EXTRACTION DU CRISTALLIN LUXÉ
Nous étudions en premier lieu l’extraction du cristallin dans la chambre antérieure, parce que c’est là l’opération la plus simple qui se trouve le mieux à portée de l’opérateur. Nous commencerons par là aussi, parce que c’est à ce type opératoire que l’on doit tou— jours essayer de revenir, si le cristallin est luxé en arrière de liris ou dans le corps vitré. La position genu antibrachiale suffit la plupart du temps à réaliser la chute du cristallin dans la chambre antérieure et à le maintenir à cette place.
Instruments. — Ce sont ceux nécessaires à toute kératotomie (nous passons sous silence tout ce qui est utile pour réaliser l’asepsie du champ opératoire). Le couteau de Graefe nous parait préférable à la pique, car on peut tout aussi bien mesurer la grandeur de son incision sans risquer de déplacer le cristallin comme pourrait le faire la pique. En outre, celle-ci plie parfois, demande une certaine force et une certaine pression sur l’œ1l, Mais ce sont là questions de convenances personnelles et l'opérateur se servira de
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l'instrument qui lui est habituel pour les kératotomies, de celui qu’il a le mieux en main.
Le crochet du professeur Rollet sera ensuite utilisé. Une seule grandeur nous parait suffisante pour tous les cas que le cristallin soit près ou loin, qu’il soit en entier ou fragmenté.
On aura également tout ce qui est nécessaire à une iridectomie : pince, ciseaux et tout ce qu'il faut pour réduire une hernie de l'iris au cas où elle viendrait à se produire.
Depuis longtemps déjà, l'emploi du blépharostat est déconseillé à cause de la pression qu’exerce cet instrument sur le globe. Il parait, en effet, plus naturel d'employer un écarteur des paupières que l’on fera tenir par un aide expérimenté. Mais au cas où cet aide viendrait à manquer, on en sera réduit à employer le blépharostat avec tous les risques qu'il fait courir, quitte à l’enlever sitôt l’incision cornéenne faite.
De même, il sera bon d’avoir sous la main une seringue avec un choix d’aiguilles très stérilisées au cas où, opérant sur un œil un peu hypertendu, on aurait peur d’une expulsion en masse du vitré. La ponction sclérale, suivant la technique de Cerise, permet de diminuer à volonté la tension intraoculaire, d'agrandir la chambre antérieure d’une façon pour ainsi dire mathématique.
Un photophore électrique est toujours nécessaire. Nous winsisterons plus sur l'éclairage pendant l’opé— ration. Tout le monde sait qu’il doit être latéral et ainsi apparaitra mieux le cristallin au cas de transparence.
Position du malade et des aides. — Le malade, quand le besoin en est reconnu, est mis en position genu antibrachiale, c’est-à-dire que, monté à genou sur la table d’opération, il s’appuiera en avant suivant ses convenances, soit sur ses mains, soit sur les avantbras. Cette dernière position parait donner plus de stabilité au malade. Au cas où la table d’opération par sa complexité ne permettrait pas cette position, il suffit d'installer le malade sur n'importe quelle table pourvu qu'elle soit complètement immobile, de hauteur moyenne et que la tête dépasse toutentière le bord.
Il ne sera pas trop de trois aides pour maintenir le malade, mais nimporte quel infirmier peut tenir ces postes et ce n’est pas une bien grande complication. Deux seront mis de chaque côté du malade autant pour le maintenir que pour le rassurer, car, surtout chez les vieillards, il n’est pas rare de rencontrer une certaine répugnance à prendre cette position un peu imsolite pour un acte opératoire sur les yeux.
Le troisième aide se placera à hauteur des épaules du malade. Son rôle est surtout de maintenir la tête du malade, pour lui éviter de la fatigue, pour l’empêcher d'accomplir des mouvements intempestifs et pour donner, suivant les indications, les inclinaisons voulues qui pourront varier au cours de l'opération. Cet aide se placera, suivant les indications de l’opérateur, du côté opposé à l’œil opéré, Nous verrons qu'il pourrait, s'il ne le faisait, gêner l’opérateur. En tout cas, il pourra avec son coude serrer encore le malade contre son aisselle et assurer ainsi l’immobilité du patient.
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Position de l'opérateur. — Celui-ci prendra une place différente suivant qu'il s’agit de l'œil droit ou gauche. Ceci se comprend à cause de la saillie du nez qui empôche de faire Pincision cornéenne dans certaines positions. Mais le malade ayant la face dirigée en bas, l’opérateur aura les positions mverses de celles qu’il occupe alors que le malade est étendu sur le dos.
Pour l'œil gauche, 1l sera assis exactement en face de son malade, un peu en dessous de lui; les pieds de l'opérateur sont dans la même direction que ceux de l’opéré. L'opérateur pourra s'asseoir soit sur un tabouret ordinaire, soit sur une chaise à dossier sur laquelle il s’étendra légèrement, ce qui lui permettra d’opérer avec un peu plus d’aisance dans une position difficile et fatigante. Si besoin est, il pourra ordonner de relever la tête du malade de facon à ce que ce dernier regarde en face de lui et, à ce moment, l'opération pourra être continuée debout.
Pour l’œil droit, l'opérateur sera à droite de son malade, toujours assis légèrement en dessous de lui, mais les pieds dirigés dans le sens opposé à celui de ceux de l’opéré. Une fois la kératotomie faite, l’opérateur gardera à son gré la position qui lui convient . le mieux.
Maintenant que nous nous sommes bien entendus sur la position à donner au malade dans certains cas, sur les instruments à employer, nous allons étudier l'extraction de ce cristallin en le supposant tout d’abord fixe puis mobile, dans ce dernier cas, s’échappant non seulement dans la chambre antérieure, mais aussi dans le vitré.
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