‹ Les Luxations isolées du Scaphoïde tarsienChapitre 15 sur 21 · DIAGNOSTIC CLINIQUE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC CLINIQUE

Nous avons déjà signalé que le diagnostic clinique de la luxation double était très difficile à faire sans un cliché radiographique. Cependant on peut y arriver si l’on examine le blessé soit immédiatement après l’aceident, soit beaucoup plus tard, quand la lésion a été méconnue au début. En effet, ce qui retire beaucoup de leur valeur aux symptômes cliniques c’est le gonflement très marqué qui apparaît aussitôt après la blessure. Cet œædème est dû à l’hémorragie qui accompagne en général la lésion et il ne permet pas de se rendre compte de la configuration du pied. Nous allons en premier lieu étudier les symptômes cliniques de la luxation double du scaphoïde tarsien,

A. SYMPTOMATOLOGIE

Au début le blessé accuse de vives douleurs à la partie interne de l'articulation de CHOPART, douleurs accrues par la pression et la mobilisation. Il ne peut ni marcher ni se tenir sur son pied.

1° Inspection du pied.

a) Le pied se présente habituellement très gonflé. La tuméfaction est générale et on remarque des ecchymoses de siège extrèmement variable.

b) On note en général un raccourcissement du bord interne du pied, raccourcissement d’environ un centimètre, un centimètre et demi. C’est un symptôme de grande valeur mais qui cependant fait parfois défaut. Dans le cas rapporté par GANGLER, ce dernier nous signale qu’il a constaté, au contraire, un allongement de ce bord interne.

c) La position du pied est caractéristique : légère extension avec abduction de l’avant-pied sur l’arrièrepied. On constate également un abaissement de la pointe.

d) La voûte du pied paraît un peu exagérée et il y a un léger degré de varus.

e) Si l’on a l’occasion de voir le pied immédiatement après l’accident, ou, dans le cas contraire, quand le gonflement a diminué, on constate, en avant de la malléole interne, une saillie anormale soulevant la peau qui est à cet endroit luisante.

f) Enfin symptôme plus inconstant : tendue sur cette saillie comme une cerde de violon sur un chevalet,

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on peut voir une corde tendineuse qui est soit le tendon du jambier antérieur, soit le tendon de l’extenseur propre du gros orteil.

2° Palpation du pied.

a) Recherchons, par la méthode de FARABEUF, ce point de repère si nrécieux qu'est le tubercule du scaphoïde : a sa place on trouve une dépression et ceci est un symptôme capital. Derrière cette dépression on peut sentir la tête de l’astragale.

b) Examinons cette saillie anormale du bord supéro: interne du pied que nous avons remarquée à l’inspection : elle est très dure, osseuse, allongée dans le sens transversal, lisse et arrondie. Elle est douloureuse à la palpation et devant elle on trouve une dépression profonde. C’est le scaphoïde. Au début, il est mobile, mais se fixe très rapidement. Quand il est possible de mobiliser le scaphoïde, cette manœuvre provoque de la crépitation en l’absence de toute fracture. Ceci est dû au cartilage recouvrant l’os qui vient frotter contre les ligaments et les os voisins.

En examinant le scaphoïde, on sent une saillie à son niveau : c’est le tubercule du scaphoïde qui se trouve beaucoup plus rapproché de la malléole interne que du côté sain.

3° Recherche des mouvements du pied.

a) Mouvements actifs.

Au niveau de l’articulation tibio-tarsienne, les mourvements actifs sont douloureux et la flexion est gênée.

CV tE

Au niveau de l'articulation de CHOPART, l’adduction, la rotation sont douloureuses. Parfois le blessé ne peut les réaliser.

b) Mouvements passifs.

Les mouvements passifs sont également douloureux et de peu d’amplitude.

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