RELEVE-TOI
A Madafue la Comtesse de Briey.
Contemple, ô mon enfant, les reflets du soleil
Et les opales de la lune
Sur les grands pins couvrant la dune, El l'horizon doré de ce rayon vermeil.
Voyage ! et va chercher l'apaisement du cœur, Visite des terres nouvelles.
Ouvre dans l'inconnu tes ailes
Pour planer dans les airs et chercher le bonheur.
174 UELÈVE-TOI
Le bonheur! cristal d'âme, éphémère douceur, Si brillant, mais, hélas ! si frêle Qu'il se brise et souvent, chancelle;
Quand on le tient, la main se crispe, on a grand peur.
Si tu ne peux avoir ce que tu crois chérir.
Et que ton noir chagrin t'accable,
Aigrissant ton humeur affable, Enfant! redresse-toi; souffrir n'est pas mourir!
Ta lèvre boira l'eau dans le creux du rocher.
Elle en sera désaltérée ;
Sur ton âme désespérée La brise soufflera te forçant à marcher.
Et le temps bienfaisant, ce divin guérisseur.
Te payera sa grande dette,
Et lu relèveras la tête.
Oubliant le passé, grandi par la douleur !