‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 105 sur 223 · I.e texte porte · texte numérisé non relu

I.e texte porte

No saudosos campos do Mondego

De teus formosos olhos nunca enxuto.

L'auteur de la version littérale dont nous parlons dans la préface traduit ainsi: Foulant les bords du Mondego^ dont les ondes recevaient continuellement les pleurs de tes beaux yeux. Il nous a semblé que le sens indiqué par cette traduction ne serait pas en harmonie avec le commencement de l'octave : Tu vivais, belle Inez, solitaire et tranquille, abandonnant ton âme à ces illusions, hélas! si passagères, qui embellissent le printemps de la vie. Inez était heureuse, et c'est le tableau de son bonheur que le poëte veut mettre en opposition avec le sort qui la menace. Il est bien vrai que le mot enxuto signifie communément en portugais essuyé, tari; mais il arrive souvent à Gamoens, comme au Dante, comme à Milton, de prendre un mot dans une signification latine. Enxuto vient évidemment du latin exutus, dépouillé^ et nous pensons que l'auteur a voulu dire, en faisant allusion aux: promenades solitaires d'Inez, que les rives du Mondego étaient, cliaque jour, témoins de ses rêveries amoureuses ou de ses entretiens avec Don Pèdre. Si l'autre sens, au surplus, était préféré par le lecteur, il faudrait modifier ainsi notre traduction : Les bords du Mondego fleurissaient sous tes pas; à son onde pure, tu mêlais des pleurs d'amour. Le lecteur choisira.

37. Ses yeux, car des nœuds cruels pressaient ses mains captives.

Lumina, nam teneras arcebaat vincula palmas. yEneid., Vih.n, v. 406.

Ses yeux... des fers, hélas! chargeaient ses faibles mains.

Delille.

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