LES LOMBARDS. — TOME
6o LES LOMBARDS A PAIUS.
revers, comme il arrive également que le même signe soit répété sur plusieurs jetons (côté face) avec des revers différents, mais quelle que soit la variété des inscriptions que portent les jetons, elles conservent une certaine uniformité dans le type qui fait qu'on reconnaît facilement que ces pièces étaient toutes destinées au même usage.
Leur grande ressemblance avec les monnaies a poussé quelques anciens auteurs à les publier comme telles, jusqu'à ce que le chanoine Reginaldo Selleri et Domcnico Maria Manni soupçonnèrent enfin que ces pièces n'avaient rien de commun avec les monnaies, mais qu'elles devaient avoir servi, soit comme jetons de présence à des soldats pour des montres, soit comme marques employées par des marchands pour leurs affaires ou comme des jetons pour marquer aux jeux ou pour d'autres usages analogues. Manni, s'appuyant sur les écrits du Siennois Girolalmo Gigli, prétend que ces jetons étaient exclusivement réservés aux employés de l'Université ou de l'Art de la Laine. Le Com. S. L. Peruzzi dans la Sloria del Commercio e dei Baiichieri di Firen^e s'exprime ainsi : « Je répète que les facteurs et « les agents des compagnies des marchands de Florence por- « talent toujours avec eux un jeton avec les marques ou les « armes des familles auxquelles ils appartenaient et qu'ils pou- « valent montrer aux correspondants de ces maisons pour se « faire reconnaître et inspirer ainsi une confiance parfaite. »
Le chevalier Domenico Urbani dans ses Signes des anciens papetiers, dit que certains jetons reproduisent les mêmes dessins que les filigranes qu'on trouve dans des papiers et que ces jetons, suivant toute apparence, ont dû servir aux papetiers qui les fabriquaient.
Le signe représenté était, selon lui, celui qu'adoptait la compagnie à sa formation et qu'elle abandonnait lors de sa liquidation ou de sa dissolution.
Ce signe, souvent i)eint sur l'enseigne de la boutique, était apposé sur les marchandises qui sortaient de la maison comme garantie pour l'acheteur.
Voici une lettre qui confirmerait le lait :
LES JETONS DES LOMBARDS. 6l
« A l'honorable X..., salut, etc.
« Je viens vous prier de vouloir bien me faire faire une enseigne pour mon auberge, par votre compère, le maître charpentier, en face la maison de Conte Luti. Qu'elle soit en bon bois, bien sec, d'une longueur d'une aune un tiers, comme il conviendra le mieux, et d'une aune de largeur. Faites-y peindre un Saint Antoine avec deux armoiries (^armicelh — armoiries de peu de valeur) l'une la baJ:(ana^^^ et l'autre les armes du cardinal de Sienne, et en dessous les miennes, c'est-à-dire les armes des Ruffaldi, avec la marque de la boutique qui est comme ceci : ±.
« Faites cela au meilleur marché possible; que l'enseigne soit
finie au printemps pour la fête. Donnez cette forme j j aux
attaches et laites placer les ferrures pour la suspendre suivant cette indication. »
Le i^ juillet 14^0.
Pavolo d'Antoniuccio,
Votre dévoué en Saint-Qjuirico.
A J'honorabic Giovanni Ghelaccini , mercier à Sienne, sur la place.
(Archives de Sienne.)
Qu'il nous soit permis au milieu de cette variété d'opinions d'exposer la nôtre.
D'abord, nous doutons fortement que ces jetons aient servi de marques de reconnaissance pour les agents des Compagnies, parce que dans les anciens statuts de ces arts où tout était minutieusement prévu, il n'est jamais fait mention des fraudes qu'on aurait pu commettre au moyen de ces jetons.
Les Statuts de la Marchandise de la ville de Sienne, en vigueur
(i) Balsana , mot italien pour désigner l'écu coupe, c'est-à-dire séparé en deux parties égales par un trait horizontal, avec un émail dans la partie supérieure et un autre dans la partie inférieure. Ce mot était particulièrement appliqué, à Sienne, aux armes de la ville.
au xiV et au xv siècles, existent et renferment les règlements applicables aux marques de fabrique et les punitions infligées aux contrefacteurs et aux marcbands qui n'observaient pas les règlements sans {;iire aucune allusion à ces jetons.
Pour nous, ces jetons sont des quarteruoli et servaient uniquement à calculer. La nécessité de l'emploi de ces jetons s'impose d'elle-même quand on réfléchit, comme nous le disions plus haut, à l'ignorance dans laquelle on était alors du système décimal, à la manière dont se tenaient les livres de compte à ces époques, à la fliçon naïve de la comptabilité commerciale et à la difficulté des opérations les plus simples de l'arithmétique, rendue plus grande par l'usage obligé qu'on faisait des chifli'es romains, c'est-à-dire des lettres de l'alphabet.
Les basants qui se trouvent sur les jetons.
Nous allons essayer d'expliquer ces singuliers petits ornements qu'on trouve sur presque tous les jetons que nous publions et qui ne sont que rarement remplacés par des rosettes ou d'autres grenetis; généralement, ils sont ronds et représentent, à notre avis, des besants. C'est en étudiant les jetons employés, à l'origine, en Angleterre, que nous nous sommes formé notre opinion.
Les Jetons en Angleterre.
Hn Angleterre les jetons étaient primitivement des pièces de monnaie diff"érentes de la monnaie courante, et comme dimensions, et comme apparence. Dans les temps reculés on se servait de besatitSy ou de sous (solidi) dépréciés et n'ayant pas cours, de l'empire d'Orient, de Byzance. Ces besants (en anglais by:^iniiines) que nous retrouvons autour des jetons des Lombards, provenaient des amendes payées par les marchands étrangers, principalcmeiu italiens, et étaient employés comme jetons pour compter : quand on en avait un trop grand nombre,
LES JETONS DES LOMBARDS
on en envoyait une partie à la fonte." Leur valeur intrinsèque, au commencement du xiii'= siècle, était de i shilling 9 pence sterling (2 fr. 15 environ). Outre ces jetons en argent on utilisait également un jeton en or, appelé obolits, qui pesait 12 grains et valait 4 francs (un demi-noble). Au xii'^ siècle il y avait des oboles d'or (valant 250 fr.) et d'argent (valant 12 fr. 50). Au commencement du xiV siècle on se servait comme jetons de pièces d'argent vénitiennes valant environ i fr. 50, parce qu'elles étaient plus larges et plus épaisses.
On voit que tous ces jetons étaient des pièces lombardes. En France, on se servit également de jetons en or, en argent, en cuivre et en laiton, mais le^ premiers étaient réservés aux rois et aux princes du sang. (Cf. de Laborde, Glossaire.^ Ceux des Lombards que nous publions sont tous en cuivre ou en laiton.
Jeton allemand, xvii= siècle.
Note sur les Jetons.
Dans la plupart des livres de comptes on trouve la mention d'achat de jetons. En voici plusieurs :
1380. Décembre. ... un cent de gestouers 4 s. p. pour gester et enregistrer les parties dudit office.
1381. 30 Juin. ... un cent de gestouers 4 s. p. pour gister, enregistrer et transcripre les parties dudit office.
1381. 20 Novembre. ... 300 gettouers et 3 chandelliers de cuivre 20 s. p. (Douet d'Arcq, Comptes de l'hôtel.) Chaque jeton revenait donc à environ 2 deniers. Vers 1406. A Jehan Tarenne, changeur et bourgois de Paris,
mil XIII 1. t. en quo}' mondit S. lui estoit tenu pour les causes et parties qui s'ensuivent :
Et premièrement, pour 120 gettouers d'or lin aux armes de mondit seigneur à la devise d'un ours, pesans deux mars d'or fin. 135 frans.
Item, pour deux cens gettouers d'argent compris en ce les fers à les forger. 33 frans 6 s. t. (Comptes du duc de Berry, Collection de BustanU 3645'''' fr. Nouv. acq. B. N.)
« A la Chambre des Comptes les conseillers ou auditeurs munis d'une bourse de jetons suivaient la lecture taite à haute voix, des comptes qu'ils devaient vérifier et ils marquaient les sommes en jetant devant eux des jclouers qui avaient une valeur déterminée suivant l'ordre où on les rangeait. Ensuite, ils dejetainit, c'est-à-dire ils faisaient l'addition.» {Bibliothèque de l'École des Chartes, sept. 1846 — août 1847.)
Dans les livres de Biccherna, magistrat chargé de l'administration de la République de Sienne (Italie), on trouve souvent des notes analogues.
13 15. I liv. 15 s. à Vanni Jacomi, orfèvre, pour 20 sous de jetons pour la commune de Sienne.
1327.25 Septembre. A Giovanni, charcutier, pour 5 sous de jetons. 6 sous 8 d.
1345. A Jacques Bonoctario, pour 14 sous de jetons pour Biccherna et pour 2 boîtes i 1. 7 s.
1376. 4 Mars. A Nicolas de Nerino, mercier, pour une paire de ciseaux, des jetons et une écritoire. 5 1. 12 s.
Lorsque les jetons étaient neufs, ils pouvaient, entre certaines mains, passer pour des pièces de monnaie d'or :
'< Et afin que de ce se volsist chargier, f Jehan Héraut j dist à elle [Alips la Pichoisej qu'il parle qui lui donroit trois escuz d'or. Et, de fait, lui bailla trois pièces que elle cuidoit estre escuz, et cuida estre telx plus d'un jour après ce qu'il les lui ot baillées, et Icsquelx iii pièces n'estoient que comptoirs, sy comme elle qui
JETONS DES LOMBARDS. 6
parle vit et appercut. ... (Duplès-Agier, Registre du Châtdet , t. 1, p. 477.)
Légendes des Jetons.
Il serait trop long d'énumérer toutes les légendes qu'on rencontre sur les jetons. En général elles se rapportent toutes à l'emploi qu'on en faisait :
« Pour bien jeter et dejister , fault bien entendre et point parler.
— Getés et entendes au compte et vous gardés de mécompte, etc., etc. » Les jetons des Lombards ne portent aucune légende.
Voir pour les vols aux jetons : Revue belge de numismatique, Bruxelles, 1884, p. 427-432, l'article de M. Jules Rouyer qui cite : Histoire littéraire de la France, t. XXVI, pp. 335 et sqq. — Mélanges de numismatique, 1875, p. 250. Article de M. A. de Barthélémy. — A. Longxon, Paris pendant la domination anglaise, p. 312. — Pantagruel, liv. II, ch. xx.
— C0Q.UILLART, t. II, p. 291. Édition elzévirienne. — Revue de numismatique, 1858, p. 413-424, pi. XIX, fig. 5 et 6. Article de M. le marquis de Lagoy.
Pour les jetons, voir :
J, DE FoNTENAY, Histoire du Jeton;
RouYER et HucHER, Histoire du Jeton;
D' Alfred Nagl, Die Rechenpfennige und die operative arilhmetik. — Numismatische Zeitschrift. Wien, 1887, in-8°.
DE Laborde, Glossaire : « Le duc de Bourgogne jectc en jccts d'or et les autres en jects d'argent », p. 329.
J. de Fontenay, Fragments d'histoire métallique, dans les Mémoires de la Société Ëduenne, 1845. Autun, Paris. PI. ix, fig. i('>.
(i) M. de Fontenay public dans cet article un sceau portant un ccu aux armes de Bourgogne, avec encadrement cantonné des lettres C H AOV R CI du xv-' siècle, qu'il voudrait attribuer aux Caorsins établis en prévôté à Bagneux les Juifs. (L'inscription en exergue est Sigillinn prcposilurc ClHionrcie.) Ce lieu est, avance-t-il, le dernier que les Lombaids occupèrent en France : ils en lurent chassés en 1.131. {Mémoires île tu Société Ediieniie, p. 196.1 Nous croyons qu'il y a là une erreur; au xv^' siècle, nous ne rencontrons que très
Pour l'abaque de poche conservé au Cabinet des Mil^dailles, voir Cahitiei de S" Geneviève, par le P. Moliket, 1692. — Sur l'abaque chinois, Cf. Léon Rodet, Le Soimti-pan des Chinois et la banque des Argentiers. Bulletin de la Société niathcniatique de France, t. VIII, 1880. — A. VissiÈRE, Recherches sur l'origine de l'abaque chinois et sur sa dérivation des anciennes fiches à calcul, dans le Bulletin de géographie historique et descriptive. Paris, 1892, n° i.
rarement la mention dcz Caoursins et jamais le mot Cbaource n'est employé pour Cahors.
M. de Fontenay publie également l'acte suivant, concernant alors les Caoursins, tiré du Testament d'Helisabeth de Repos (commune d'Auxy) :
1262. Mercredi après la quinzaine de la Pentecôte. — Item Caorsinis de Edua septuaginta solidos divioncnses de quibus ipsi tenent titulo pignoris obligata, unum coopertorium de viridi panne et de escurellis et duos annulos aureos.
Payez aux Caoursins d'Autun 70 sols dijonnais pour lesquels ils tiennent en gage un manteau ou couverture de drap vert, bordé de peaux d'écureuil et deux anneaux d"or. (P. 197.)
Fac4 : Table à compter au moyen de jetoucrs : Maclit gvcte rcclitliclikcit.
Revers : Zeiilich Wollgerait.
Ligende en vieil allemand : o La loyauté fait la supèrioriiO. ■.
Carri magique : La somme des trois chiffres sur une même ligne donne IS-
JETONS DES LOMBARDS
Jetons en Angleterre.
Thomas Snelling, dans A view of the origin, nature, and use of jetions or counters cspccially those commonly hioiun by the nanie of Black Money and Ahbey pièces. London 1769 (2'' partie de NI. 70 B. N.)^ offre environ une quinzaine de jetons analogues aux nôtres. PI. i.
Nous croyons reconnaître parmi eux des jetons royaux ou plus probablement des jetons des Bardi portant les 3 léopards (5 variétés).
Dans le travail de M. Rouyer (Joe. cit.), le jeton n° 138, portant d'un côté, l'écu à 3 fleurs de lis entouré de globules (petits besants) et de l'autre, un écu renfermant 3 léopards, est-il un jeton des Bardi comme les 137 ?
M. Rouyer en publie deux, n°' 143-146, portant au droit, l'aigle de Pise sur un torsello, et sur le revers (143) la fleur de Us de Florence, (146) un écu en forme de raquette surmonté d'une croix portant une crosse en pal entre 2 points, grenetis de rosettes.
Sceau des Lombards florentins établis à Bruges.
B. N. Cabinet des Médailles.
Nous publions la pièce suivante, que nous devons à l'obligeance de M. Delabordc, qui a bien voulu la relever pour nous dans les cartons des Archives Nationales. Cette pièce est, croyons-nous, excessivement curieuse, bien que le Lombard dont il s'agit nous soit à peu près inconnu. Ce jeton était-il en laiton, en argent, en or? Nous ne saurions nous prononcer. Quoi qu'il en soit, cette pièce, qui n'était destinée qu'à établir une question de juridiction, avait sa place marquée dans un travail comme le nôtre, c'est pourquoi nous ne pouvons trop savoir gré à Térudit distingué qui nous Ta fait connaître.
Jeton de Mouche Bezainnes.
1366. 24 novembre.
A touz ceux qui ces lettres verront, Pierre Hardi, conseiller du Roy, nostre sire, et garde du bailliage de Meleun, salut. Comme ja pieca à la requeste de Jehan de la Chapelle, procureur du Roy, nostre dit seigneur, à Meleun, la main d'iceli seigneur eust esté mise en un geton de Mouche Bezainnes ('\ qui avait esté trouvé d'espave en un arbre estant à Panfo, ou carrefour devant l'ostel Guillot Godino comme espave au Roy, nostre sire, si comme ledit procureur disoit ; contre laquelle main mise les religieux, abbé et couvent de Saint-Magloire de Paris ou leur procureur pour euls se feussent opposez, disans ledit geton a eulx appartenir comme haus justiciers au lieu, si comme il disoit, et nous eussent requis l'empeschement estre osté à leur profit ; oiîrans de nous informer de leur droit sur ce, et pour ce assavoir sommièrement et de plain la vérité de ce que dit est certaine informacion ait esté faicte de nostre commandement par nostre lieutenant et par ledit procureur, sur laquelle les parties se feussent appointées a dwnt mesniement
(i) l2yy, cil l.i bufctcric : l'itric Haz.incs, loml'ail : n I. 10 s.; 1,01), même lieu, mcnic nom, niOnic laillc. A. N., Livre des 'J'iiilhs.
JETONS DES LOMBARDS. 69
assavoir se ledit procureur avait cause de contendre ou non pour le Roy nostre sire. Savoir faisons que veue ladite informacion, la depposition des tesmoins dedens contenuz, la teneur des lettres mises en forme de preuves par lesdiz religieux et tout ce qui Elit a veoir et considérer; eu sur ce conseil aus sages, nous disons que ledit procureur du Roy, nostre sire, n'a pas cause de contendre pour iceli seigneur pour cause dudit geton contre les diz religieux; et pour ce l'empeschement mis en iceli geton levons et ostons a leur profit. Ce fut fait et prononcié par nous et donné sous le seel de Jehan Cossart, nostre lieutenant, le xx!!!!"™--' jour de novembre. Tan MCCCLXVI.
(Signé :) J. Marie.
(A. N. L. 4)1. Dossier Panfou [S.-et-Marne].) [anciennement : L 610. no 5.]
Androclès.
Un des jetons les plus curieux de la collection que nous publions est certainement celui-ci, dont le sujet se trouve si souvent reproduit sur des faces avec des revers différents : il représente Androclès et son lion.
Dans un article intitulé : « Les premières médailles du Moyen âge » : Qtiali sono le prime medaglie del medio-evo ? Mcmoria del dott. Jtilius Friedlaender, publié dans le Periodico di iiiimisiiuitica e sfragislica pcr la storia d'Ilalia, ann. 1868, fisc, i, p. 141-155, nous rencontrons cette pièce en brou:{e , portant sur la face, Androclès, la main posée sur la tète d'un lion avec cette lé-
yO LES LOMBARDS A PARIS.
gende : leonis umilitas, et sur le revers, une Justice assise, Jiisticia, le C ouvert à gauche : D. Voici comment s'exprime le savant conservateur du Cabinet des Médailles de Berlin : *< Ce jeton, tcssera, est remarquable à cause du sujet antique, de la grandeur et du style, et de la forme des lettres. Il est probablement du commencement du xv*^ siècle. Faut-il l'attribuer à Alexandre Sexto (vers 141 7) iutaiator en nioncta, ou à ses parents, les frères Laurent et Marcus, lîls de Bernard Sexto, tous iutajatores feramoitonim moiielc, 1391?»
L'article est écrit en italien.
Ce n'est qu'avec une certaine hésitation que nous nous permettrons de donner notre avis après la description du célèbre professeur. Nous croyons qu'on peut voir, d'après les spécimens publiés par nous, que ce sujet était connu avant la tin du xiv^ siècle, et que par conséquent la reproduction du même sujet, toujours identique, était commune sur les jetons des marchands italiens antérieurement à la date fixée par le savant docteur allemand.
JETONS DES LOMBARDS
Description des Jetons.
Nota. — • Les lettres F. et R. signifient Face et Revers.
Différents
de monnaies
florentines,
avec les noms des
personnages
qui les ont fliit
frapper:
Florin or.
Or. Nicolo di Serragli. Jean de Médicis.
Davanzati. Andréa de' Pazzi.
Cosme de Médicis.
Èè
Différents de monnaies siennoises.
On retrouve sur les jetons des figures analogues.
LKS LOMBARDS A PARIS.
64 — F. et R.
David.
— F. et R.
Richard et Dancoisiie.
66 — F. et R.
Richard.
M. Mazerollc a le même, mais sur le revers le croissant est à gauche et le soleil à droite.
Ce t3'pc [de la croix à double branche flanquée d'un côté du soleil, et de l'autre de la lune en croissant, que l'on rencontre si fréquemment avec des variantes sur les jetons,] est commun à tous les sceaux de plomb connus des évèques d'Acre. (Schlumberger, Revue numismatique, 1888, p. 469.) Il se retrouve, en effet, avec cette légende : Hoc si^^iium crucis erit in cœlo autour des sceaux de Thibaud, d'Acre, évêque; de Jacques, d'Acre, évêque, etc. (Séb. Paoli, Codice dipJomatico dcl sacro mililare orditic gerosolimilniio. Lucca, 1734, 2 vol.)
67 — F. et R.
Richard.
68 — F. et R.
Richard.
69 — F. et R.
Richard et Dancoisne.
M. L. Dancoisne dans sa Numismatique béthunoise, Arras, 1859, in-8%
JETONS DES LOMBARDS
attribue les jetons ainsi marqués, dont il publie trois variétés , à l'église Saint-Barthélémy, de Bétliune.
Richard et Dancoisne.
On retrouve sur ce jeton le même monogramme sur la face; sur le revers un P (Pise ?)
Cabinet des Médailles.
72 — F. et R.
MazeroUe.
Ce jeton est très commun. A notre avis il porte les armes des Franzesi. Ce sont les armes des fameux lombards Biche et Mouche. Il ne nous semble pas invraisemblable , en connaissant le rôle considérable joué par ces personnages, que leurs jetons, ou même des iniitations de ces jetons, se retrouvent aujourd'hui assez fréquemment.
Armes lies ir.uizcii.
Hglise de San Doiiato
Paie de gueules et d'argent
à la fasce d'or.
— F. et R. Cab. des Méd.
Imitation du précédent.
Imitation du précédent.
74 — Richard, Feuardent.
\'ariante. Le revers porte une <j aigle (Pise ?)
Monogrammatique.
76 — F. cl R.
Richard.