‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 97 sur 223 · Périllus · texte numérisé non relu

Périllus

C'était un des bourreaux de Phalaris, tyran d'Agrigenle,' en Sicile. Il avait forgé un taureau d'airain, où Ton enfermait la victime désignée par le tyran. Sous ce taureau, on allumait un grand feu, et les cris du patient imitaient le mugissement de l'animal représenté par l'épouvantable machine. Phalaris en fit l'essai sur Périllus lui-même.

Antoine Baif, cité par Duperron de Castera, raconte ainsi, dans son vieux style, la mésaventure de PériUus :

Phalar, roi d'Agrigent, rempli de félonie,

Exerça sans merci jadis sa tyrannie

Sur ses pauvres sujets, par tourments inventés,

Les faisant bourreler fièiement louimentés.

Or, le fondeur Péryl, de soi peu pitoyable,

Pensant faire au tyran un présent agréable,

Forge un taureau d'airain pour un nouveau tourment,

Où le criminel clos, d'un bœuf le meuglement

Formerait par son cri, sentant la flamme éprise,

Phalar voyant ce don, d'une juste entreprise.

Fait sous l'airain meuglant un brasier allumer,

Et dedans pour essai le fondeur enfermer :

Par quoi cettui chétif mourut de male-rage,

Mugissant comme un.bœuf dans son cruel ouvrage.

Après tant d'innocents meurtris injustement,

Phalar contre Pcryl fut juste seulement.

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