SN ARE
ler l’affection que l’on traite pour du rhumatisme articulaire aigu franc.
Nous croyons qu’on donne au rhumatisme articulaire aigu, dans ces statistiques, une première place qui ne lui revient pas.
Nous avons alors parcouru plusieurs traités de médecine ayant trait à cette maladie infectieuse et nous avons spécialement porté notre attention sur ses formes cliniques et son évolution. Voici brièvement exposé le résultat des recherches que nous avons orienté dans ce sens :
Nous nous sommes d’abord adressé au Zraité clinique du rhumatisme articulaire que Bouillaud fit paraître en 1840. Cet auteur y mentionne la possibilité des luxations : « Au lieu d’être contiguës et mobiles comme à l’état normal, les surfaces articulaires peuvent contracter entre elles des adhérences générales ou partielles. Elles sesoudent,s’ankylosent à la manière de deux surfaces ulcérées mises en contact. Selon les diverses conditions ou les divers accidents de ces unions anormales, les articulations offrent extérieurementdifférentessortes dedéviations ou de contorsions. Dans quelques cas il tend à se produire et il se produit même soit des luxations incomplètes, soit des luxations complètes. »
Le Traité de pathologie interne de Baltazar ne fait aucune mention semblable dans l’évolution des lésions articulaires du rhumatisme aigu.
Au chapitre des formes cliniques du rhumatisme articulaire aigu, Enriquez en fait l’énumération :
ms 0 =
Rhumatisme abortif, rnumatisme franc, rhumatisme grave, et enfin rhumatisme prolongé. Cette dernière forme, de beaucoup la plus grave par sa persistance, ses rechutes fréquentes, serait celle qui devrait pré disposer le plus aux dégâts articulaires, à la luxation. Or, cette auteur est affirmatif dans son opinion à ce sujet : « au moment de la guérison les douleurs disparaissent rapidement ainsi que les fluxions. Il per- ‘ siste pendant quelques jours à peine un peu de tuméfaction et d’éendolorissement. Æn aucun cas on ne constate ni suppuration, ni ankylose ».
H. Barbier soutient que l’évolution des arthrepathiés dans le rhumatisme articulaire aigu est le plus souvent bénigne. Les formes graves et prolongées qui sont la cause des séquelles les plus importantes laissent au plus après elles des raideurs articulaires, de la douleur dans les mouvements, et parfois une ankylose. Celle-ci encore ne s’observe que dans les cas gravés à récidives articulaires prolongées et principalement dans les articulations ayant des mous vements normaux limités (poignet, colonne vertébrale). Cet auteur ajoute que « le rhumatisme dans sa localisation articulaire prend le malade intact et lé laisse intact dans l'immense majorité des cas ». Il n'est nullement question de luxation, ni même de possibilité de luxation, comme conséquence proche où éloignée de cette maladie infectieuse.
Grenet dans le Traité de pathologie interne de Ser: gent, nous dit qu’à la suite du rhumatisme articulaire il persiste quelquefois des raideurs au niveau des ar-
NOT ee
ticulations atteintes, maisces manifestations, ajoutet-il, sont peu fréquentes. Et plus loin nous relevons ce passage : «le rhumatisme articulaire aigu seul laissé à sa suite quelques raideurs localisées et un large gunflèment pendant quelques semaines, mais il né produit jamais d’ankylose vraie et peu à peu tout rentre dans l’ordre ». La luxation n’est à aucun moment envisagée.
Gilbert et Fournier n'envisagent point non plus la complication que nous étudions dans les séquelles ni dans l'évolution du rhumatisme articulaire. Avec Grenet par contre ils nous mettent en garde,lorsqu’on se trouve en présence d’un rhumatisme bâtard chez un individu paraissant en bonne santé, de porter à la légère le diagnostic de rhumatisme franc sans avoir auparavant éliminé le rhumatisme gonococcique. | Widal et. May dans leur Traité du rhumatisme articulaire n’envisagent à aucun moment la luxation pathologique. Ils mentionnent seulement des raidéurs articulaires et des tuméfactions articulaires pouvant persister pendant quelque temps.
Pour Bezuncon les récidives seraient les seules manifestations articulaires auxquelles seraient exposées les articulations.
Collet dans son Nouveau Traité de Pathologie interne ne parle, luiaussi, que deraideurs articulaires et de récidives possibles pour avenir des rhumati-
sants.
Je citerai aussi l'opinion de Halbron : quelques
reprises articulaires sont possibles et montrent que l'affection n’est pas terminée : et il ajoute : «il n’y a jamais de séquelles articulaires ».
Enfin, Proca et Monod envisagent cependant la possibilité de la luxation : cette évolution, poureux, très rare à la hanche, serait exceptionnelle aux autres articulations.
Sur le nombre des auteurs que nous avons consulté, seuls, Bouilland et Broca prétendent que la luxation pathologique peut s'observer dans le rhumatisme articulaire aigu.
Tous les autres auteurs, au contraire sont d'accord pour affirmer que cette affection, dans sa localisation articulaire, laisse au plus après elle des raideurs, des douleurs, une légère limitation des mouvements et au maximum dans les formes graves à récidives, une ankylose plus ou moins prononcée.
ILest alors curieux de rapprocher les statistiques que nous avons reproduites sur les rôles respectifs des maladies infectieuses dans l’étiologie des luxations pathologiques. Nous nous rappelons en eflet que pour la grande majorité des auteurs qui se sont occupés de cette question le rhumatisme articulaire aigu s'y dispute la première place avec la fièvre typhoïde,
Il y a là une invraisemblance qui vient confirmer l'hypothèse que nous émettions plus haut. Il est
probable, disons-nous, que dans de nombreux cas
les luxations dites consécutives à un rhumatisme articulaire aigu relèvent de pseudo-rhumatismes infectieux.
Or il ressort de nos observations que le rhumatisme articulaire blennorragique produit des luxations pathologiques beaucoup plus souvent qu'on ne le suppose.
D'autre part la ressemblance de la symptomatologie du rhumatisme franc avec le rhumatisme gonococcique peut, on le conçoit, prêter à confusion entre ces deux affections.
Dès lors nous pensons que nombre de luxations attribuées au rhumatisme articulaire aigu sont le fait de rhumatismes pseudo-infectieux et parmi ceux-ci c'est au rhumatisme gonococcique, pour les raisons que nous avons invoquées, que doit revenir la plus large part.
De plus les arthrites que déterminent ce dernier produisent dans les articulations intéressées des lésions que nous avons décrites et qui peuvent parfaitement provoquer la luxation pathologique. Si nous nous souvenons en effet de la pathogéniede ces luxations nous croyons que le chapitre de l’anatomie pathologique des arthrites gonococciques rassemble les éléments indispensables à la luxation : lésions de la synoviale, des liens élastiques articulaires. N’avons-nous pas relevé dans un cas d’arthrite gonococcique une destruction du ligament rond?
Nous y trouvons aussi à un degré qu'on n’a jamais remarqué dans le rhumatisme franc, des