EXTRACTION DU CRISTALLIN SUPPOSÉ FIXE DANS LA CHAMBRE ANTÉRIEURE
Avant tout acte opératoire l'opérateur doit avoir parfaitement repéré son cristallin, son emplacement et sa position, car de cela dépendront lincision et la manœuvre du crochet. Ces deux choses étant connues, on pourra faire étendre le malade sur la table d'opération comme pour une intervention ordinaire : on est sûr que le cristallin fixe gardera sa position.
On procédera à l’anesthésie qui sera toujours une anesthésie locale. On peut, pour cela, employer la méthode préconisée par le professeur Rollet qui donne une anesthésie non seulement de la cornée, mais aussi une anesthésie très suffisante de l'iris. On fait une première instillation de cocaïne à 10/100, c’est-à-dire d’une solution très forte, environ trente minutes avant l'intervention. |
Au bout devingtminutes, deuxièmeinstillation d’une solution faible qui permet de faire l’asepsie du champ opératoire, laver les paupières et la conjonctive sans que le malade le ressente le moins du monde. Enfin, au moment de l’incision cornéenne, troisième et der— mère instilation avec la solution faible.
L’incision sera faite au couteau de Graefe ou à la pique le plus près possible du cristallin. La grandeur de cette incision sera calculée de manière à laisser passer un peu plus que le cristallin, mais elles n’excèdent que de 2 ou 3 millimètres son grand diamètre, car le crochet ne demande que très peu de place.
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Ceci est fait si l’on craint une issue de vitré; au cas contraire, on pourra faire, pour plus de commodité, une grande imcision, par exemple la moitié de la cornée.
Il sera bon de faire cette imcision très lentement, de laisser le couteau ou la pique dans la plaie pendant que s'échappe l’humeur aqueuse. On ne sait jamais très exactement quel est l’état du vitré et une décompression brusque de la chambre antérieure peut amener une issue de ce vitré qui sera évitée au cas où l’on laisserait l’humeur aqueuse s’écouler pendant deux ou trois minutes.
Ceci fait, on va avec le crochet à la recherche du cristallin. Il faut saisir celui-ci par un de ses pôles et on doit toujours manœuvrer de manière à piquer dans le pôle postérieur. Z7 faut prendre le cristallin par le dos et non par le ventre. C’est là un principe donton ne devra sous aucun prétexte se départir. En effet, prend-on le cristallin par sa face antérieure, rien ne le soutient en arrière, il déprime facilement liris et risque d’aller, ses adhérences ayant été rompues, se perdre dans le vitré. Au contraire, le prend-on par le dos, on tend à le coincer entre le crochet et la cornée, plan résistant qui permet, en exerçant une légère pression, de bien enferrer le cristallin. On le tient done par une prise solide et on n’a qu’à le faire glisser contre la face postérieure de la cornée et à l’extraire doucement. On peut exercer une certaine force (très relative, c’est entendu) qui permet de rompre les adhérences. A la rigueur il serait loisible de commencer par mobiliser le cristallin par de petites secousses dans tous les sens et, l’ayant ainsi complè-
re tement libéré de toute attache, de l’extraire sans risquer d’en laisser des fragments.
La plus grande prudence doit être déployée, car on risque d’entrainer l'iris trop bien fixé au cristallin et même de faire une iridodialyse. Au cas de trop fortes adhérences, 1l sera bon de les rompre au ciseau, sinon de faire carrément une iridectomie.
Les suites opératoires sont habituellement des plus simples ; on donne les mêmes soins qu’après une cataracte.
Quelques petits accidents peuvent se produire cependant.
Les adhérences trop faibles se rompent au moment de l’incision et le cristallin disparait dans le vitré. On pourrait, prévoyant cela, Instiller un myotique d’une manière préventive. Mais si l’iris sans soutien est une bien faible barrière pour le cristallin, il est aussi un rideau bien gênant pour l’opérateur quand le cristallin . est derrière lui. Et même, malgré la position genu antibrachiale, on risque de ne pas revoir son cristallin ; aussi est-il plus simple de ne pas instiller de myotique, car la pupille, légèrement dilatée par la cocaïne, laissera passer le cristallin d’arrière en avant quand on aura fait mettre le malade dans une position genu antibrachiale.
Le cristallin se fragmente. Il faut alors faire asseoir le malade, le plus doucement possible, sans effort, pour éviter la chute en arrière des fragments et on les extrait les uns après les autres avec le crochet, par des pressions douces de massage de la chambre antérieure.
Gr: 49 Fe Que le cristallin soit transparent ou non, l'opération w’offre n1 plus ni moins de difficulté, car il est facile de voir un cristallin dans la chambre antérieure avec l'éclairage latéral qui doit toujours être employé.