JEAN DE CASTRO
Ce fut la première année du gouvernement de Castro que commença le second siège de Diu, si célèbre dans l'histoire du Portugal. Castro envoya au secours des assiégés ses deux fils, Fernand et Alvare. Fernand périt par l'explosion d'une mine que les ennemis avaient pratiquée sous un'des bastions de la forteresse. Alvare, qui n'arriva qu'après la mort de son frère, ranima le courage des Portugais, et Castro parut bientôt lui-même avec le reste de l'armée. On tint conseil dans la citadelle. Les avis des généraux furent partagés : les uns voulaient sur-le-champ marcher à l'ennemi ; les autres ne pensaient point qu'il fût prudent de confier le sort de l'Inde à l'événement incertain d'une bataille. Un vieux guerrier, Garcie de Sa, aussi connu par son courage que par sa prudence, se leva tout à coup,
et dit : J^ai écouté; il faut combattre. Castro se rangea de son avis, et la bataille fut livrée et gagnée.
Après la délivrance de Diu, le vice-roi retourna à Goa. Sa rentrée fut un triomphe. Magnifiquement vêtu, entouré de ses capitaines, précédé de ses soldats victorieux el suivi de nombreux captifs, il marchait au miUeu d'une foule ivre de joie. On croit lire le récit des triomphes du Capitole.
Camoens termine ici l'histoire des vice-rois des Indes. C'était le moment de la plus grande gloire des Portugais : le poëte ne pouvait s'arrêter plus à propos.