‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 188 sur 223 · Il voit un nouvel Actéon, etc · texte numérisé non relu

Il voit un nouvel Actéon, etc

Le roi Sébastien, le même que Tamom'dela gloire entraîna depuis en Afrique, et qui périt si malheureusement à la bataille d'Alcacer, n'avait manifesté, dans sa première jeunesse, qu'une seule passion, celle de la chasse. Il était entretenu dans ce goût immodéré par ses ministres et ses propres gouverneurs, qui, tandis qu'il négligeait les devoirs de laroyauté, régnaient véritablement sous sonjuom. L'histoire est ici tout à fait d'accord avec les reproches que lui adresse le poète. (Voir LaClède, Histoire générale du Portugal, édition de Paris, 1735, volume V, page 144.)

o. Un jour, moins sauvage et moins fier, etc.

Sébastien, né avec une âme ardente et portée à exagérer toutes les vertus, affectait de l'éloignement et même de l'aversion pour les femmes. Cependant, sur la foi d'un simple portrait, il devint amoureux de Marguerite de France, fille de Henri H : il la fit demander en mariage par ses ambassadeurs; mais les intrigues de Philippe II, roi d'Espagne, firent échouer les négociations. C'est à quoi l'auteur fait allusion dans ce passage ; il représente le nouvel Actéon épris des charmes de Diane, et repoussé par la déesse. Le poêle poursuit l'allégorie, et par un dernier trait, laisse échapper toute sa pensée : Trop heureux encore s'il échappe à cette meute de favoris qui bondit sur ses traces!

Page 1