CHAPITRE VI
L'Union des Catholiques pour la défense de leurs Droits
5 mars 1914.
Personne n'ose plus en disconvenir : l'élection des députés ne touche pas uniquement à des intérêts politiques et sociaux, militaires et financiers, mais touche pareillement à des intérêts religieux du caractère le plus grave. Les catholiques ont donc le droit et le devoir, parce que catholiques, de recourir à tous les moyens d'influence et d'action dont ils disposent pour procurer, dans les élections législatives, et, plus généralement, dans chacune des manifestations de la vie publique, la meilleure sauvegarde possible des intérêts religieux.
Telle était la commune et ardente préoccupation dont s'inspiraient les soixante-quinze ou quatrevingts personnalités catholiques, venues de toutes les régions de la France, qui se rassemblaient à Paris, le 28 février, sous la présidence de M. le colonel Keller. Tous les membres de l'assemblée, ainsi que les nombreux amis qui leur avaient adressé
par avance une adhésion écrite, ont déjà collaboré activement aux Unions diocésaines, aux Alliances catholiques départementales, aux différentes œuvres de défense et d'organisation religieuse. Ils venaient étudier les décisions qui paraîtraient opportunes pour promouvoir les revendications catholiques durant la campagne électorale de 1914. La plupart d'entre eux voulaient constituer un organisme permanent d'union catholique pour la défense politique des intérêts religieux : et, de fait, ils ont jeté les fondements de cette organisation, dont l'acte de naissance portera la date du 28 février 1914.
Commençons par dissiper les équivoques répandues dans le public grâce aux informations erronées, aux commentaires tendancieux du Figaro, du Journal des Débats, du Temps et de quelques autres journaux d'une orthodoxie catholique non moins rigoureuse.
Les catholiques présents à la réunion agissaient de leur propre initiative, sous leur propre responsabilité, dans l'exercice pur et simple de leur droit de citoyens français. Quelles que fussent les hautes et précieuses sympathies que rencontrât leur projet, l'organisation qu'ils ébauchent dans le domaine de l'action civique n'engage qu'eux-mêmes, catholiques laïques. Elle n'engage, à aucun degré, ni l'Episcopat français, ni (moins encore) le Saint-Siège.
D'autre part, ces mêmes catholiques ne prétendent nullement constituer un nouveau parti politique, qui prendrait le nom de « parti catholique ». Si l'on désigne, sous le vocable de « parti catholique », un
groupement qui aurait pour chefs les évêques (cette définition a été donnée en propres termes dans plusieurs journaux), le groupement dont on a jeté les premières bases le 28 février ne saurait mériter le nom de « parti catholique », puisque, comme nous venons de le dire, cette organisation ne prend pas pour chefs les évêques, n'engage pas l'autorité des évêques, mais obéit à des chefs laïques, agissant euxmêmes à leurs risques et périls, en tant que citoyens français. Le terme de « parti catholique » serait inexact, également, à un tout autre point de vue. D'après l'acception généralement comprise, en effet, ce mot de parti suggère l'idée d'une organisation politique de même ordre et de même caractère que les divers partis politiques existant déjà en France, l'idée d'une organisation rivale des groupements républicains ou monarchiques, parlementaires ou plébiscitaires, qui tendent, soit à transformer les institutions politiques, soit à conquérir le pouvoir gouvernemental, soit à participer, du moins, à la direction politique et gouvernementale du pays. Or, loin de vouloir créer eux-mêmes un nouveau parti, analogue aux partis existants, rival des partis existants, les membres de la réunion du 28 février appartenaient et continuent d'appartenir à l'un ou à l'autre des groupements politiques entre lesquels se partagent les catholiques de notre pays : on a prononcé plusieurs fois, notamment, les deux noms de Y Action libérale et de Y Action française. Des hommes, dont les attaches sont notoirement diverses en matière politique, n'auraient pu que se heurter à de graves
désaccords s'ils avaient prétendu élaborer en commun le programme politique et gouvernemental d'un nouveau parti, analogue aux autres partis, rival des autres partis.
A vrai dire, l'assemblée du 28 février se tenait en dehors et en marge de tous les groupements politiques, quels qu'ils fussent. Elle se tenait sur un terrain d'union où peuvent et doivent se rencontrer amicalement les catholiques de tous les partis et de toutes les nuances politiques : le terrain religieux.
Il existe des groupes, parlementaires ou non parlementaires, consacrés à l'étude ou à la propagande exclusive de certaines réformes déterminées, qui échappent aux cadres de la politique de parti. On connaît, par exemple, une ligue d'action régionaliste, une ligue de la représentation proportionnelle, une ligue navale, de puissantes associations d'agriculteurs, une organisation de défense viticole. Dans chacun de ces groupements, collaborent à la fois des hommes de droite, de gauche et du centre, divisés par la politique, mais rapprochés par une idée commune ou un intérêt commun. Ils travaillent ensemble pour la cause qui les réunit, sans aucunement déserter leurs partis respectifs. Pourquoi donc les catholiques français, divisés sur le terrain politique, ne parviendraient-ils pas à constituer, en marge des groupements républicains, royalistes ou plébiscitaires, une organisation exclusivement consacrée à la défense des intérêts religieux dans les luttes électorales et dans chacune des manifestations de la vie publique ? Cette organisation, distincte de tous les partis,
ouverte aux membres de tous les partis, serait précisément l'Allianceou l'Union catholique dontl'assemblée du 28 février a décrété la formation, puis voté le programme, puis désigné les chefs. Le titre officiel du groupement est celui-ci : Union des Catholiques pour la défense de leurs Droits. Nous dirons plus brièvement : « l'Union catholique ».
Bientôt sera publiée la liste complète des premiers membres du comité général et des premiers membres du bureau exécutif. Mais, parmi ceux-ci, nous avons le droit de nommer ceux qui sont, d'ores et déjà, connus du public, comme organisateurs de la réunion du 28 février. Leurs noms apportent une garantie particulière à la loyauté du pacte qui maintient la nouvelle Union catholique sur le terrain exclusivement religieux, en dehors du terrain des partis. M. le colonel Keller, M. de Bellomayre, M. Paul Nourrisson, et deux maîtres de l'enseignement supérieur, M. Souchon et M. JeanGuiraud, possèdent une autorité morale qui s'impose au respect, soit en raison de leur participation éminente aux œuvres d'organisation catholique, soit en raison de remarquables travaux consacrés à la défense religieuse. En même temps, et quelles que soient leurs attaches politiques, d'ailleurs diverses, aucun d'entre eux n'a été mêlé ni aux compétitions du monde parlementaire, ni aux irritantes querelles d'ordre purement politique. Ils
ne sauraient donc provoquer, raisonnablement, de préventions politiques dans aucun milieu catholique de droite ou de gauche. Tout le monde peut répondre à leur appel sans que personne doive sacrifier aucune susceptibilité légitime. On leur doit même un concours d'autant plus dévoué que, bravant les calomnies et les sarcasmes, ils tentent, à leurs risques et périls, d'organiser, dans le domaine de l'action civique et à travers toute la France, la collaboration fraternelle des catholiques de tous les partis sur le terrain religieux, en conformité avec les directions du Pape Pie X.
L'Union catholique a pour première raison d'être de porter dans la vie publique, contrairement aux faux dogmes de la Révolution et. aux maximes funestes du libéralisme, l'affirmation résolue des droits de Dieu et de l'Église. L'Union catholique entend promouvoir, à toute occasion opportune, la protestation, la résistance et l'action religieuse contre la législation tyrannique que subit le catholicisme dans notre pays. L'Union catholique sera un centre d'action commune pour toutes les organisations départementales constituées par des catholiques pour la défense civique et politique des intérêts religieux ; elle favorisera la création de groupements analogues dans tous les départements où les circonstances le permettront; mais elle n'entrera en rapports avec les Unions diocésaines, avec celles-là même qui possèdent un comité d'action civique, que sur l'invitation formelle des évêques : car les Unions diocésaines sont un organisme essentiellement religieux,
sous la juridiction directe du pouvoir épiscopal; leur situation n'est donc pas la même que celle des Unions ou Alliances départementales dont les catholiques laïques prennent l'initiative et la pleine responsabilité, toujours sous le contrôle religieux de Pévêque, mais en dehors des cadres officiels du diocèse et de l'organisation diocésaine. Enfin, l'Union catholique apportera une énergie particulière, durant chaque période électorale, à mettre en relief les revendications nécessaires des catholiques français et à obtenir du plus grand nombre possible de groupements locaux et départementaux qu'ils exigent des candidats qui briguent les suffrages catholiques une adhésion formelle à un minimum de revendications catholiques.
Au sujet de l'action électorale, il ne faudrait pas attribuer à l'Union catholique l'intention de jeter le désarroi dans les organisations politiques actuellement existantes et de promouvoir indiscrètement des candidatures de protestation religieuse et d'affirmation avant tout catholique. Les débats de la réunion du 28 février démontraient clairement que les membres de l'assemblée n'ignoraient rien, pour la plupart, des graves difficultés qu'opposent à une candidature « catholique » l'état présent de nos mœurs électorales et l'état religieux d'un très grand nombre de départements français. Néanmoins, ces difficultés ne sont pas universelles et l'on oublie un peu trop les exemples qui vont en sens contraire. Dans la Mayenne, les trois sénateurs, un indépendant, un royaliste et un républicain, sont élus ensemble, sous
l'unique bannière de P Alliance catholique. Dans le Morbihan, la dernière élection sénatoriale a été faite sur le terrain catholique et avec désignation du candidat par un arbitrage de l'Alliance catholique. Dans le Maine-et-Loire, c'est également un arbitrage d'Alliance catholique, exercé par les membres catholiques du Conseil général, qui décide des diverses candidatures, lorsque se présente un cas litigieux. Dans le Finistère, le nouveau député de Quimper (troisième circonscription) a conquis, par une majorité relative, au scrutin de ballottage, ce collège électoral qui avait toujours élu un anticlérical : or, le nouveau député de Quimper, colonel Hugot-Derville, était appuyé par l'Union diocésaine et arborait exclusivement lui-même l'étiquette de « catholique ». Dans les Deux-Sèvres, le nouveau député catholique de Bressuire, M. Henry Taudière, fut élu avec le concours notoire de l'Union diocésaine de Poitiers. A Tours, lors des élections municipales du mois de mai 1912, la liste qui portait le seul titre d'Union catholique fit entrer huit de ses membres à PHôtel de Ville. Dans la Savoie et la Haute-Savoie, le canton de Chambéry (Nord) et le canton de Samoëns ont remplacé, tout dernièrement, deux anticléricaux par deux candidats qui arboraient exclusivement la bannière de l'Alliance catholique. De tous ces exemples, nous concluons qu'il est inexact de prétendre que Padoption de l'étiquette « catholique » soit toujours, partout et nécessairement une cause inévitable d'échec électoral. Néanmoins nous reconnaissons bien volontiers que de
tels exemples ont un caractère exceptionnel par rapport à l'ensemble du pays : et nous constatons précisément que l'Union catholique, constituée le 28 février, s'est abstenue de faire une déclaration quelconque au sujet des candidatures nettement catholiques ou, à plus forte raison, exclusivement catholiques. Aucun principe général ne peut être formulé sur cette question.
Mais l'Union catholique parle des revendications que doivent souscrire les candidats, quelle que soit leur étiquette, qui voudraient obtenir le suffrage des électeurs catholiques : et c'est là une question toute différente, ainsi qu'une exigence parfaitement légitime. La déclaration lue par M. de Bellomayre, et adoptée par l'assemblée du 28 février, réclame du candidat un premier engagement, plus général, en faveur de la revision des lois qui ont porté atteinte à la liberté religieuse , et un autre, plus spécial, en faveur du rétablissement de V entente avec Rome. Dans plusieurs régions, il sera possible d'exiger davantage, surtout en matière de revendications scolaires. Mais on doit reconnaître que, si le candidat consent à prendre ce double engagement public, il donne aux électeurs catholiques, en tant que tels, un gage qui leur permet de lui accorder honorablement leur vote et leur concours, alors surtout qu'il s'agit de faire échec à des candidats qui demeurent attachés à l'œuvre de l'anticléricalisme et aux odieuses lois de laïcité.
Le cas vraiment délicat est celui où le plus modéré des candidats en présence refuse d'adhérer au
minimum des revendications catholiques. La rigueur des principes demanderait que, toujours chacun des électeurs catholiques lui refusât son suffrage. Mais la déclaration du 28 février ne prétend pas poser, sur ce point, une règle universelle et absolue. Essayons d'envisager certaines éventualités. Des circonstances peuvent se présenter où il existe une telle différence entre le plus modéré des candidats et ses concurrents sectaires que l'intérêt même de la religion et de la société réclame que l'on vote pour le « moins mauvais ». On ne peut exclure, malheureusement, cette humiliante et douloureuse hypothèse. Néanmoins, d'autres cas se présenteront où L'écart ne sera pas tellement considérable entre l'attitude politique des deux candidats en présence, l'un et l'autre séparés des catholiques par toute la question religïeuse.En pareille hypothèse, les principes trouvent leur juste application ; les électeurs catholiques doivent refuser leur vote aux deux candidats, y compris le plus modéré, qui refuse obstinément de donner les garanties nécessaires. Ce n'est pas toutefois l'abstention que nous nous permettrions de conseiller dans ce dernier cas, mais le bulletin blanc, qui a la valeur d'une protestation positive et non pas, comme l'abstention, l'apparence d'un témoignage de profonde insouciance. Si le nombre des bulletins blancs s'élève à quelques centaines, voire, comme il est arrivé parfois, à mille où à deux mille, la protestation ne manquera pas d'un retentissement salutaire.
Nous espérons que l'Union catholique, constituée le 28 février, trouvera une égale sympathie dans toutes les organisations de défense et d'action religieuse, une égale sympathie pareillement chez les catholiques de tous les groupes et partis politiques, républicains ou monarchistes. Ce sont des rumeurs calomnieuses qui ont représenté l'initiative de M. le colonel Keller comme dirigée contre Y Action libérale. Aucune omhre d'incompatibilité de principes n'existe entre l'Union catholique et Y Action libérale, dont l'objectif demeure parfaitement distinct. L'Union catholique compte des membres distingués de YAction libérale parmi ses premiers adhérents et jusque parmi les cinq organisateurs de la réunion du 28 février, h' Action libérale, dans son Appel aux électeurs, avait fixé à ses propres candidats, presque tous catholiques, une liste de revendications religieuses et scolaires qui dépassent de beaucoup le minimum exigé par la déclaration du 28 février, et qui concordent positivement avec l'esprit et le programme de l'Union catholique1. C'est dire qu'entre les deux
1. Voici les revendications religieuses et scolaires contenues dans l'Appel que le comité directeur de l'Action libérale venait de publier en vue des élections législatives de 1914 :
« La restitution du droit commun aux citoyens français expropriés aujourd'hui de la faculté de s'associer et d'enseigner.
(( L'école privée participant au budget scolaire en proportion du nombre de ses élèves ; l'école publique ramenée à l'observation des
organisations l'entente sera aisément fraternelle et loyale.
Chez les royalistes, l'Union catholique a trouvé, dès le premier jour, un grand nombre d'adhésions chaleureuses. Il faut qu'elle trouve aussi, parmi eux, des concours effectifs, durant la campagne électorale, pour appuyer les candidats qui auront souscrit au minimum de revendications catholiques. Dans la grande majorité des cas, ce devoir oblige les royalistes à voter pour des candidats opposés à leurs idées politiques. C'est donc là un acte d'abnégation méritoire qui leur est demandé, et qui sera obtenu d'eux, par attachement à la cause religieuse, à l'union catholique. Il leur est demandé pareillement au nom du patriotisme, par ceux-là mêmes de leurs écrivains qui professent le moins de confiance dans l'efficacité des moyens électoraux. Par le vote, on peut, en mainte rencontre, et faute de mieux, empêcher un mal immédiat et plus grave. Lorsqu'ils donneront, comme nous l'espérons pareillement des membres de Y Action libérale et des plébiscitaires, leur suffrage dans toutes les conditions que prévoit la déclaration du 28 février, les catholiques royalistes obéiront à la recommandation que le chef exilé de la Maison de France donnait récemment à l'un d'entre
programmes officiels qui l'obligent à apprendre aux enfants leurs devoirs envers Dieu.
« Rétablissement des rapports avec le Vatican, gage de la pacification en France, dernière sauvegarde en Orient de notre protectorat, déjà bien compromis.
K La revision de la Constitution tronquée de 1875, qui organise l'omnipotence et l'irresponsabilité d'un pouvoir collectif anonyme. »
eux : « En m'attendant, rendez de toutes vos forces et de toutes façons, rendez avant tout service au pays 4. »
Quoi qu'il en soit de ses chances d'avenir, l'Union catholique nous paraît digne de toute sympathie en raison de l'idée juste et féconde dont elle est incontestablement l'expression.
L'organisation créée le 28 février aborde une tâche permanente qui est de tout autre importance qu'une propagande de revendications électorales. L'Union catholique voudrait rendre effective la collaboration des catholiques de toutes nuances sur le seul terrain
1. Le 23 avril suivant, Mgr le duc d'Orléans communiquait à la presse française d'importantes déclarations, dont nous citerons les passages relatifs à la politique religieuse :
« Le régime actuel a trouvé le moyen de réaliser la pure anarchie parlementaire. Pour arracher le pays à cette anarchie, il faut avant tout détruire les institutions qui, selon le mot de mon père, ont corrompu les hommes.
« Aussi, persuadé de cette vérité, je n'ai pas cru devoir, dans les circonstances présentes, et exceptions faites pour quelques cas particuliers, engager mes amis à se lancer directement dans l'action électorale. Guidés par mes délégués régionaux, qui ont reçu mes instructions, ils sauront faire leur devoir. En ce moment, il y a en France deux intérêts supérieurs particulièrement menacés : la défense de la patrie et les libertés catholiques. Pour les défendre, on peut toujours compter sur les royalistes
« L'anticléricalisme jacobin me fait horreur. Il vise à détruire purement et simplement notre civilisation. Ceux qui ne sont pas croyants eux-mêmes, s'ils ont le cœur bien placé, s'inclinent devant la grandeur du lien catholique qui a réuni pour de si hauts destins les âmes de leurs ancêtres. Tous doivent respecter une religion à l'abri de laquelle le pays a grandi.
« Mais le pouvoir spirituel a son autorité légitime en dehors des rouages du gouvernement. Tl est malheureux que des républicains soient seuls à ne pas le comprendre et veuillent faire de la France le seul pays où les libertés catholiques soient sans cesse entravées.
« Un gouvernement royal traiterait avec le Saint-Siège. »
où, dans le domaine de Faction civique, cette collaboration soit réalisable. L'Union catholique affirmera sans se lasser l'importance primordiale de la question religieuse ; elle proclamera sans respect humain les droits de Dieu et de l'Eglise ; elle s'efforcera d'appliquer au détail des cas réels et concrets les vérités que l'Église enseigne à ses enfants comme la règle de leur vie publique. Affirmation nécessaire et bienfaisante de la vérité catholique : car c'est la vérité qui rend libre.
L'Union des Catholiques pour la défense de leurs droits.
En conformité avec la décision prise par l'assemblée catholique tenue, à Paris, le 28 février, un Comité d'initiative a été constitué pour promouvoir et multiplier en France les organisations d'Union des catholiques. Voici quelle en est la composition :
Bureau du Comité
Président : colonel Keller.
Vice-Président : de Bellomayre, ancien conseiller d'État, Toulouse.
Membres du bureau: colonel vicomte d'Aboville (Morbihan); Xavier Baudon de Mony (Ariège); Charles Boullay, avocat à la Cour d'appel de Paris ; Antoine Duboscq (Landes); Dyèvre, secrétaire général de l'Union des catholiques d'Ille- et- Vilaine; colonel Gasselin (Sarthe) ; Louis Guibal, bâtonnier à Montpellier; Jean Guiraud (Doubs), président de l'Union des Associations catholi ques de chefs de famille; comte Pierre de Kergorlay, ancien député, conseiller général de la Haute-Loire ; G. de la Guillonnière, conseiller général du Maine-et-Loire; Joseph Lucien-Brun, avocat,
Lyon; Paul Nourrisson, avocat à la Cour d'appel de Paris: marquis d'Oncieu de la Bâtie, conseiller général, président de la Fé" dération catholique de la Savoie ; comte d'Osseville, conseiller général de la Manche; A. Souchon, président de l'Union catholique delà Haute-Loire; de Vauplane, ancien bâtonnier, à Tours. Membres du Comité : Général Allard, Paris ; Alexandre Ameye (Indre); J. d'Arbaumont, vice-président du Comité de l'Union catholique de la Haute-Loire ; René de Bantel (Aube); Victor Bérard (Rhône); André Besson, Paris; commandant Bignon (Tarnet-Garonne); Joseph Boudon (Indre-et-Loire); marquis de Chanaleilles, conseiller général (Loiret); Joseph Ghesnelong (Basses- Pyrénées) ; comte Léon Costa de Beauregard (Savoie) ; René Couteau, avocat (Vendée); Adolphe Deledicque, Paris; Delom de Mézerac, avocat à la Cour d'appel de Paris; vicomte de Fontanges, Paris; Paul Fontant, avoué à la Cour (Vienne); de Gary (Haute-Garonne) ; Gustave Gautherot, professeur à l'Institut catholique de Paris; Marcel Gayet, avocat, président de la Fédération du Nord des chefs de famille catholiques (Nord); Louis Gélinet, Paris ; comte Arnaud de Gironde, conseiller général du Lot-et-Garonne ; L. Guillouard (Calvados); Edmond Hugues, avocat (Hautes- Alpes); Emile Jouitteau, conseiller municipal de Tours, président de la Fédération catholique d'Indre-et-Loire; François Keller, Paris ; Jean Keller (Indreï; comte Jean de Kergorlay (Manche) ; vicomte de Kervenoaël, conseiller général, président de la Fédération départementale des Associations des chefs de famille (Vendée); Jules Labat-Martinelli, avocat (Lot-et-Garonne) ; Louis de la Groudière, ancien officier (Manche); général de Lanouvelle, Paris; commandant de Larminat (Loire-Inférieure); Le Fur (Calvados); René Le Marois (Manche) ; J oseph L'Hôpital (Eure); baron de Luxolière-Bellussière, président de la Fédération des Associations catholiques des chefs de famille de la Dordogne ; commandant Paul Machart (Cher); Joseph Malzieu, avocat, au Puy, secrétaire général de l'Union catholique de la Haute-Loire; comte Mathéus, Paris; Miron de l'Espinay (Loir-et- Cher); Nicot, conseiller municipal de Tours; Jules Parias, industriel (Charente-Inférieure); François Perrio (Côtes-du-Nord) ; colonel comte de Ramel, Paris ; Antoine de Rozières, ancien conseiller
général des Vosges ; vicomte de Saint-Pierre (Indre-et-Loire; ; Sautier-Thyrion, président de la Fédération départementale des Associations de chefs de famille de la Haute-Savoie ; Louis Vadier, avoué, conseiller d'arrondissement des Deux-Sèvres; de Verdon, avocat (Cher); François Veuillot, Paris; marquis de Willermont, chef de bataillon en retraite (Cher); Paul Zeller, ingé" nieur civil (Vosges).
Adresse du secrétariat de l'Union des catholiques, 44, boulevard des Invalides, Paris, VII'.
5 mai et 5 juin 1914.