Le monde a vu Taudacieux Beaudouiii , etc
Beaudouin, grand forestier de Flandres, enleva Judith, iîlle de Charles le Chauve ; et ce prince, qui en avait témoigné un vif ressentiment, finit par consentir à leur mariage.
Camoens donne à Beaudouin Tépithète de Ferrco, par allusion au surnom de Bras-de-Fer que lui donnent les historiens.
17. Mais l'inflexible destinée, la loi fatale qui n'épargne ni le rang ni la grandeur^ t'enlèvera presque aussitôt à toutes les illusions du monde et de la vie.
Duperron de Castera fait sur ce passage une réflexion très-fine et très-juste. La nymphe qui prédit à Gama les destinées des vice-rois, lui annonce à lui-même l'instant de sa mort ; et Gama, qui l'écoute, ne donne aucun signe d'émotion. La fête n'est pas interrompue : la nymphe continue de chanter : Apy^ès foi, brille un second Menezes, etc. 11 était difficile à Camoens de donner une plus haute idée du caractère de son héros.
1<^. Il fera plus ; il saura, dans l'âge des passions, elo. Le texte porte :
— Com virtudes certo singulares Vence os imigos d'almas todos sete ; De cobiça triumpha, e incontinência; Que em tal idade he summa da excellencia.
Mot à mot : Avec des vertus certainement bien rares, il par oient à vaincre les sept ennemis de l'âme ; il triomphe de la cupidité et de l'incontinence : ce qui, dans un tel âge, est le plus haut degré de la perfection.
Nous avons cherché longtemps parquette figure de rhétorique on pourrait dire convenablement en français, et dans une époj^ée, que Menezes, malgré sa grande jeunesse, avait su triompher i\Q&septpéchés capitaux. Nous n'en avons pas trouvé de meilleure que l'énumération des parties :
« Il fera plus ; il saura, dans l'âge des passions, vaincre etsubju- »( guer des ennemis cent fois plus redoutables : l'orgueil, qui nous « livre aux flatteurs ; l'envie, qui méconnaît les talents et les ver- « tus ; la colère, qui égare la raison ; l'intempérance, qui la trouu ble ; l'amour de l'or, qui dessèche les âmes ; la paresse, qui les (( engourdit; la volupté, qui les dégrade. »
Des ffept ennemis de Vãme, Camoens ne nomme que l'amour de l'or et la volupté. Si, par un développement qui n'est point dans le texte, nous avons manqué à la fidélité littérale, nous ne l'avons fait que pour rendre mieux la pensée tout entière de l'auteur.