‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 104 sur 223 · Le belliqueux saint Jacques · texte numérisé non relu

Le belliqueux saint Jacques

Saint Jacques, si révéré dans toute la Péninsule. Son nom était le cri de guerre des Espagnols.

34. Mémoire, redis-moi la funeste aventure de cette beauté malheureuse, etc.

Camoens interrompt le récit des batailles par la touchante aventure d'Inez. La manière dont il introduit cet épisode est pleine de mélancolie et de sentiment. Le mouvement de sa phrase se ralentit, les couleurs de son style se rembrunissent, tout dispose le lecteur à la scène pathétique dont le poëte va le rendre témoin.

35. Impitoyable dieu, il est donc vrai que les larmes ne peu-

vent adoucir la soif qui te dévore, et que le sang humain doit couler sur tes autels.

Marino, dans son poëme d'Adonis, s'est emparé de cette idée :

E non ti basta ogii'or d a' nostri lumi Lagrimosi stillar ruscelli e mari, Ma spesso vuoi che gl' infelici ainanti Spargauo il sangue; ove son scarsi i pianti!

Amour, cruel amour! peux-tu trouver des charmes

A Causer nos tourments?

A toute heure, en tout lieu, tu t'abreuves des larmes

Des malheureux amants.

Peu touché de nos pleurs, tu répon is par des crimes

Aux soupirs des mortels; Et tu ris, quand tu vois le sang de tes victimes

Arroser tes autels.

M. Armand Gouffé.

30. Les bords du Mondego fleurissaient sous tes pas; son onde pure aimait à réfléchir ton image.

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