‹ Les Lolos ...: État actuel de la questionChapitre 8 sur 10 · LB8 L0L · texte numérisé non relu

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Le 17 octobre 1898, M. C. E. Bonin adressait à la Société de Bonin 1S98 Géographie '), de Eien-tch'ang fou une lettre dans laquelle il annonçait qu'il Tenait «de traverser, de part en part le massif montagneux du Leang-chan, qui sert de refuge aux tribus autochtones connues à tort sous le nom, injurieux en chinois, ridicule en français, de Lolos et auxquelles il propose de conserrer celui de JfafMMu que leur donnent les Chinois».

D'après la carte sommaire dressée par M. Bonin, son itinéraire porte les noms de lieux suivants: E'iao Kia t'ing, Wa-wou, Houlou-kou, Sin-tchang, Mou-ki-tou, Pe-cha, Ta-wa-ki, Ta-song-lingping, Ta-soui-tang, Pou-kai, Tche-tche-kai, Yu-soui, Eai-ying hien, Tong-mou-kou, Cha-koma, Ta-che pan, Eien-tch'ang.

Outre sa carte, que nous reproduisons, M. Bonin a donné une photograpbie du col de Oha Eoma.

M. Bonin a confirmé les résultats de son voyage de 1898, dans la note suivante qu'il a adressée récemment à la Société de Géographie pour revendiquer la priorité de la traversée du Ta Leang ckan que réclamait le capitaine d'Ollone.

c J'ai après avoir franchi le Tang-tseu près de Kiao-kîa t'ing, continué ma route vers le nord-ouest dans la direction de Ning-youen fou, chef-lieu du Rien tch'ang, en traversant de part en part le massif du Leang-chan ; je suis pasté ainsi sur le territoire des «Lolos Blancs», groupés autour de leur T^ou-seu on chef indigène, que j'ai été voir dans son castel de Mou-ki-tou, puis celui des «Lolos noirs», dépendants du T'ou-seu de Silo, oncle du précédent. En remontant ensuite la vallée chinoise du Kien-tch'ang jusqu'à Mien-ning hien, où étaient déjà passés avant moi Bonvalot, le prince d'Orléans et Madrolle, je me suis engagé au delà dans une région inexplorée également habitée par des Lolos, qui ont su mieux encore que ceux du Leang-chan préserver leur indépendance, car au lieu d'être complètement entourés comme ceux-ci par des villages et

1) SodéU de G^gntphie, Cmpiet rmului, 1899, pp. 88^7.

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des postes chinois, ils sont adossés à l'ouest an pays tibétain dont les cbefe sont sans action et sans rappoil avec eux. G*est par cette route entièrement nouvelle que j'ai débouché sur la rivière T'ong-ho, qui traverse la principauté tibétaine de Ta-tsien lou et dont les bords, dans la partie où je la rejoignis, dépendent d'un autre chef aborigène, la T'ou'se de Tseu ta ti. L'existence d'une route allant du Kien tch'ang au Fleuve Bleu, entre Ning youen et Kiao kia t'ing, m'avait été signalée par Madrolle, qui en marqué l'amorce sur la carte de son propre itinéraire à travers le Kien tch'ang» *).

Andr^ Leclère M. André LeoiIei, Ingénieur en Ohef des Minesi qui a parconru les proyinces chinoises voisines dn Tong-king, râeiome ainsi ses connaissances snr les Lo-lo:

«La grande migorité de la population du Tnn-Nan est d'une origine tout à fait différente. Elle provient de la descente des Mongols de la région du Eou-Kou-Noor, qui, contournant les plateaux supérieurs du Tibet sans quitter cependant les régions élevées, se sont installés, bien avant l'ère chrétienne, d'abord au Ghen-Si, puis dans la partie occidentale et montagneuse dn Se- Tch'ouan. Leurs diverses tribus ont complètement conquis le Tan-Nan, et sont descendues jusque dans le haut Tonkin, où elles subsistent encore sous le nom de Manns. Ayant recueilli à tout hasard les principaux termes du vocabulaire mann sur les bords dn Fleuve Rouge, j'ai pu ensuite constater son identité non seulement avec celui des indigènes que le P. Yial évangélise dans la région du Lou-Nan, mais encore avec celui des habitants dn Leang-Chan, à l'extrémité méridionale du Se-Tch'ouan.

«Les indigènes mongols du Tun-Nan reçoivent d'ordinaire le nomdeLolos, qui est p1ut6t un terme de dérision, suivant les habitudes fréquentes des Chinois à l'égard des étrangers. Le nom de Man-Tze qu'on leur donne également dans la région du Leang-Ghan signifie simplement «barbares». Â l'ouest du Leang-Ghan ils portent le nom de Lyssous. Les Lolos se relient à leur pays d'origine par une série de grands teiTitoires gouvernés par des chefe importants, qui n'en sont pas moins soumis en principe à l'autorité chinoise, et qui sont rattachés administrativement à la province de Se-Tch'ouan. Ges territoires, où pénètre le télégraphe chinois, différent complètement du Tibet, en ce qu'ils renferment des villes librement ouvertes à la population chinoise et gouvernée par les mandarins. Les Européens peuvent donc y accéder sous la protection du gouvernement impérial, tandis que le monopole commercial des lamas inte^ dit encore aux Ghinois comme aux Européens l'entrée du Tibet.

1) la Géographie, 16 oetobre 1907» pp. 270—871.

PUBLICATION ùt LA SOCIÉTÉ DE OiOGRA^HtE

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