LA MÉTHODE CONSERVATRICE
Reposition non sanglante du scaphoïde. Elle ne peut évidemment s'appliquer que dans les cas récents et encore faut-il qu'il n’y ait pas interposition de ligaments entre l’astragale et le massif cunéen.
Comment va se faire cette reposition ?
. BoEKEL nous l’indique de façon très claire. Le malade étant anesthésié, un aide exerce sur l’avant-pied une forte traction vers le bas tout en le mettant en abduc-
tion. Cette traction a pour résultat de relâcher le jambier postérieur et d’élargir l’espace astragale-cunéiformes. Un autre aide fait la contre-extension sur le talon.
Le chirurgien presse sur le scaphoïde dans un sens défini par la variété de luxation à laquelle il a affaire. Il perçoit alors un bruit distinct et a l'impression d’un ressaut ; le scaphoïde est rentré dans sa loge.
Il faut à ce moment maintenir la réduction dans un appareil plâtré. C’est là le point le plus difficile de la méthode, car le scaphoïde a toujours tendance à ressorür de l’espace astragalo-cunéen. On maïntiendra la réduction jusqu'à ce que le plâtre soit sec et on s’assurera par la radiographie que le scaphoïde reste bien en place. Il ne faudra pas permettre trop tôt l’usage du pied de crainte soit d’une récidive, soit d’un pied plat traumatique. En cas de récidive la réduction orthopédique n’est plus guère à envisager à cause des travées fibreuses qui ont déjà pu se former entre le scaphoïde et les os voisins.
Cette méthode qui a été appliquée dans notre observation personnelle nous a donné un excellent résultat.