VIE DE CAMOENS. XXI ÍÍ
pour travailler à son poëiiie. Ce lieu, que les gens du pays nomment aussi la Grotte de Patané, est situt'; à peu de distance de la ville. Plusieurs voyageurs, notamment Eyles iruinV, et plus récemment M. Rienzi, en ont donné des descriptions et des dessins. La grotte proprement dite occupe la partie inférieure d'un roc élevé, qui est aujourdhu enclavé dans un vaste jardin. On pénètre dans ce réduit par une haute et large ouverture pratiquée entre deux montants de pierre, sur lesquels s'appuie transversalement un bloc énorme de granit. Une ouverture cintrée, beaucoup plus haute et plus étroite que la première, est pratiquée d'un des côtés du roc, et permet de monter au sommet. De cette espèce de belvédère naturel, la vue s'étend au loin sur la mer et les îles voisines. Ne semble-t-il pas que ce soit là précisément cet antre isolé, cette grotte déserte que Camoens, dans un accès de mélancolie faroucliCj appelait si ardemment par ces beaux vers ?