‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 170 sur 223 · ïhéotonio · texte numérisé non relu

ïhéotonio

Il était prêtre et prieur des chanoines réguliers de Coïmbre. Il se mit à la tête d'un corps de partisans, et fit sur les Maures la conquête d'Arronchès. înpericulo, omnishomo miles, a dit Tertullien. Cette maxime n'a reçu nulle part une application plus fréquente qu'en Espagne et en Portugal ; et chez nous-mêmes, où l'esprit général du clergé est le plus conforme au véritable esprit de la religion, des cardinaux ont commandé des armées. Chez les anciens, les ministres des dieux ne craignaient pas de se montrer dans les combats. Virgile, en faisant l'énumération des guerriers toscans qui venaient de s'embarquer à la suite d'Énée, nomme un prêtre d'Apollon :

Tertius, ille hominuMi divumiiuc interpres Asylas, Cul pecud'i'.u lîbrae, cœU cui sidera pareut

ïït linguae volucrum, et prœsagi fulminis ignés ; Mille rapit densos acie atqiie liorreutibus hastis.

u'Eneid., lib. X, v. 17o.

Asylas, après eux, s'avance le troisième; L'interprète Asylas dont le talent suprême Sait lire l'avenir dans le flanc des taureaux, Dans les feux de l'éclair; qui de tous les oiseaux Cijnnaît les vols divers et les divers langages, Kt du ciel aux humains révèle les présages : Par lui milie guerriers, armés de javelots, D'une moisson de fer ont hérissé les îlots.

Dklille.

il. C'est le digne fils d'Egas, c'est Mcni Moniz, ele.

Fortes creantur fortibus et bonis; Est in juvencis, est in equis patrum

Virtus, nec imbellem féroces

Progenerant aquilee columbam.

HoR., oJ. ÍV, lib. IV.

Un glorieux enfant sort d'un glorieux père; Jamais du iier taureau le sang ne dégénère; L'audace du coursier se transmet à ses fils. Et l'aigle impérieux qui dans l'air plane en maître,

Ne donna jamais l'être Aux timides oiseaux qui sont chers à Cypris.

Traduction de M. Daku.

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