‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 187 sur 223 · Ses regards parcourent le monde · texte numérisé non relu

Ses regards parcourent le monde

Cette idée de l'Amour contemplant l'univers, et s'indignantde tant d'alfections qui s'égarent, de tant de passions honteuses qui osent se parer de son nom, est aussi neuve que morale et philosophique. L'auteur va placer, dans ce cadre ingénieux, l'amour des plaisirs, si contraire à l'amour des devoirs ; l'amour-propre, qui ne sourit qu'aux adulateurs ; l'amour du pouvoir, déguisé sous les apparences de rattachement pour le prince ; l'amour de l'or et des grandeurs, brûlant dans le cœur des mêmes hommes qui semblaient avoir mis tous leurs trésors dans le cieL L'auteur a beau vouloir envelopper ses pensées, la franchise de son caractère perce à travers le voile dont il se couvre; il suffit, pour comprendre tout le sens de ce morceau, de se reporter en imagination à la cour du roi Sébastien, telle que leshistoriens nous l'ont peinte. Les grands personnages de cette cour ne se reconnurent que trop bien dans les tableaux du poète; et cela nous explique ses longues infortunes, comme nous l'avons remarqué dans une des dernières notes du chant précédent.

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