DÉSOBÉISSANCE. 3\ ÉPOQUE DE SÉCHERESSE
«Gnikedze le premier— Gniguaguè le second;
Teudèfè le troisième — au ciel.
Teudafou le premier — Lotodje le second ;
Kouseji le troisième — sur terre.
Ensemble six familles (ou six chefs).
Teudafou dit: «Je ne puis vous servir.»
Gnikedze dit: «J'envoie mon dragon blanc pour te soumettre.»
Teudafou prend le dragon blanc, l'enferme dans un panier d'argent et l'enterre devant sa porte :
à trois pieds de profondeur, le ciel s'obscurcit pendant trois ans;
à six pieds de profondeur, il ne tonne plus pendaflt six ans;
à neuf pieds de profondeur, il ne pleut pas pendant neuf ans.
Et les arbres meurent tous, et les oiseaux meurent tous, et ^les bêtes meurent toutes et les hommes meurent tous.
Pendant trois ans on aurait pu parcourir la terre sans rencontrer un seul homme ; pendant trois jours on aurait pu parcourir la terre sans rencontrer un seul oiseau.
Kedze dit: «La sécheresse ne peut continuer.»
Teudafou dit: «Il n'est plus nécessaire, il n'est plus nécessaire de me punir.»
— «Rends-moi mon draijon.»
o LES LOLOg.
Teudafou va piocher devant sa porte :
il pioche trois pieds ; trois ans le ciel s'éclaire ;
il pioche six pieds ; six ans il tonne ;
il pioche neuf pieds; neuf ans il pleut.»
Tel est le texte littéral de la désobéissance de la trinité terrestre à la trinité divine.
Ce Teudafou, mot qui peut se traduire par «Teu, le zizanier» n'est pas autre chose que l'Ange mauvais, l'Esprit terrestre, TEnnemi de l'homme. C'est lui qui est supposé l'auteur de tous les maux ; on le craint, et son nom n'est jamais prononcé qu'à voix basse par le sorcier qui le conjure. Il est à remarquer que Je dragon blanc s'appelle comme Dieu, Kedze, Kedze-lou, le dragon Kedze. Il est vrai qu'on peut aussi traduire: le dragon de Kedze. C'est l'Esprit bon opposé à l'Esprit mauvais.