‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 76 sur 223 · Mais vil esclave d'un amour si fatal à sa gloire · texte numérisé non relu

Mais vil esclave d'un amour si fatal à sa gloire

Tout ce passage est imité de la description du bouclier d'Énée.

Hiuc ope barbanca variisque Antonius armis, Victor ab Aurorae populis et littore rubro, iEgyptum viresque Orientis et ultima secum Bactravehit; sequiturque, nefas! Jïgyptia conjux.

^^neid., lib. YIII, y. 68.

Vainqueur infortuné de vingt peuples divers,

Antoine ose à César disputer l'univers :

Près de l'aigie romain mille enseignes bizarres

Rassemblent sons ses lois mille peuples barbares,

L'Arabe, le Pei-san, le Maure, l'Indien.

Sa femme lui conduit le vil Egyptien :

Sa femme, ô déshonneur! il combat pour ses charmes,

Opprobre de son lit, opprobre de ses armes.

Delillb.

L'Enéide était le livre favori de Camoens. Les Portugais, frappés

de la hardiesse de ses conceptions, de l'indépendance de son génie et de la chaleur avec laquelle il décrit les batailles^ se plaisent à le comparer à Homère. Il ressemble beaucoup plus à Virgile par la continuelle harmonie de son style, par l'art d'embellir les détails, et surtout par celte teinte de mélancolie qui se retrouve dans presque tous ses chants. Voltaire appelait le traducteur des Géorgiques Vuhlius Virgilius Delille ; on pourrait, avec plus de raison peut-être, appeler l'auteur des Lusiades Publhis Virgilius Gamoens.

\ 9. La Chersoríòse d'Or.

G'est la presqu'île d^e Malacca. Les mines d'or dont elle abonde lui avaient valu son ancien nom. Albuquerque s'en rendit maître en 1511. Les Hollandais l'ont enlevée aux Portugais en 1640.

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