‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 168 sur 223 · Sertorius · texte numérisé non relu

Sertorius

Sertorius avait suivi le parti de Marins contre Sylla. Marius ayant été vaincu, Sertorius se relira d'abord en Afrique, d'oùlesLusilaiiiens l'appelèrent dans leur pays. 11 s'y maintint longtemps, malgré les armées que Rome envoyait contre lui, battit Métellus et Pompée, et finit, comme Yiriathe, par être iissassiné.

Il avait fait de grandes choses dans la paix comme dans la guerre. La Lusitanie avait reçu de lui des institutions modelées sur celles de la république romaine. Elle avait son sénat, ses consuls, ses édiles, ses tribuns. Sertorius pouvait dire, comme dans la tragédie qui porte son nom :

Rome n'est plus dans Rome ; elle est toute où je suis.

Son ouvrage périt avec lui. Il n'est resté de Sertorius que de grands souvenirs et quelques monuments, dont le plus remarquable est l'aqueduc d'Évora.

La biche apprivoisée qu'il consultait dans ses expéditions, peut figurer à côté du pigeon qui parlait à l'oreille de Mahomet. L'homme qui avait pris soin d'ouvrir toutes les sources de l'enseignement dans la Lusitanie, et même dans une partie de l'Espagne ; qui, dans Osca, maintenant Huesca, avait établi une grande école où la jeunesse espagnole venait se former et s'instruire; l'homme enfin qui créait, en quelque sorte, la civilisation dans le pays qui lui avait .servi d'asile, ne pouvait descendre au misérable artifice dont les historiens se plaisent à lui faire honneur. De pareils contes sont indignes de l'histoire.

o. Le comte Henri.

C'est le premier souverain du Portugal. Il ne porta que le titre de comte. (Voir la note 1 du troisième chant.)

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