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Terre désolée où l'oiseau digère le fer

La Massylie, aujourd'hui le Dahra, semble être la patrie des autruches; elles y marchent par troupeaux. Leur voracité a fait croire à des voyageurs, et même à des naturalistes, qu'elles digéraient le fer. Buifon expose, à cet égard, l'opinion de Vallisneri, qui, après avoir disséqué deux autruches, était porté à croire que ces animaux digéraient, en efl'et, les corps durs parl'action du dissolvant de l'estomac, sans exclure celle des frottements qui peuvent aider à cette action principale :

« Les morceaux de bois, de fer ou de verre qui ont séjourné quel- « que temps dans les ventricules de l'autruche, ne sont point lisses et a luisants comme ils devraientl'être s'ils eussent été usés par le frot- « tement ; mais ils sont raboteux, sillonnés, criblés comme ils doivent a l'être en supposant qu'ils aient été rongés par un dissolvant actif.

« Ce dis'solvant réduit les corps les plus durs, de même que les « herbes, les grains et les os, en molécules impalpables qu'on peut a apercevoir au microscope, et même à l'œil nu.

« Les glandes du premier estomac donnent, étant pressées, une lift queur visq^ueuse, saumâtre, insipide, et qui, néanmoins, imprime 0 très-promptement sur le fer une tache obscure.

« Enfin, l'activité de ces sucs et la force des muscles du gésier, ve- « nant à l'appui des faits précédents, autorisent Vallisneri à conjec- « turer, non pas tout à fait que les autruches digèrent le fer et s'en « nourrissent, comme divers insectes ou reptiles se nourrissent de « terre et de pierres, mais que les pierres, les métaux, et surtout le a fer, dissous par le suc des glandes, servent à tempérer, comme ab- « sorbants, les ferments trop actifs de l'estomac ; qu'ils peuvent se « mêler à la nourriture comme éléments utiles, l'assaisonner, auga menter la force des solides, d'autant plus que le fer entre^ comme « on sait, dans la composition des êtres vivants, et que, lorsqu'il est a suffisamment atténué par des acides convenables, il se volatilise, et o acquiert une tendance à végéter, pour ainsi dire, et à prendre des a formes analogues à celles des plantes, comme on le voit dans l'arbre

« de Mars, et c'est, en effet, le seul sens raisonnable dans lequel on a puisse dire que l'autruche digère le fer. » (Disc, sur les Anim.)

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