MÉTHODES OPÉRATOIRES
A) Reposition sanglante du scaphoiïde.
Quand la reposition orthopédique n’est pas réalisable, on peut essayer de faire une reposition sanglante. Cette méthode consiste à pratiquer sous anesthésie générale une incision au niveau de la saillie anormale, à la jonction du dos du pied et de la face interne. On trouve immédiatement le tendon du jambier antérieur qu’on
ir
charge sur un écarteur. On libère le scaphoïde des débris ligamentaires empêchant sa réduction et on le remet en place. On referme et on immobilise dans un appareil plâtré.
Cette méthode a provoqué les critiques de certains auteurs au sujet d’une nécrose de l’os pouvant résulter de l’opération. FINSTERER écrit à ce sujet : « On n’a pas à craindre une nécrose de l’os puisqu'il reste toujours assez de connexions ligamentaires pour qu'après fermeture de la blesure, l’os puisse trouver sa nourriture ».
D’autres auteurs ont essayé de compléter cette méthode et d’empêcher le scaphoïde de ressortir de sa loge après réduction en le clouant sur l’astragale. Cette méthode employée par GOEBEL n’a pas donné un bon résultat. Il y a eu suppuration et fonte totale du scaphoïde.
B) Scaphoïdectomie.
Préconisée par QUENU, cette méthode a, actuellement, comme meilleurs défenseurs les auteurs de l’école allemande.
DEUTSCHLANDER, BAEHR signalent que la méthode orthopédique leur a donné des échecs alors que la scaphoïdectomie leur a permis d’obtenir d’excellents résultats fonctionnels.
Cette opération est simple. On pratique la même incision que pour une reposition sanglante, on écarte le tendon du jambier antérieur et on aperçoit le scaphoïde. On le libère de toutes ses attaches et on l’extirpe.
En général la guérison se fait sans complications, Le résultat fonctionnel est bon : marche sans gêne et sans
SNA
fatigue. Il est assez fréquent de remarquer une légère déformation du pied ‘consistant en un léger aplatissement de la voute plantaire. une légère tendance à l’adduction de l’avant-pied et un raccourcissement de 1 cm. environ du bord interne du pied. A la place du scaphoïde, on ne sent habituellement pas de perte de substance. Les partisans de cette méthode, tel GANGLER, présentent un argument en sa faveur : une reposition orthopédique ne fait que remettre les os à leur place respective, mais, au point de vue fonctionnel, l’arche portative est interrompue. Ils préfèrent par conséquent enlever un os qui est susceptible de causer des troubles par la suite, par exemple, de présenter des troubles trophiques. Nous préférons la méthode orthopédique car le résultat qu’elle nous a permis d’obtenir est excellent au point de vue fonctionnel. Elle ne présente pas le risque que comporte toujours une intervention sur une articulation. Enfin notre blessé ne présente aucune déformation du pied ce qui n’est pas le cas pour la plupart des scaphoïdectomies ainsi que nous l’avons signalé précédemment. |