CHAPITRE V
Les Albizzi (Florence). — Les Boccanigra (Gênes).
Les Buonsignori (Sienne).
La Grande Table (Sienne). — Fédryc. — Les Cerchi
(Florence). — Les Franzesi (Florence).
Les Larcari (Gênes).
Les Uso di Mare (Gênes). — Les Villani (Florence).
Nous croyons devoir donner encore des renseignements sur un certain nombre de familles lombardes dont le nom se retrouve fréquemment dans l'histoire de Paris, et qui ont joué, dans leurs relations avec la France, des rôles plus ou moins considérables, par exemple les Albizzi, les Cerchi, les Larcari, les Bonseigneur. etc.
Les Albizzi (Florence).
Albizzi (Mazo d'), député de Florence, 1396. — Sceau rond de 0,036""".
Ecu à trois annelets l'un dans l'autre. (Demay ajoute : au chef de Savoie. Nous croyons que c'est une
erreur — le jeton le prouve.) Penché, timbré d'un heaume cime d'une tète de chien sur champ fretté.
S. dni Macy? de Albizis.
Ligue conclue entre Charles VI et les Florentins, à Paris maison du chancelier
Arnaud de Corbie, 25 sept. 1396. (J. 503, n* 2. A. M.)
Sceau des Albizzi.
Les Albizzi sont des popolani. Ils sont mentionnés avant 1204 dans les annales florentines, et occupaient les places de consuls, de sages, etc.
Jeton des Albizzi — Face.
La collection de M. Mazerolle renferme un jeton semblable à celui-ci sur ses deux jaces
(droit et revers).
En 1407, Alberto des Albizzi était ambassadeur auprès du roi de France avec Buonaccorso Pitti.
L'Index des Deli^ie cite environ 93 noms de membres de cette famille.
Jeton des Albizzi. — Revers.
Ce jeton est tiré de l'ouvrage de Peruzzi. — Cette roue est-elle celle qui se trouve au milieu du pavé de la Loggia di Mercato Nuovo? Est-ce la roue du Carroccio ? En tout cas ce n'est pas un van, à coup sûr, comme le prétend M. Fontenay. (Hisl. du Jeton.) Est-ce un torsello mal lu? C'est probable. Cf. Chroniques Siennoises du duc de Dino. Paris 1846, gr. in-8°.
Les Boccanigra (Gênes).
En 1254, octobre, Ogerius Bucanigra était notaire de la commune de Gènes. (Lib. Jur.j
En 1261, nous relevons dans les conseillers ou consuls des métiers de Gènes, le nom de Obertus Buchanigra, et parmi les capitaines, ceux de Ogerius Buchanigra et de Nicolas Buchanigra. (Histoire de l'Empire de Constantinople sons les Empereurs français, Du Fresne du Cange. Paris, 1657, in-fol. — Recueil de pièces pour servir à l'histoire de Constantinople.)
En 1260, Martin Buccanigra, amiral, commande six navires et dix galées contre les Vénitiens. — Il était frère du capitaine de Gênes, ainsi que Lanfrancus Buccanigra (1262) qui est tué dans une attaque contre les Grimaldi {Annales Januenses. Muratori.)
Un Guglielmo Boccanegra, capitano del Popolo (janvier 1261), envoyait deux ambassadeurs proposer à Michel Paléologue l'alliance de la République de Gênes contre Venise. (Heyd, t. I, p. 428.) A la même date, Martin Boccanegra commande la flotte génoise. (Ibid.')
Lors de son premier voyage, Alphonse, frère de saint Louis, avait acheté les services d'un noble génois, Jean Boccanigra, et
f S : Madona jacomina Bocauegra. — Sceau de Jacomina Boccanigra, avant 1270.
Quittance de 5000 liv. pour des ouvrages faits par Guil. Bocanigra au port d'Aigues-Mortes.
Au bas sont également les sceaux de Nicolas d'Otobon et de Rainier Boccanigra
Sceau des Boccanigra.
il comptait sur lui pour sa seconde expédition; mais une révolution ayant éclaté à Gênes, Boccanigra fut chassé et dépouillé de ses biens. Alphonse le reçut à foi et hommage et s'employa pour lui faire restituer ce qui lui était dû. (B. N. Ms. 109 1 8. et A. N. J. 307, n° 35. — Boutaric, Saint Louis et Alphonse, p. 113.)
En 1306, un Renaud (Raynaldus) Boccanigra, qu'on rencontre aux foires de Champagne (Olini), était à la tête de sa compagnie et nolisait des transports.
En 13 11, 4 août, Raynerius Boccanigra, notaire, est chancelier de la ville de Gênes.
Simone Boccanigra est le premier doge élu du 23 sept. 1339 à 1345 et du 15 nov. 1356 à 1363. (Promis. — Gandolfi).
En 1361, décembre, Bartholomeus Buccanigra, frater Simonis Buccanigrae, ducis Januae, est envoyé comme ambassadeur auprès de Pierre d'Aragon pour faire la paix. (Lib. jur.)
Les Bucca nigra sont les Boitque-nègre du compte (1298-1301) publié plus loin.
Les Boccanigra (Espagne).
On lit dans les comptes du Trésor (1345-1419) (Bibl. de l'École des Chartes, 1888, t. XLIX, p. 149-368.) :
N°302. Ambrosius de Bucanigras, miles, admirallus Castelle, in consiliarium et cambellanum Régis retentus — ad vadia de M. 1. per annum — pro 2 terminis : 666 1. 13 s. 3 d. p.
Un frère du doge Simon, nommé, suivant Piferrerr Egidio, vint en Espagne où il fut attaché au service du roi Alonso el Ultimo (XI), qui le nomma « almirante mayor de Castille. » Il fut la tige de la famille noble des Bocanegra espagnols d'où sortirent les comtes de Palma.
Un Martin Boccanegra était sixième seigneur de Palma. (D. F. Piferrer, Nobiliario de los reinos y senorios de Espana. Madrid, 1856. 2e édition, 6 volumes in-40.)
Les Buonsignori (Sienne).
En 1264, cette compagnie ouvre un crédit de 100 1. t. à deux clercs envoyés à Rome par Gilles, évêque de Tvr.
En 1265, 28 février (v. s.), Urbain IV avait contracte un emprunt des marchands de Sienne en exemptant de toutes les censures ecclésiastiques Rolande, fils de Buonsignore, Bonaventura fils de Bernardino, Ranerio fils de Giacomo, Francesco fils de Guido et tous leurs associés. {Clément. IV epist. Pérouse. 28 février 1265. — Thés. II. 101. — P., t. II, p. 30.)
En 1265, Georïroi de Sargines recevait, avec trois autres
lettres du Roi, une quatrième lettre concernant un emprunt de 2,000 1. t. consenti par Bencheveigne (Benciveni), Johan et Bonfiz Contedin, marchanz de Sienne, de la Compagnie de Rolant de Bon Seignor. (A. N. J.473.) Ces noms se retrouvent au bas d'un autre acte daté d'Acre, 1267, 30 juin. (A. N. J. 473, n° 23.)
Le 5 septembre 1267, cette Compagnie prête 70 1. t. au frère Jean du Mans, frère mineur, et à Me Guillaume de Chatellerault, chanoine de Reims. L'acte est daté de Viterbe. Le pape Clément IV l'avait prise sous sa protection, peut-être à cause des emprunts qu'il lui faisait.
En 1288, dans les comptes des opérations des Templiers, on lit : « Conradus de Magna Tabula et ejus socii, pro constitucione capitanea revocata 2,000 1. (p. 139) — 71. Bartholomeus Bremenconis et Federicus Doni; de societate Rollandi Bonseigneur, de Sena, pro eodem[mutuo sibireddito] 4,200 lib.» {Arch. de V Orient latin, t. II, 2, p. 212. — L. Delisle.)
Le manuscrit de la B. N., (fr. 20683. P- :54) cite Andrée Christophori et Conrraldo dicti Brignon de societate filiorum Rollandi Bonsigneur de Sena, de Campania 4,000 lib.
En 1298, la Banque des Buonsignori, à Sienne, commençait à décliner à cause des dissensions qui se manifestaient entre les associés. (Historia di Siena del S' Giugurta Tommasi, 1. VII). On envoya des ambassadeurs au Pape pour le prier d'intervenir, mais rien ne put empêcher la faillite.
Enfin en 1303, Paris, veille de la Pentecôte, un acte cite les noms de Bonsignore Orlandi (évidemment Rollant Bonseigneur fils), Conradus Berignonis (le Conrad Brignon, cité plus haut) de la Compagnie de la Grant Table de Sienne au sujet d'une somme de 85,000 1. t. prêtée à Biche, Mouche et Nicole Guy. (A. N. J. 35, if 74.)
Il y avait des Buonsignori à Florence ; l'Index des Delijje cite une vingtaine de noms des membres de cette branche de la famille siennoise.
La Grande Table (Sienne).
(Magna Tabula.)
Nous avons trouvé plus haut le nom deux fois répété de Conrad de la Grande Table, de Conrad Berignon ou Brignon. Ce Lombard faisait effectivement partie de la Compagnie Siennoise de la Grande Table en 1 288-1 303. Cette compagnie avait d'autres représentants à Paris.
En 1296, « Syre Bynde de la Grant Table » paie 70 sous; en 1297, (( Binde de la Grant Table et ses compaingnons » paient 54 1. 10 s. ; en 1298, ils paient 28 1.; en 1299, « Bynde et ses compaingnons paient 6 1. 4 s., en cloistre Sainte-Opportune », et en 1300, «Bynde et ses compaingnons» paient la même somme.
Fédryc.
Parmi les bourgeois de Paris les plus imposés en 1293, nous trouvons le nom de Fédryc de la Grant Table, demeurant dans la Cité, qui payait 94 1. (Géraud, p. 3.)
Voici quelques renseignements sur ce changeur et sur sa table :
En 1305, le lundi devant la Magdeleine, le roi Philippe le Bel, dans une lettre aux baillis de Vitry et de Troyes, et aux maistres des foires de Champagne annonçait qu'il créait une table qui serait tenue « en douze ou quatorze lieux solempniez en son royaume. » Cette lettre est datée de Mareau(?). (A. N. JJ. 36, p. 231.)
En même temps, il nommait changeur du Roi Frédric dit Juge de Gênes (Joe. cit., p. 232) ou Indras de Janes (p. 233-4) qui s'engageait à lui « paier 80,000 petits florins de bon or et de loyal pois ou 40,000 livres de bons petits tournois » aux quatre époques suivantes : à la Saint-André, apostre, à la Saint-Michel, à la Penthccoste, à l'Assomption Notre-Dame (p. 233).
Ce changeur spécial du Roi devait toucher « les forfaitures d'or et d'argent au moyen de serjanz loyaux et convenables »
Les Cerchi (Florence).
(SOCIETAS ClRCLORUM.)
Villani écrit (VIII, 38) : « Les Cerchi avaient une des plus grandes maisons de banque du monde. » C'étaient en 121 5 des magnats « de petit commencement » qui devaient au trafic leur prospérité.
Dante (Paradis, XVI, 65) les cite : Sariensi i Cerchi nel pivier d'Acone. Pivier signifie district d'une petite cure, et Acone est une petite localité du Val de Sieve.
Cette famille joue un rôle excessivement important dans l'histoire de Florence, et a compté parmi ses membres, outre des financiers, des héros tombés sur les champs de bataille, à Montaperti (1260) par exemple, où deux Cerchi sont tués. Un autre, fait prisonnier, est mis dans le plateau d'une balance et paie, pour se libérer, son poids de monnaie siennoise. (P., t.I, p. 529.)
A Campaldino (11 juin 1289), Vieri des Cerchi est capitaine, et c'est sous ses ordres que Durante Alighieri, âgé de vingtquatre ans, inscrit sur les registres des apothicaires, fait ses premières armes.
Ce modeste Durand est Dante, l'auteur de la Divine Comédie.
Il y eut des Cerchi blancs et des Cerchi noirs.
Les Cerchi avaient des associés à Paris, le Ier janvier 1291 (v. s.), quand le Roi fit arrêter les Lombards.
Nous possédons encore deux lettres originales écrites à cette époque par les Cerchi, l'une du 24 mars 1290 (v. s.), l'autre du 23 juin 1291.
Ces lettres ont été publiées par M. P. Emiliani Giudici, dans la Storia politica dei municipj italiani. Firen^e, 185 1. Outre Pin-
térêt qu'elles présentent à cause du sujet lui-même, ces lettres sont en outre de merveilleux monuments de la langue italienne.
Nous les publierons ainsi que la traduction avec des détails nouveaux sur les Cerchi dans les Lombards che^ eux.
Le nom des Cerchi se trouve dans les documents inédits que nous publions : Comptes (1298-1301) — et dans ceux qu'a publiés M. Havet et que nous reproduisons. Les Cerdorum des mss. sont sûrement les Cerchi ou Circli.
Cette illustre famille est éteinte, croyons-nous, depuis plusieurs siècles ; l'Index des Deli^ie mentionne 35 noms de Cerchi.
Les Franzesi.
Figline est une localité située au Sud-Est de Florence, qui domine une riche vallée; en 1223, son château-fort, couvert d'un côté par le mont Aile Croci, sur lequel se dressait le fort de Y Incisa, se révoltait. C'était la patrie des Franzesi.
Les cartes indiquent généralement cet endroit avec une orthographe différente. Paolo Forlani (1568) écrit Figitie ; Ferrando Bertelli (1565), Fichine ; Fr. de la Hoeye et J. Le Clerc (1610), Fidine. M. Perrens le nomme Figline. Nous appuyant sur les textes et sur le sceau de Biccio Franzesi, que nous publions, nous dirons Figline.
En 1252, « on disait que la riche famille des Franzesi complotait de livrer Figline, leur patrie, par dépit de n'y plus voir qu'un nid de gibelins. » (Villani. P.)
En 1302, dans la guerre de Flandre, le fameux Musciato Franzese (Mouche, le frère de Biche) commandait avec Alberti Scoti, noble de Plaisance, un corps de 400 chevaux et de 1,500 pedoni italiens au service de Philippe le Bel.
A la même époque venait se ranger sous leurs ordres un homme de trente-trois ans, « de belle prestance et de figure agréable, maigre et agile, au teint d'un brun mat, au long nez,
aux 3'eux noirs, aux cheveux blonds hérissés », qui devait se faire plus tard une réputation dans les guerres d'Italie. C'était Castruccio Castracani, des Interminelli de Lucques, qui, se trouvant à la Cour d'Edouard, roi d'Angleterre, dont il était le favori, avait tué un baron anglais qui l'avait frappé au visage, par mégarde, en jouant à la paume.
En 1301, Musciatto Franzesi était le « guide et le conseiller en toutes choses de Charles de Valois (P. Ammirato, 1. IV, t. I, p. 213). La famille des Franzesi devait bientôt prendre le nom du château de Staggia. Le 11 novembre 1301, Musciatto était comblé de faveurs par la ville de Sienne. Dès le 2 juin, il avait été autorisé à acquérir à Sienne ; le 27, il obtenait le droit de cité. Son frère, que M. Perrens nomme avec raison le noble cavalier Albizzo, et qui n'est évidemment autre que Biccio, fils comme lui de Guidone des Franzesi, obtenait certaines immunités, le 22 juillet.
A Florence, ce fut Musciatto, qui « servant de pilote à Charles, comme l'avaient ordonné les Guelfes noirs, lui donna le conseil de faire armer ses gens et de parcourir la ville à cheval, » ce qui mit toute la ville en émoi. (Villani, VIII, 48. -P., t. III, p. 46-47.)
Dante a flétri Musciato Franzesi « alors le plus grand personnage de Florence » comme l'instigateur des massacres du 11 avrrl 1302. (Purg., XIV, 58.)
L'Index des Délire cite Albizzo Franzesi — c'est Biccio — Guido Mazzuelo ; Muschiatto et Niccola.
Voir le chapitre de Biche et Mouche, plus loin.
Les Larcari (Gênes).
La famille Larcari ou Lercari a compté parmi ses membres Belmustino Larcari qui fut banquier de saint Louis.
Déjà, en 1203, un représentant de cette famille, Belmusto ,
était ambassadeur de Gènes à Tripoli, avec Lamberto Fornari, près de Bohémond IV, prince d'Antioche et comte de Tripoli.
L'année suivante, nous les voyons revenir avec le titre de consuls génois de Syrie, à Syracuse, où ils rencontrent Belmusto, le jeune, et Ogarius de Insulis, également consuls de Gênes, mais qui reviennent, eux, d'Alexandrie. En 1247-48, nous trouvons un Hugo Lercarius, amiral du roi de France (7 avant 1250), un Jacques (ce Jacob Lercari est cité en 1269, 5 février, dans deux lettres des Pacta Naularum. Doc. inéd., t. I, p. 545) et un Rubaldus Larcari au bas d'un acte passé à Gênes « sous le portique de la maison Larcari, — actum Janue in portion donius Lercariorum. » Le portions, à Gênes, remplaçait la loggia de Florence. (B. N. Lat. 17803.) Les fils de Hugo sont Belmustino, le banquier de Louis IX (Belmoutinus Lercar, 19 nov. 1298). (B. N. Lat. 9783) et Joannino. Leurs noms sont cités, en dehors des pièces que nous publions, avec ceux de Ydone, de Guillelmo et de Jacques Lercari (1249 août).
En 1261, le nom de Guillaume se trouve sur la liste des consuls des métiers de Gênes et des nolisateurs.
En 1268, Ido Lercari était conseiller de Gènes (Pacta Naularum), et un Augustin Larcar était patron de la galée Sainte- Claire (Jal., Archéol. navale, t. II, p. 339. — Comptes de Jean de rOspital.)
En 1274, un Simon Lercari fait un voyage de Lajazzo à Sivas ; il emporte éoo daremos soldaninos de Turchia (dirhems d'Iconium) que lui a confiés Quirico Lercari.
En 1289, ides de février, un Lanfrancus Lercarius, bourgeois et marchand de Gênes, qui faisait transporter deux balles de drap torselli, à Arles, fut arrêté par Jean Ruffi, habitant de la ville de Saint-Gilles, au nom du roi de France, sans pouvoir passer outre. Malgré ses protestations, la saisie des marchandises fut maintenue. Quel était son méfait ? Nous l'ignorons. — Gior. Storico dei archivi Toscani, t. I, 1887. Page 172, note.
En 1291, la maison Lercari et Cic envoyait des marchandises de Gênes à Alexandrie, mais comme elle les avait transportées sur une galère armée en guerre, elle se voyait condamnée à
une amende, par ses compatriotes, pour infraction à une ordonnance de la « commune de Gênes. »
En 13 15, Megallo Lercari jouissait d'une haute réputation à la cour de Trébizonde. Il est frappé un jour par un courtisan grec, son ennemi, et retourne, à la suite de cet affront, à Gênes, où ses parents et ses amis équipent deux vaisseaux dont il prend le commandement, résolu à se venger. Il revient à Trébizonde et y inflige de terribles représailles aux Grecs, réclamant ensuite des faveurs commerciales pour les compagnies de ses compatriotes. Cette histoire est controversée, mais ce qui reste certain, c'est qu'un Megallo Lercari fit subir des pertes sensibles à la marine de Trébizonde, à cette date.
Un Vincenzo Lercari aurait, d'après une inscription, restauré les châteaux-forts d'Anadoli-Kawak (côte d'Asie) et de Roumili- Kawak (côte d'Europe). C'est l'ancien Hiéron.
Une Maddalena Lercara était une des plus grandes dames de Gênes au xvic siècle, avec Maria Doria et Laura Negrone (B. N. f. ital. 753.)
Cf. A. Jal., Pacta Naularum. Mémoires sur quelques documents génois. — Annales maritimes et coloniales, mai 1842. Voir la liste des prêteurs et des nolisateurs, p. 15, 18, note 3, 19, 20, 21, 22, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30 et 33.
Nous sommes convaincu que nous retrouverons, un jour, à Gênes, dans les archives publiques et privées, de très curieux documents sur les Lercari et sur les autres familles lombardes de cette ville qui nous intéressent tout particulièrement. En 1508 la famille Larcari comptait encore 57 membres.
Les Uso di mare (Gênes).
Dès 1 191, ConradoUsus maris prêtait de l'argent aux Croisés, au siège d'Acre. (Chartes des Croisades.)
En 1261, Jacobus Ususmar était consul des métiers à Gênes, et en 1268, deux membres de cette famille figurent dans les
marchés passés, à Gênes, entre le podestat de la cité et les trois envoyés de saint Louis. (A. N. J. 456, n° 1.)
Parmi les noms des nolisateurs nous lisons ceux de :
Marinus Usus maris (conseiller de ville en 1268),
Jacobus Usus maris,
Petrus Usus maris (Jal.).
Bonvassalo Uso di mare était marchand génois en 1267 et conseiller de ville en 1268. (Pacta nattlarum.)
Alberto (Aubert) Uso di mare était patron de la galée Sainte- Catherine en 1346. (A. Jal., Archêol. nav., t. Iï, p. 339, note 4.)
En juillet 1353, Othobonus Usus maris, bourgeois et marchand de Gênes, touche du Dauphin, à Paris, pour deux rubis balais, vendus le 17 avril 1352, la somme de neuf mille francs d'or à l'écu. Daté de Néelle (hôtel de Nesle du bord de l'eau.) (Bibl. de l'École des Chartes, 1888, t. XLIX. Comptes du trésor, 1345-1419.)
Andréa Uso di mare était consul de Gênes à Sinope ; il aurait reconstruit, à ses frais, les bâtiments du Consulat vers 1423. (H., t. II, p. 359.)
En 1455, Antoniotto Uso di mare entreprenait un voyage au Sénégal. (Jtinerariam Antonii Usus maris. Lettre du 12 décembre 1455. — H., t. II, p. 142.)
Ce sont les Uso di Mare qui avaient fourni à saint Louis les navires qui devaient transporter ses troupes en 1270.
En 1508 les Usus maris étaient encore, à Gênes, au nombre de 53. (A. N. KK. 1414, f° 86.)
Les Villani (Florence).
En 1298, Villano Stoldi,père du célèbre chroniqueur florentin, était, à Londres, associé des Cerchi Neri, et recouvrait d'Edouard I la somme de 3,817 livres sterlings, d'intérêts dus à la Compagnie des Cerchi.
Les Villani (Giovanni et Matteo), fils du précédent, furent les
chroniqueurs connus, mais Giovanni était marchand avant de devenir historien. Il remplit des fonctions publiques, fut maître de la monnaie, et se battit contre Castruccio à la rencontre d'Altopascio.
A son retour de Rome, en 1300, le mercredi 9 novembre, jour du Saint-Sauveur, Giovanni entrait comme associé dans la maison de Philippe d'Amideo des Peruzzi, où il s'inscrivait pour la somme de 2,000 livres. En 1302 et 1303, il voyageait en France et en Flandre, et en 1308, aux calendes de novembre, il quittait la compagnie, tout en restant actionnaire.
Nous retrouvons Giovanni Villani en 1309 et 13 10, à Sienne, où il vient toucher les rentes du palais Alessi, sur la place del
Villani, Antholinus, marchand Je Plaisance, 126c. — Sceau rond de o,024mm.
Monogramme dans une rose. — [S.] Antolini Vilan.
Ce parent (?) du fameux Villani l'historien, était de la Société Bernard 1 Escot ou Scoti de Plaisance.
Sceau d'un Villani, de Plaisance.
Campo, qui appartenait aux Peruzzi. Ce palais, auparavant propriété des frères Franzesi, de Florence, était loué par les Peruzzi à la commune de Sienne pour la somme de 300 livres par an. Enfin il touche encore des dividendes dans les années 1341 et 1342 dans la maison Peruzzi.
Après avoir quitté la banque des Peruzzi, G. Villani s'était associé avec les Bonaccorsi, chez lesquels il resta jusqu'à leur faillite, en 1345. Enfermé aux Stinche comme débiteur insolvable, il y subit toutes les peines édictées par la loi contre les débiteurs malheureux.
Il mourut en 1348, pendant la peste terrible de Florence, si bien décrite par Boccace, qui s'était retiré tranquillement, lui, à Naples, où il écrivait ses Nouvelles.
Matteo, frère de Giovanni Villani, qui a écrit aussi une partie des chroniques, mourut de la peste à Florence.
Il existe encore un autre jeune frère de Giovanni, qu'on confond quelquefois avec Philippe, le continuateur des chroniques, fils de Matteo, parce qu'il se nomme également Philippe.
En 1308, alors que Giovanni quittait la compagnie des Peruzzi pour les Bonaccorsi, ce Philippe déposait 3,000 livres chez les Peruzzi. Il fut pendant de longues années agent de la Compagnie à Avignon, et en 1321, épousait Piera di Gieri Scalori Donati, de Florence, et en 1339, mariait sa fille Montanina à Rinieri des Ricci.
On retrouve son nom au bas d'un acte du notaire, Ser Michèle Boschi, par lequel Mme Lagia Baroncelli, fille de Scolaio des Cerchi, prête une somme d'argent à ses fils, et enfin au bas du concordat signé en 1347, lors de la faillite des Peruzzi.
La famille Villani s'éteignit en 161 6 avec Lorenzo di Piero, qui fut enseveli dans la chapelle de la famille dans l'église de S. Annunziata — aujourd'hui chapelle de la famille Guadagni — descendants probables des Guadagna-bene ou Gaaignebiens du xme siècle.
Jeton attribué par M. Al. Lisini à Angelo Venturini, marchand siennois.
(Periodico di numismalica, etc. Firenze, 1874.)
La comparaison avec le sceau publié ci-dessus ne le ferait-elle pas attribuer avec plus
de probabilité aux Villani.