‹ Les Luttes présentes de l'Eglise (volume 3)Chapitre 13 sur 52 · DÉCLARATION DES ALLIES MESSAGE PONTIFICAL · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DES ALLIES MESSAGE PONTIFICAL

mation qu'il vient d'adresser à souffrances endurées, spéciases armées. lement pendant la guerre

actuelle, doivent justement concilier les sympathies des nations.

Sauf sur la Pologne, V ancien royaume de Pologne démembré par la Russie, la Prusse et l'Autriche, question où le message pontifical est beaucoup plus explicite que la déclaration des Alliés, il est indubitable que la note diplomatique de Benoît XV va généralement moins loin que la réponse adressée par les puissances de l'Entente au président des États- Unis. D'ailleurs, ce n'est pas merveille, puisque le message pontifical est une offre de médiation, émanant d'une puissance étrangère au conflit, et proposant aux deux groupes de belligérants les bases d'un accord préliminaire en vue de la paix générale, tandis que la réponse des Alliés à M. Wilson formule les revendications collectives de l'un des deux groupes de nations en armes. Néanmoins, à parler de bonne foi, n'est-il pas manifeste que, presque toujours, les propositions romaines sont extrêmement voisines des revendications exprimées par les puissances de l'Entente et que, dans les deux documents, se traduisent des préoccupations concordantes? S'il en est ainsi, ne ferait-on pas preuve de bon sens, de droiture, d'habileté même, en accueillant avec sympathie les ouvertures pacifiques du Saint-Siège et, avant d'écarter (si les objections paraissent insolubles) le projet actuel de médiation, en réclamant

avec respect des précisions, les modifications, les compléments qui seraient regardés comme nécessaires à chacun des articles proposés? Quoi qu'il en soit du résultat, nous croyons que l'on devrait agir d'après une telle méthode, au lieu de se voiler la face en poussant des clameurs d'indignation.

Reste le paragraphe sur la liberté et la communauté des mers, que l'on attribue sans hésiter à l'influence germanique. Assurément, cette proposition peut prêter aujourd'hui à des objections raisonnables. Que les diplomates de l'Entente les énoncent avec franchise et netteté, selon le désir et l'invitation du Pontife. Mais, du moins, que l'on ne commette pas d'erreur ni de confusion sur l'origine de la revendication litigieuse. N'attribuons pas à l'empereur Guillaume II ce qui appartient au président Wilson : car c'est au message historique du président des États-Unis, en date du 22 janvier 1917, que Benoît XV a emprunté, presque textuellement, la revendication de la liberté et de la communauté des mers comme l'une des conditions d'un meilleur avenir pour la justice dans les rapports mutuels des nations et pour la paix du monde. Une fois encore, nous allons recourir à la méthode des colonnes parallèles. Elle nous montrera l'inanité de l'un des griefs les plus répandus contre le Saint-Père : avoir reproduit, sur ce point, une proposition allemande, alors qu'il reproduit simplement les suggestions d'un chef d'Etat neutre qui était sur le point d'adhérer au parti des Alliés.

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