Un des autres chevaliers, Álvaro Vaz d'Almada, etc
Álvaro traversait la Suisse, lorsqu'il reçut d'un Allemand un cartel portant, pour condition du combat, qu'ils auraient l'un et l'autre le côté droit découvert. Le Portugais accepta le défi ; mais il se trouva que l'Allemand était gaucher, et qu'en se mettant en garde il présentait le côté gauche cuirassé au flanc droit désarmé de son antagoniste. Indigné de cette perfidie, Álvaro se jeta sur le guerrier déloyal et l'étouffa dans ses bras. C'est le combat d'Hercule avec Antée.
23. Ainsi parlait Velloso, et les Portugais, charmés de l'entendre, le pressaient de raconter le nouveau triomphe de Magrice et le combat d'Almada contre le Germain.
Velloso vient de raconter en détail l'aventure des douze chevaliers, leur départ pour l'Angleterre, leur séjour à Londres, leur combat et leur victoire. Maintenant il précipite l'histoire de leur retour. La mer se trouble, des nuages se forment, les vents arrivent de leurs prisons
d'Éolie : on sent que le narrateur s'inquiète, et qu'il n'est plus à son récit.
24. Chacun d'eux prêtait une oreille attentive, quand le chef
de la manœuvre, qui observait les airs, etc.
Les vents sont arrivés ; ils sont armés de toutes leurs rages, pour nous servir d'une expression créée par Boileau. Au paisible entretien des guerriers va succéder la plus violente tempête qui ait jamais agité l'Océan.