‹ Les Lombards en France et à Paris [microform]Chapitre 49 sur 71 · POIDS-MONNAIE ET SCEAUX DE PLOMB DES LOMBARDS · texte numérisé non relu

POIDS-MONNAIE ET SCEAUX DE PLOMB DES LOMBARDS

sur un jeton de la collection Richard, renferme à Texergue les mots Bartelot Paccal ; sur le troisième, on lit d'un côté Johannes, de l'autre ?; sur le dernier, trouvé dans la Seine et faisant partie de la collection Forgeais, on distingue parfaitement un torscllo sur une face, et non une bourse, comme on l'a écrit.

Tous ces sceaux de plomb, reproduits de la grandeur des originaux, proviennent, à l'exception de celui de Forgeais, de la collection de M. Richard, et de celle d'Affry de la Monnoie.

Venise.— Lion de Saint-Marc.

Lorédan.

Bartelot Paccat.

Johannes ? Face. Rti'ers.

Collect. Forgeais.

Les Ewards.

Les fonctionnaires chargés d'apposer ces sceaux de plomb en France se nommaient Ewards, esgards, égards, en latin inspcciorcs ou reganialores. On lit dans le dictionnaire de Godefroy : « Esgards , on nomme ainsi à Amiens ceux qu'on appelle ailleurs maîtres et gardes jurés.... On appelle esgards-ferreurs , ceux qui apposent le plomb aux étoffes; ainsi nommés parce qu'on appelle fers dans la sayetterie d'Amiens, ce qu'on nomme ailleurs des coins et des poinçons. »

Suivant Th. Godefroy, le mot Rewart, avec la même signification, serait wallon. Mais on le trouve cependant appliqué pour un homme du Midi : « Emaut, regard du pays de Bi-

LES LOMBARDS A PAlUS.

gorre. » Il est vrai que c'est par Froissard, 1. III, ch. m. — Cf, Ordoïinances des Rois de France ^ t. IV, p. 321 note e; p. 676; t. V, p. 374.

Dans sa brochure intitulée Les Plombs des Draps d'Arras (Arras, 1885, 20 pages), M. Dancoisne cite la dissertation de Gaetani, Piomhi antichi merchantili , ainsi que des plombs de sa propre collection, pour prouver la haute antiquité de ces marques :

«En général,» ajoute-t-il, «les plombs de marchandises se composent de deux ronds de grandeur à peu près égak% réunis par une petite bande ou patte légère. Le premier rond porte au revers une ou deux pointes servant à percer et à maintenir l'étoffe et à se river dans le second, bien plus mince, au moyen d'une forte pression donnant une double empreinte extérieure. Ma collection renferme un moule en cuivre du xiv^ siècle, trouvé à Arras, qui a servi au coulage des plombs de la marchandise. » L'auteur en donne le dessin ainsi que ceux de sceaux analogues à ceux que nous reproduisons, mais tous particuliers à Arras, avec le rat légendaire.

L'apposition des sceaux était obligatoire pour les draps à Arras dès 1.358.

Monnaie de la ville de Sienne présentant une vue de la ville.

Légende : Sena velus civitas virginis.

Le revers porte les armes de Cosme de Médicis. B. K. Cabinet des Médailles. Argent.

Les Jetons

L'ÉCHiaUIER — LES TAILLES - LES JETONS

lETONS DES LOMBARDS

!iicjiif.L'U'ûT|uisiliOLiuaiiti^iik

Pierre tombale d\in Alberti, de Florence, mort à Paris,

le 29 mars 1409.

(A. Heiss, Les MéJailleurs florentins, Paris, 1891, in-fo)

Hic jacet corpus Diamantis, filii quondim egregii niilitis doniini Kicolai Alberti de Florentia ,

qui obiit Parisius, anno nativitatis domini millésime quadragentesimo noiio die vigesima nona, cujus anima requiescat in pace.

Amen.

L'Échiquier.

Avant d'aborder la question si curieuse des Jetons des Lombards, qu'il nous soit permis de donner un rapide aperçu de la manière de calculer en usage au xiii'' siècle qui nous permettra de nous rendre mieux compte de la nécessité où on se trouvait de se servir de ce moyen commode pour compter, employé par tout le monde alors. Et d'abord, qu'on se reporte par la pensée aux époques relativement récentes où le système décimal n'était pas d'un usage courant : on se trouvait en présence de systèmes multiples de réductions pour certaines mesures tant de longueur que de poids, et en particulier pour les monnaies. Pour ne parler que de ces dernières, nous dirons simplement que d'une façon générale , la livre se composait de vingt ou de vingt-cinq sous . suivant qu'on se servait de livres tournois ou de livres parisis, en ne considérant que ces deux espèces, car il y en avait beaucoup d'autres ; le sou était, à son tour, la somme de douze deniers, à laquelle venaient encore s'ajouter les oboles et les quadrans^ les pites, etc. On peut, suivant nous, considérer comme type de calculatioii le procédé employé par les financiers du Trésor royal.

M. Hubert Hall, dans son Livre des antiquités et curiosités de l'Échiquier ^'\ nous met à même de comprendre cette façon de procéder.

Il est plus que vraisemblable que les Lombards suivaient les règles observées par les « gens des comptes » du Roi, qui devaient être les mêmes pour les Échiquiers d'Angleterre, de Normandie ou de la Cour de Paris.

(i.) The antiquities and curiosities ofthe Exchequer^ by Huber London, 1891, in-80.

T Hall, F. S. A.

LES LOMBARDS A PARIS

Véchiqiiicr se composait essentiellement d'une table^ d'environ 3™30 de long sur i"'65 de large, entourée par une bordure d'environ o"'o8 de haut, et recouverte d'un drap de couleur foncée sur lequel étaient tracées, à la craie ou autrement, des lignes droites se croisant à angles droits et formant des quadrilatères d'environ o"'47 sur o"'33. La table du Lombard était évidemment plus petite, mais divisée de façon analogue.

On obtenait ainsi des colonnes et des espaces vides, dans lesquels une somme quelconque de jetons déposée prenait une valeur numérique différente, suivant la place qu'elle occupait, et qui augmentait à mesure qu'on la plaçait plus avant du côté gauche. La première colonne, à droite, représentait les deniers (en Angleterre les pence), la seconde, les sous (en Angleterre les shillings), la troisième, les livres (en Angleterre les poiinds), et les autres les sommes vingt ^'\- cent, mille fois, etc. plus grandes.

D'après M. Hall, l'étymologie du mot Échiquier ne viendrait pas du mot Indus scaccnrii, mais du mot Indus scaccovuni sive latrnncnloruni dérivé de l'allemand schacher, qui signifie , en effet, voleur, de schach, tromperie sur la valeur de l'objet représenté.

Le mot Échiquier s'était étendu à la chambre même où se trouvait la table destinée au Indus compnîoruni ou jeu des jetons.

Les pièces du jeu des échecs étaient ici remplacées par les jetons ou pièces sans valeur ou n'ayant pas cours légal, qui, par leurs différentes grandeurs, leurs couleurs variées (laiton, argent et quelquefois or) et leurs combinaisons, représentaient les espèces réelles entrant dans le trésor ou en sortant, semblables aux cavaliers, aux fous, aux tours et aux pions d'un jeu d'échecs.

I. Cette somme de vingt, et non de dix, s'explique par la valeur de la livre, qui équivalait à 20 sous ou à 20 shillings.

Les Tailles,

Pour bien saisir le détail des explications, il nous faut d'abord dire un mot de ces ingénieux moyens employés par nos ancêtres pour tenir leur comptabilité, nous voulons parler des tailles dont nous retrouvons encore des spécimens 'en usage en France, chez les boulangers, même à Paris et dans les environs, où tout le monde a pu en voir et en deviner le facile emploi.

La première quahté des tailles était la faculté de pouvoir compter sans savoir lire ni écrire. Il est plus que probable, en effet, que tous les collecteurs de ces époques n'étaient pas des clercs et qu'il avait fallu nécessairement trouver un mode de perception en rapport avec leur degré de culture intellectuelle : la taille répondait parfliitement à ce qu'on avait cherché. En outre, ces tailles avaient sur le parchemin ou le papier l'avantage de se conserver plus longtemps sans s'altérer; nous en avons la preuve dans la parfaite condition de celles qui sont parvenues jusqu'à nous et dans lesquelles les encoches faites avec le couteau sont encore aussi fraîches et aussi nettes qu'au premier jour, après plus de six cents ans.

C'étaient les Tailles qui permettaient aux employés de l'échiquier d'établir les comptes des Recettes.

La Taille se composait d'un morceau de bois, de buis, de saule, de coudrier, de fresne ou de tout autre bois dur, façonné en parallélipipède aplati, d'environ un centimètre d'épaisseur, sur une longueur de 18 à 20 centimètres en moyenne, d'une largeur de 3 à 4 centimètres, et pouvant se terminer en pointe à une extrémité. C'était, en réalité, une espèce de règle plate, à bords plus ou moins parallèles, de 20 centimètres de long, ordinairement, à cette époque.

Nous disons ordinairement, parce que dans la suite des siècles,

LES LOMBARDS. ~ TOME II

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LES LOMBARDS A PARIS

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