BOBINO , FANCHETTE
FANCHETTE
Eh bien ! tu me fuis, Bobino?
BOBINO
Non, mamzelle) c'est que je m'en va^.
FANCHETTE
^, Est-ce que je te fais peur ?
BOBINO
Oui, mamzelle; depuis que je sais que vous allez vous marier , je ne me sentons pas le courage de rester avec vous.
FANCHETTE
Bah! viens donc, j'ai à te parler.
Non, non, vous me feriez faire des béûbes. . . je vous aime, c'est vrai, mais ça ne doit pas ra'empêcher d'âlre honnête homme.
FANCHfiTTE.
Est-ce que c'est un crime que de m^aîmer?
BOBINO
Je ne dis pas. . . . mais ça pourrait m'en faire faire un crime. . . et voyez-vous, le premiier pas fait, on ne s'arrête plus.
FANCHETTE
Ah ! reste va , tu n'es pas dangereux.
BOBINO
Je voudrais seulement savoir qui que vous voulez prendre de Futé ou de RoussêIcI ?
FANCHETTE
Rousselet n'est pas mal tourné , mais Futé a un joli petit moulin.
BOBINO
Et c^est le petit moulin qui vous tourne la tête?
FANCHETTE
Dame ! je ne serais pas fâchée d'être meunière.
Air : fai vu la Meunière .
I it Chez moi ron apporterait tout Y grain
' * ' D' la commune entière ;
De remporter sur chaqu' voisin ,
Je serais tout' fière.
En m* voyant sur le grand chemin , On s' dirait V chapeau dans la main , C'est la p'tit' meunière Du peÉit moulin.
BOB8INO
Même Air,
Votr projet me semble vilain ,
Ecoutez, ma chère , De mes jours vous verrez la fin ,
Si ]' vous laisse faire.
Oui, Fanohett' , le fait es* certain , Vous m' f rez jpassqr le goût du pain.
Si j* vous vois meunière Du petit moulin.
"^ FANCHETTE
Ce n*est pas ma faute si tu i\^as rien. BOBINO, à part.
Oh ! je n'ai rien ... si je voulais faire comme tant d'autres et garder le bien d 'autrui î
FANCHETTE
Que ne te mets-lu sur les rangs.
BOBINO
Il me semble pourtant que je ne suis pas hors des rangs... mais croyez-vouR que monsieur l'homme d'affaires veuille de moi pour la ferme. ^.. . Regardez-moi , des pieds à la tête inclusivement. . . ai-je Tair d'un fermier-général ? FANCHETTE, souriant.
Non, faut être juste , tu n'en as pas Tair.
Eh bien ! je sais ce que j'ai à faire. . . je reviendrai tantôt, et vous me direz des nouvelles de mon air< . . Sans adieu , mamzelle Fanchette, je ne vous dis que ça.