‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 27 sur 223 · SONNET XXX · texte numérisé non relu

SONNET XXX

« L'amoureux et doux petit oiseau^ qui arrange ses plu- « mes avec son petit bec^ gazouille des vers irréguhers, « joyeux et vifs sur un rameau rustique. Le cruel chasseur^, « qui se détourne du chemin à pas silencieux et lents, « ajuste sa flèche d'un œil prompt, et change l'aimable nid « en un tombeau. Ainsi le coeur qui était libre, quoique de' « loin prédisposé, a été frappé quancMl craignait le moins « de l'être. En effet, l'aveugle archer, pour me surpren- (( dre, m'attendait caché dans vos beaux yeux. »

La nouvelle passion de Camoens paraît avoir été partagée ; mais son bonheur fut de courte durée ; sa maîtresse se trouva presque aussitôt obligée de s'embarquer pour l'Europe. Notre poëte a exprimé ses regrets dans les deux sonnets suivants :

SONNET CLXVIH

(( Hélas 1 amie cruelle, pouvez-vous quitter ainsi votre « terre natale ? Hélas ! qui vous exile du nid aimé, gloire « des yeux et bonheur de la pensée? Vous allez tenter le « mouvement de la fortune et affronter les vents cruels,

1 Autre preuve : Un sonnet de Camoens, adressé en 1572 à Manoel Barata, sur Vart de l'écriture^ et imprimé dans ce livre, se retrouve dans les œuvres de Camoens avec de notables changements.

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