit d'une maison». (P. 104). Us ont une cosmogonie; lors du Déluge, tout le monde périt à l'exception de Du-mu qui est adoré comme l'ancêtre des

1) Im G^rt^Ak, 16 svril 1900, pAgei 978—281.

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Lolo. Us ont des patriarches. Cf. Yial, supra, p. 666. M'. Henry remarque qae «la grande autorité sur la religion de la Chine, De Groot, dit qu'il n*a trou?é aucune trace en Chine d'animaux étant adorés comme ancêtres de tribus et il exprime des doutes sur T existence d'aucun totémisme comme phénomène religieux dans l'Asie orientale. n est donc intéressant d'apprendre que les surnoms Lolos signifient toujours le nom d'un arbre ou d'un animal ou les deux, arbre et animal, et que ceux-ci sont considérés comme les ancêtres de la fttmille portant le nom. Ce nom est souvent archaïque». (P. 105). «Les individus ne peuvent manger ni toucher d'aucune façon la plante ou l'animal, ou les deux, qui composent leur surnom. Tontefois, la plante ou l'animal n'est en aucune manière l'objet d'nn culte». (P. 106). Les Lolos aiment la musique, le chant et la danse; ils célèbrent des cérémonies pour la fête du milieu de l'été. Ils possèdent des contes populaires. M. Henry cite deux poèmes, l'on chanté dans les champs par les filles s'adressant aux garçons; l'antre renferme les lamentations d'une jeune femme nouvellement mariée, en se trouvant dans la maison d'un étranger; les épouses ne sont pas malheureuses, mais elles se sentent isolées au début du mariage.

Litftard Le P. Li^TABD ^), missionnaire à Lan-gni«tsin, Yun-nan, a

donné en 1904 aux Miasions Catholiques une série d'articles sur les Lolos Â-chi dont «le district se déroule entre la grande chune de montagnes de Mi-lé d'un côté, et celle de Tchen-kiang, de l'autre, gur une largeur de sept lieues environ». Le P. de Qorostarzn a dressé une carte des principales localités de la r^on reproduite,

1) Al/fêd Liéturd, né en 1878, aa diooèM de Cambrai; des Mianons étrangères de Paris; parti le 89 juillet 1896.

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/. c, p. 95. Le diatrict actael de Lan-gni-tain se tronre sitn^ dans la préfectare de Loa-Loa et la sons-préfectare de Mi-Ié,

Le P. Liétard remarque que le P. Vial avait écrit qae «garçon ou fille, tout est reçu arec joie et soigna avec anionr>, tandis que dans sa mission «les pères semblent avoir un faible pour les garçons qui continueront la famille. La fille, en effet, n'a part à l'héritage paternel qne si elle n'est pas mariée». «Les A-clii sont essentiellement montagnards et ils en mènent la vie. A peine les jeunes gens ont-ils atteint l'âge de quinze ans, ils ne coochent plus à la maison >. «Jamais les enfanta ne sont abandonnés, pour qaelqne raison qne ce soit». «La polygamie est inconnue chez les Â-clii. Tootefois, si après de longues années, la fsmme n'obtient pas nu enfont, le mari, de concert avec elle, fait choix d'une seconde épouse, qui est alors fort bien traitée. Mais c'est ezcessiTement rare».

Kotre Consul Général à Tnn-nan foo, M. Ch. Fkadçois, a fait ?»i!<>ù il y a quatre ans un voyage dans le Eien tch'ang d'ofi il a rapporté les plus belles photographies de Lolos que j'aie jamais vues ainsi que des notes fort intéressantes dont j'extrais les suivantes:

■Les Lo-Lo sont tous grands et vigoureux, d'un type plus beau et plus viril que le Chinois du Sud et d'allure plus hardie. Les traits sont l'éguliera, les yeux ne sont pas bridés et ne viennent pas à fleur de tête, les pommettes ne sont pas saillantes comme chez les Chinois; le nez est en général bien fait, non écrasé; on ne *oit pas non plua, chez eux, le prognathisme chinois.

■ . . . le TËtement cai'actéristique de l'homme est une grande mante en poils de chèvres, qu'il drape parfois avec élégance, sur une épaule. Boulé dans ce manteau, le Lo-Lo dort n'importe où, sous la plnie ou dans la neige. En dessous, il porte une veste et un pantalon de coton, de coupe assez semblable k celle des Chinois du peuple, i la garde robe desquels il emprunte d'ailleurs le plus souvent. Les pieds et le bas des jambes sont toujours nus. Les cheve non rasés en couronne, comme cenx des Chinois, sont ramenés en chignon roulés en pointe sur le sommet du front. Un turban qui entoure la tète envelo] cette pointe et forme, pour les ahommes à os noirs*, tes Hei-Li, un û{ distinctif de leur caste, ainsi que, souvent, un pendant de quelques graina verroterie rouges et jaunes, passé dans l'oreille au moyen d'un fil. Les gens

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distinction portent ainsi une véritable corne de 30 à 40 centimètres dressée sur le milieu du front.

«Les femmes sont également bien faites et plus grandes que les Ghinofises avec lesquelles Texpression du visage et la démarche établirent un absolu contraste.

«La femme, comme Thomme, porte la grande mante, recouvrant une camisole de coton et un jupon fait de plusieurs bandes d'étoffes généralement de couleurs différentes, cousues dans le sens horiiontal, celle du bas esquissant une sorte de volant.

«Un morceau d'étoffe serré au milieu de la tète est la coiffure des jeunes filles; les femmes mariées portent une sorte de béret noir, très large, fait de carrés de toile, assemblés d'une &con compliquée. Les pieds sont toujours nus. Aucun bijou autre que des colliers de verroterie, retombant jusqu'à la ceinture.

«Tous et toutes sont d'une saleté qui défie toute comparaison et qui fait horreur même aux Chinois. C'est un principe chez les Lo-Lo de ne se laver jamais; or il leur est parfaitement indifférent de s'étendre dans la boue. On ne saurait mieux comparer leurs pieds et leurs mains, dont la peau est enduite d'un glacis de crasse et comme couverte d'écaillés, qu'aux pattes de volaille.

cLeurs . habitations sont faites de quatre pieux ou troncs d'abres non travaillés, supportant une toiture d'herbes; à l'intérieur de ces taudis, aucun meuble; les Lo-lo couchent sur la terre nue enveloppés dans leurs manteaux et, le plus souvent au dehors. Ils ne pratiquent aucune industrie.

«La monogamie est générale; les ménages sont très réguliers; la famille est bien constituée et les mœurs sont chastes. Le Lo-Lo croit à une divinité vague et à une vie futui^e. Il brûle ses morts immédiatement, il honore ses ancêtres, mais sans conserver, comme les Chinois, la tablette particulière de chacun d'eux ... Il est d'une parfaite ignorance, il ne sait rien de ses origines.... Les Lo-lo ne paraissent nullement hostiles aux étrangers, leur haine ne s'étend qu'aux Chinois, mais elle est féroce ...

M. Zaborowsri, a donné à la Revue de VEcole d'Anthropologie de Paris quatre photographies prises par M. François de Lolos du Eien-tch'ang; il a également publié des extraits faits par M« Bbauyaib d'ouvrages chinois relatifs à la population indigène du Yun-nan. *)

Déjà à la Société d'Anthropologie de Paris, dans la séance du 21 février 1901, M. Zaborowski avait présenté le portrait d'une

1) Praoçois, Notes tur les Lo-lo du KUn^tehang, (But et Mém. Soc» tPAnih, Paris, 1904, pp. 642—8.) S) Pages 86—96.

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femme Lolo de Sinon- wei tcheon, dans Tangle nord-est du Ynn-nan, près du Eouei-tcheou, envoyé de Lonng tcheon par M. Beanvaîs, chancelier dn Consulat de France;

«C'est une femme plutôt délicate; au cou, aux bras un peu grêles. Le visage est rond, mais sans les épaisseurs de chair, sans la largeur du visage de la Chinoise. Le nez est d*ailleurs étroit, saillant, et ne parait pas du tout oncave. L'ouverture des narines est au moins très-horisontale. Les yeux sont aussi très horizontaux, et n'ont ni la bride, ni le replis charnu des paupières mongoliques. Nous voila donc en pi^ence d'un type particulier dont on retrouverait peut-être Thomologue au Thibet» 0-

Dana son onyrage sur V Ethnographie du Tonkin septentrional^ Lanet de

Ijajonquière

Paris, 1906, M. le Commandant Luket de LAJONquii^RB consacre un 1^06 chapitre, pp. 822—333, aux Lo lo qui comprennent quatre sousgroupes: 1^ celui des «Lolo» proprement dit dont nous parlerons seulement; 2° celui des P*ou-La ou Fou-Ia; 3^ celui des Houo-Ni; 4^ celui des Pen-Ti-Lolo.

Le sous-groupe des Lolos qui est de beaucoup le plus nombreux, environ 18.000 individus, est cantonné dans la région de Bao-Lac, mais cependant trop dispersé au milieu des villages Meo pour qu*il ait pu former une circonscription régulière. Ces «Lolo» se prétendent les premiers occupants des hautes terres. Ils sont de taille moyenne, mais nerveux et bien découplés. Les femmes, souvent d'une taille supérieure % celle des hommes sont élancées, gracieuses; rélégance de leur démarche contraste avec le pas lourd des femmes Man leurs voisines. Elles ont la physionomie fine et les traits réguliers. Us ne se marient qu'entre eux et, chez eux, entre gens de même tribu. Ils se nourrissent surtout de riz et de maïs. Adonnés à l'opium et au tabac; ignorant l'arec et le bétel. Essentiellement agriculteurs. Ne connaissant pas l'écriture en usage dans les grosses agglomérations Lolo dn Yun-nan. Evidemment des fractions issues

1) BiOletimt et Mém. Sae. éFJnth. Parii, V« Sér., II, 1901, p. Ul.

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des grands groopements da Yun-nan, mais coapées de leurs points d*origine et démarquées.

Bonifacj Dans son Étude sur les Groupes ethniques du Bassin de la Rivière Claire^ M. le Commandant Bonifacy remarque au sujet du groupe lolo:

«Si l'on considère que l'un des préfixes le plus souvent employé dans les anciennes langues du Haut-Tonkin et de la Chine méridionale est la dans les noms de peuple, on pourra en conclure que to, lala devenu plus tard îo^ lolo en chinois, a pu devenir synonyme de peuplade, puis s'être appliqué à certain groupe de peuplades. En annamite, les Lolo sont les La dân ^jSà ^^ , le peuple Xa, quelques trihus sont appelées Pu to, ce qui signifie en th6, les Xa, les hommes ou le peuple la,

« Au point de vue moral les Lolo sont des hommes doux et un peu

apathiques, se laissant évincer facilement par leurs voisins. Us sont hons cultivateurs, habiles vanniers, leurs femmes montrent beaucoup de patience pour orner d'appliques aux figures géométriques, broder et teindre leurs vêtements.

«Leurs traditions sont assez semblables à celles des groupes voisins. Dans leur légende du déluge universel et de la création, le bambou joue un rôle prépondérant; non seulement il invita le père et la soeur à s'unir, mais son ombre protégea leurs embrassements. Il s'ensuit que les nouveaux mariés ne peuvent couper le bambou. C'est sur l'écorce brillante qui se trouve à la base des noeuds de bambou, disposée sur une cloison, que les Lolo placent les grossières images qui représentent leurs parents morts. Ils mettent autour quelques feuillages et suspendent au-dessous la mâchoire inférieure des animaux immolés dans le dernier, sacrifice. *

«Us appellent les esprits Ne, le plus grand est celui du ciel Mo ne, mais celui qui intercède pour les hommes est Tchung né. Les esprits des montagnes, des eaux, etc., ainsi que les âmes des ancêtres s'appellent aussi Ne.

«Autrefois, ils ne pouvaient manger du canard, du poulet, de l'oie et du cochon, mais actuellement ces viandes ne sont tabou que pour les femmes mariées.

«A la naissance d'un enfant, le mari demeure à la maison 15 jours avec sa femme» ').

Comte M. le Comte de Marsat Tenant de 7un-nan fou se rendit de

de Maraay

1906 Hoaei-Ii tcheou à Ning-youen, mais il n'a pas pénétré dans le massif da Ta Leang chan«

1) Bonifacy, pp. 381^322.

M. Yoimo parti de Lao-kai le 24 oct. 1905, par le Yun-nan £. c. Yoang

(Mong-iseD, Lin-ngan, Ta4i, etc.) a gagné TAssam. *) Âa delà de Ta-li et le Tang-pi Ho, il nous dit:

Occasionnellement, oous rencontrâmes des caravanes de mules et de boeufs portant du bois à brûler ou du sel, cette dernière denrée en petits gâteaux cylindriques de la forme et de la proportion à peu près d'une pinte, mais ayant des caractères chinois moulés sur le dessus. On nous dit que les piétons que nous rencontrâmes étaient des Lolos, ils étaient tous goitreux et sales. Généralement ils portaient une peau sur leurs épaules, avec la fourrure en dehors, et leurs jambes étaient emprisonnées dans des pantalons ou des caleçons en loques, avec des paquets de coton attachés sans être serrés à la partie inférieure de la jambe. Leurs boucles non peignées étaient empaquetées sous un turban; les femmes que nous passâmes étaient habillées d'une manière tellement semblable aux hommes que nous avions de la difficulté à les distinguer, sauf par les boucles d'oreille de jade qu'elles portaient et par le fait, elles étaient plus propres et avaient des traits plus agréables que les hommes.

Plus tard, il écrit: ^)

La population de la vallée de la Salouen dans ce voisinage est principalement Lise, mais il y a aussi quelques Minchias et Lolos pi*ès de Lou-Keou, aussi bien que quelques Chinois ou Han-jèn. Ces différentes races sont sous le gouvernement de t'ou-se, aussi nord que Sia-Kou-ti (lat. 26^ 16') au-delà de quel endroit il y a des tribus indépendantes, possiblement d'origine tibétaine, qui refusent obéissance à n'importe quel gouvernement. J'aurai à parler de celles-ci plus loin.

Les T'ou-se ou che&, sont d'origine chinoise, et leur fonction est héréditaire, ayant à l'origine, été donnée à la famille par le gouvernement chinois pour services rendus en temps de guerre. Le gouveraement des T'ou-se est patriarcal, et une latitude considérable leur est accordée; mais la preuve que les autorités chinoises tiennent fortement en mains les chefs, c'est que pendant que nous étions à Lou Eeou, le T'ou-se de cet endroit était en prison où il complétait justement un terme de dix ans d'emprisonnement que le gouvernement chinois lui avait imposé pour avoir piis de ses propres mains un de ses propres sujets. Un jeune parent avait charge du Yamen, à l'époque, mais le chef condamné fut remis en liberté peu de temps après, et il reçut à son retour, un chaleureux accueil de la part des membres du clan.

1) Oeog, Journal, Aag. 1907, p. 166.

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*1907 Le D'. A. F. Legkhdri de Toh'eng-ton, est descendu (1907)

de cette yille à Ning-yoaen en seize joars en passant, comme Hosie, par Ya-tcheoQy Fon-Iin, Yue-si et Lo-EoDi mais à son retonr, il a exploré la région entre le Ngan-ning et le Ya-lonng et il a tra- Tersé le pays diflBcile entre Mien-ning et Tsea ta ti snr le Ta Ton ho, soit 120 kil. environ, occnpé par les Lolos.

Le D'. Legendre écrit: «La région qne j*ai traversée de Mien ning à Tsen ta ti n*est onrerte qn'à qnelques voyageurs chinois munis d'une autorisation des che£i de clan, maîtres du pays. Et, si ces cheft me firent bon accueil à mon passage, m'offirant tout ce qu'il possédaient de meilleur, des œu& et de la &rine de maïs, ils ne regardaient pas d'un bon œil mes porteurs et domestiques chinois. Ceux-ci, d'ailleurs, n'étaient que très peu rassura, sachant la haine que leur a vouée le Lolo, et se gardaient bien de commettre leurs petits larcins habituels, quand sûrs de l'impunité.

«Si les Lolos étaient unis entre eux, les Chinois ne pourraient leur résister 24 heures et n'auraient qu'à évacuer le pays. 3ialheu« reusement, ces Lolos se divisent en tribus, clans, sans liaison aucune, dispersâsi sur un vaste territoire, en proie, au plus haut degré, comme j'ai pu m'en rendre compte, au vice de l'alcoolisme, et même de l'opium, près des centres chinois».

Déjà en 1906, le D'. Legendre écrivait '):

«A une troisième époque que Ton ne saurait préciser, mais remontant à plusieurs milliers d'années, est apparu un nouvel élément, une race différente, d'un type supérieur, que je suppose être le peuple vaincu refoulé par Tintelligente nation venue coloniser la vallée du Houang-H6, par celui enfin que nous appelons le Chinois, le vrai Chinois, celui qu'on ne doit pas confondre avec le Mongol, le Mandchou, le Fokiennois ou le Cantonnais, malgré tous les mélanges qui se sont fatalement opérés. Cette nouvelle race, repoussée de l'Est vers l'Ouest, dans le Chensi d'abord, puis dans la province du Setchouen, serait, à mon avis, le peuple barbare appelé «Lolos» par le fils de Han, et qu'on ne trouve plus,

1) Jkmt mmUêê tm SeicÂotum, 1906, pp. 476—7.

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à l'heure actuelle, à Tétai de nation, qu'au delà du Min, dans la région alpestre. Ce type est généralement de haute taille, de 1 m. 70 à 1 m. 80, d'une rectitude parfaite, au tronc conique avec épaules larges, très e£Eàcées. Les membres supérieurs et inférieurs sont de proportions harmonieuses et bien développés. Autres caractéristiques: front haut et droit avec &ce régulière sans saillie des apophyses zygomatiqttes, donnant un ensemble d'un ovale parfait; œil non oblique plutôt clair que marron à fente horizontale; sourcils très arqués avec plis frontaux interorbitaires profonds, affectant le plus souvent la forme d'un accent circonflexe; nez fin et busqué, à l'arête médiane très marquée; bouche bien dessinée, aux lèvres finement ourlées; menton droit, gracieusement arrondi, chez les femmes surtout, cou long et gracile. La couleur de la peau est généralement blanche avec teint très basané. Les jeunes filles présentent souvent un teint rosé sur le fond halé par le grand air. L'œil bleu foncé n'est point rare; les cheveux sont noirs et très épais. Le type Lolo pur est un (io2(c/u>cép/ia/e. Les nombreuses mensurations que j'ai pratiquées sur les différent métis m'ont permis de conclure pour eux, au contraire, à la brachycéphalie, et d'autant plus marquée, qu'on s'éloigne du type pur».

Les Chinois ont besoin de la vallée da Eien-tch'ang, long couloir qui da Ta-ton ho, on mieux de Mien-ning, s'étend au Tang-tseu et met en communication le Se-tch'ouan ayec le Yun-nan; le passage leur suflBit; étant grandement inférieurs en nombre, les Chinois craignent de le voir clos le jour où ils entreront en lutte ouverte avec les tribus sauvages qui bordent la vallée de chaque côté et les pressent sur la droite comme sur la gauche. Aussi les Chinois ferment-ils l'œil sur beaucoup de méfaits qui seraient sévèrement châtiés dans d'autres parties de l'Empire. On remarquera d'ailleurs que les Chinois sont haïs de ces sauvages qui n'attaquent les Européens que lorsqu'ils les confondent par erreur avec leurs oppresseurs.

Les Chinois désignent les Barbares sous les noms de I Fan ^ et Man i§^. Le terme I était employé pour désigner les Européens et par l'article 51 du Traité signé par les Anglais à

90 HBKBI COKDIIB. 684

T'ien-tsin le 26 juin 1858, il est stipulé que dorénavant ce caractère offensant ne sera plus appliqué au gouvernement ou aux sujets de Sa Majesté Britannique dans aucun document ofiBciel chinois. Â Canton, suivant S. W. Williams, Texpression ^ ^ , Fan jen^ ou $ ^ -^^^ ^^^ ^^^ nsitée pour désigner un étranger. Man ^ ou ^-^ Man tseu désigne plus particulièrement les barbares de Touest et du sud; c*est de Man^fseu que viennent Manzi et Mangx appliqués au moyen âge par les voyageurs occidentaux à la Chine du sud pour la distinguer du Cathay (Eitai), la Chine du Nord; les Lolos ne sont que des tribus Man; répandues dans le Yun-nan, le Kouei-tcheou et le Se-tch*ouan, elles se sont modifiées au contact r soit des autres tribus Man, soit des Chinois eux-mêmes; elles out

conservé plus de pureté, là où elles ont pu vivre isolées, dans les montagnes par exemple, et c'est pour cela que Tétude des Lolos du Ta Leang chan offre un plus grand intérêt que celle des Lolos des plaines et des vallées du Tun-nan. Souhaitons donc que M. d*0LL05S ait rapporté des observations nouvelles et précises du massif inhospitalier qu'il vient de traverser afin de comploter et de contrôler les renseignements déjà nombreux, comme on vient de le voir, que nous possédons sur les peuples sauvages qui l'habitent.

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pp. 71—2, 94—6. 106—7.)

Noas avons lait, en 1876, devant la Société Asiatique de Chang-hai nne conférence sons le titre de «Notes on the Lolos uf Sze-choen», à Taide de notes dn B. P. Craboaillet ; nous ne l'avons pas fait imprimer parce qae tont ce qu'elle contenait d'intéressant avait déjà para dans les Mistionâ CathoUgues. — H. C.

»- The Miaotsu of Kweichoa and Tannan from Chinese Descriptions. By G. M. H. Playfair.

(fihima Benew, V, pp. 92—108).

— Travels and Besearches in the Interior of China. By E. Colborne Baber, Chinese Secretary

f of Légation, Peking.

Forme le Vol. I des Supplemantary Papen de la Boyal Geographical Society. ti London, Murray, 1882, in-8, pp. ym— 201.

— On a Lolo MS. written on Satin. By M. Terrien de La Coaperie (Joum. R. Je. Sœ., N. S., Vol. XIV, Art. X, January, 1882, pp. 119—128, avec 1 PI.)

— T. de Lacoaperie. The Lolo and Mosso Writings. {Prœ. R. 0. S, 1882, Sap. Pap. L) -* Lolo not connected with Vei Characters. (Aihenaeum, 23 Sept. 1882.)

— La mission des Lolos. Lettre de M. Henri Maire, miss. ap. aa Tnn-nan. Pé tchai koù* 8 ao&t 1882. {Miu. CatA., XIV, 1882, pp. 606—7.)

<— Lettre de W. Mesny [à H. Cordier, sar le Ms. Lolo, de Chang-hai], datée Knei-Hsien, Préfecture de Tchin-tai Fon, Province dn Kaang-si, 16 juillet 1888. (Revtie de VEattr. OrimU, II, No. 4, J884, pp. 582—4)

— Translation of a manuscript aocount of the Kweichan Miao-titt. Written after the subjugation of the Miao-tztt, about 1780. Translated by Mr. George Clarke, of the China

* Inland Mission. (A. B. Colquhoun, Aerou Chrysè, II, 1883, App., pp. 863-894).

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