‹ Les lorrains, vaudeville en un acteChapitre 12 sur 18 · BOBINO , FANCHETTE · texte numérisé non relu

BOBINO , FANCHETTE

FANCHETTE

Eh bien ! tu me fuis, Bobino?

BOBINO

Non, mamzelle) c'est que je m'en va^.

FANCHETTE

^, Est-ce que je te fais peur ?

BOBINO

Oui, mamzelle; depuis que je sais que vous allez vous marier , je ne me sentons pas le courage de rester avec vous.

FANCHETTE

Bah! viens donc, j'ai à te parler.

Non, non, vous me feriez faire des béûbes. . . je vous aime, c'est vrai, mais ça ne doit pas ra'empêcher d'âlre honnête homme.

FANCHfiTTE.

Est-ce que c'est un crime que de m^aîmer?

BOBINO

Je ne dis pas. . . . mais ça pourrait m'en faire faire un crime. . . et voyez-vous, le premiier pas fait, on ne s'arrête plus.

FANCHETTE

Ah ! reste va , tu n'es pas dangereux.

BOBINO

Je voudrais seulement savoir qui que vous voulez prendre de Futé ou de RoussêIcI ?

FANCHETTE

Rousselet n'est pas mal tourné , mais Futé a un joli petit moulin.

BOBINO

Et c^est le petit moulin qui vous tourne la tête?

FANCHETTE

Dame ! je ne serais pas fâchée d'être meunière.

Air : fai vu la Meunière .

I it Chez moi ron apporterait tout Y grain

' * ' D' la commune entière ;

De remporter sur chaqu' voisin ,

Je serais tout' fière.

En m* voyant sur le grand chemin , On s' dirait V chapeau dans la main , C'est la p'tit' meunière Du peÉit moulin.

BOB8INO

Même Air,

Votr projet me semble vilain ,

Ecoutez, ma chère , De mes jours vous verrez la fin ,

Si ]' vous laisse faire.

Oui, Fanohett' , le fait es* certain , Vous m' f rez jpassqr le goût du pain.

Si j* vous vois meunière Du petit moulin.

"^ FANCHETTE

Ce n*est pas ma faute si tu i\^as rien. BOBINO, à part.

Oh ! je n'ai rien ... si je voulais faire comme tant d'autres et garder le bien d 'autrui î

FANCHETTE

Que ne te mets-lu sur les rangs.

BOBINO

Il me semble pourtant que je ne suis pas hors des rangs... mais croyez-vouR que monsieur l'homme d'affaires veuille de moi pour la ferme. ^.. . Regardez-moi , des pieds à la tête inclusivement. . . ai-je Tair d'un fermier-général ? FANCHETTE, souriant.

Non, faut être juste , tu n'en as pas Tair.

Eh bien ! je sais ce que j'ai à faire. . . je reviendrai tantôt, et vous me direz des nouvelles de mon air< . . Sans adieu , mamzelle Fanchette, je ne vous dis que ça.

Page 1