‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 30 sur 223 · SONNET XCIX · texte numérisé non relu

SONNET XCIX

« Le rayon de cristal qui précode l'aurore aux mille « teintes se répandait sur le monde, quand Nise, bergère « délicate, partait du lieu où elle laissait sa vie. Soulevant « ses yeux baignés de larmes, dont l'éclat obscurcissait le « soleil; s'en prenant à elle, à la destinée^, au temps; la « vue fixée sur le ciel;, elle disait : Lòve4oi, soleil sc- (( rein, lève-toi pur et brillant! resplendis, aurore blan- « che et empourprée, qui égaies toute âme souffrante ! Mais « quant à la mienne, sache que, dorénavant^ jamais dans K cette vie tu ne la verras satisfaite, et que tu ne renconlre- « ras nulle part une bergère aussi affligée que moi. »

Cette cruelle séparation fut suivie d'une affreuse cati- Btrophe. La jeune femme périt dans la traversée par un

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