‹ Les Luxations Pathologiques dans les Arthrites BlennorrhagiquesChapitre 14 sur 17 · MAT · texte numérisé non relu

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tiques antigonocciques, a entraîné, malgré le plâtre, une

luxation pathologique.

OBSERVATION XVI (Guinard) (Résumée dans le rapport de M. Mondor).

Guinard avait confié à Bris pour sa thèse l'observation d’une jeune femme de 21 ans qui trois semaines après son mariage, fait une arthrite de la hanche. Le mari « n'avait plus qu’une goutte de temps en temps après les excès ». On immobilise la malade dans un plâtre du 4 octobre au 23 novembre. Les douleurs cessent, mais quand on enlève le plâtre le membre est fléchi et en abduction. La malade est difforme et infirme pendant tout l’hiver. Guinard la voit en juin, préconise le redressement forcé sous anesthésie. En le pratiquant, tout à coup un craquement de fracture. L’ankylose a résisté mais il s’est fait une fracture sous-trochanté-

rienne.

Sept cas de. luxations consécutives à la coxite aiguë blennhorragique,

Kônig que nous avons consulté, rapporte 20 cas de coxite aiguë blennorragique au cours desquels il constata sept fois la luxation. Bien que n'ayant aucun détail à leur sujet, nous releyons cependant la proportion importante des luxations dans la coxite qui d’après la statistique de cet auteur atteint le chiffre imposant de 35 9%, Ces cas concernent tous des adultes.

ROLE DES ARTHRITES BLENNORRHAGIQUES DANS L'ÉTIOLOGIE DES LUXATIONS PATHOLOGIQUES

Nous nous proposons dans ce chapitre de reproduire l’opinion des principaux auteurs qui se sont occupés de luxations pathologiques, sur l'importance du rôle étiologique qui revient à chacune des maladies infectieuses les plus souvent invoquées.

C'est Verneuil qui en 1883 mit en relief les luxations subites au cours des maladies infectieuses et nous releyons dans la communication qu'il fit à la Société de chirurgie 8 observations de luxations pathologiques :

Quatre d’entre elles reconnaissent pour cause le rhumatisme articulaire aiguë ;

Deux, un rhumatisme pseudo-infectieux ;

Une, la fièvre thyphoïde ;

Une, concerne un malade entré avec une luxation ancienne de la hanche et dont la cause n’est pas indiquée.

L'opinion de Verneuil se traduit par l’avertissement qu’il donne de surveiller plus qu’on ne le fait l'attitude des membres au cours du rhumatisme articulaire aigu, de corriger les positions vicieuses dès qu’elles apparaissent, surtout quand elles semblent être par elles-mêmes la source de douleurs. C'est préconiser l’immobilisation. Cette opinion ne fait que commenter la statistique que je viens de rapporter puisque le rhumatisme articulaire aigu figure pour 50 % dans l’étiologie des luxations qu'il rapporte.

En 1886, Forgue et Maubrac dans un large exposé sur les luxations pathologiques en général passent en revue les causes les plus fréquentes pouvant les déterminer.

Les arthrites rhumatismales sont citées au premier rang et celles que cause la fièvre typhoïde viennent ensuite. Pour ces auteurs la fréquence de la luxation au cours du rhumatisme franc s’expliquerait par l'intensité des troubles musculaires auxquels

ils attribuent le rôle principal dans la pathogénie de cette complication.Dans aucune maladie des articu-

lations l’atrophie musculaire n’atteindrait un tel degré.

Un court chapitre est consacré aux arthrites infectieuses parmi lesquelles ils citent : la pyohémie, les fièvres éruptives et l'ostéomyélite, sans réserver aucune mention à la blennorragie. |

Sainton dans la Revue d'orthopédie de 1892 au sujet des luxations subites de la hanche range par

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ordre de fréquence les maladies infectieuses capables de les produire. C’est dans cet ordre qu'il les cite : Fièvre typhoïde, rhumatisme articulaire aigu, SCarlatine, rougeole, diphtérie et varicelle. Comme dans les statistiques qui précèdent nous notons qu'aucune observation de luxation consécutive à la blennorragie n'y est relatée.

La thèse de Champenois (Lille, 1893-1894) nous donne la statistique suivante des luxations patholo-

giques au cours des maladies infectieuses qu'il a

rassemblées :

Rhumatisme articulaire aigu............ © LOS EN PRO Ne ne cet SNS TD Scarlatine........ HET CEE PERTE 0 PR ULO

Dans plusieurs observations ayant trait au rhumatisme articulaire que nous avons parcourues il nous a semblé que l'allure clinique de la maladie pouvait supporter que l’on critiquât l'étiquette de rhumatisme franc. Nous serions tenté d'y substituer celle de pseudo-rhumatisme infectieux en faisant remarquer que parmi ceux-ci une recherche minutieuse et persévérante eût peut-être permis d'identifier la “nature de l'infection causale.

Le gonocoque en particulier dont il est fait abstraction aurait peut-être pu se trouver alors représenté dans une statistique où ilne figure nullement.

En 1894, Kirmisson dans un rapport qu'il fit à la Société de chirurgie de Paris cite un cas de rhuma-

tisme articulaire aigu généralisé qui fut suivi d'une

luxation de la hanche, A ce propos il nous dit aussi son opinion sur l’étiologie des luxations pathologiques :

« C’est au cours de la fièvre typhoïde,de la scarlatine et du rhumatisme articulaire aigu que se produisent surtout ces déplacements subits, »

Nous citerons aussi Widal qui, en 1895, à la suite de l'observation de luxation pathologique du radius chez un blennorragique rappelle les principaux travaux qui ont été faits sur les luxations spontanées. k

I] ditn’avoir trouvé aucun autre exemple d’arthrite blennorragique suivie de luxation dans la littérature et considère son observation comme un cas exceptionnel, tant au point de vue de la localisation qu’au point de vue de la cause qui l’a déterminée : l’arthrite blennorragique.

Le rhumatisme articulaire aigu serait à son avis la cause la plus fréquente de ces variétés de luxations.

Nous en arrivons aux travaux de Degez(1898-1899) sur les luxations subites au cours des maladies infectieuses ;

La fièvre typhoïde seraitla cause la plus fréquente de cette affeciion, suivie de près par le rhumatisme articulaire aigu.

Puis viennent par ordre d'importance décroissante : la scarlatine et la variole.

« Avec la blennorragie, la grippe, l’érysipèle, ajoute-il, nous tombons dans la rareté, » Voici

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d’ailleurs la statistique des 80 cas qu'il a pu réunir et où

La fièvre typhoïde a été en cause. 39 fois Le rhumatisme articulaire aigu.. 94 —

Daseariatinn 25.0, Lt , 13 — LA YATIDIO, 6. ce RS ONE à te Lablnnorrdgie. 27,0 3 — EABTIDNO ed Te Rte es 2 — ORPI NAIL let 1 — L’empyème...... TN RO PIC I — Les fièvres éruptives.....,.....,. 1 —

soit une proportion

Pour la fièvre typhoïde........... M AO Pour le rhumatisme articulaire aigu.. 30 % Pour la blennorragie............... 3,55 %

Phocas dans la (Gazette des Hôpitaux se range à cette opinion et reproduit l’ordre de la précédente statistique quant aux trois maladies infectieuses qui tiennent les premières places. Aucune mention de l'arthrite blennorrhagique n’y est faite,

En 1920, Flament étudie dans sa thèse les luxations pathologiques de la hanche dans la seconde et la première enfance consécutives aux maladies infectieuses aiguës.

Nous avons parcouru ce travail en entier et nous y relevons la statistique des maladies aiguës ayant provoqué les luxations qui y sont rapportées ;

Ostéomyélite. 2... des sendes 6

Pneumocoeele.................,.0 2 BAADIAHINE M tea er abus si Sp I

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De l’ensemble de ces statistiques il ressort nettement que pour la grande majorité des auteurs, parmi les maladies infectieuses, trois d’entre elles, par les arthrites qu’elles déterminent, entrent surtout en . cause dans l’étiologie des luxations pathologiques :

Ce sont d’abord le rhumatisme articulaire aigu et la fièvre typhoïde, sans qu’on puisse d’après le travail qui précède attribuer la première place à l’une ou l’autre de ces deux maladies.

La fièvre scarlatine vient ensuite, réunissant un nombre de cas de beaucoup inférieur. Comme nous l’avons déjà fait remarquer au cours de ce chapitre, la blennorragie tient un rang, que Degez n'a pas hésité à considérer comme à peu près négligeable, mais que nous considérons, nous,comme sous-estimé jusqu'ici. En effet les observations que nous rapportons montrent par leur nombre assez élevé que la blennorragie a droit à une plus large part dans l'étiologie des luxations qui nous occupent. Dès maintenant nous croyons pouvoir faire remarquer qu'on la trouverait probablement plus souvent en cause si on y pensait davantage lorsqu'on se trouve en face de manifestations articulaires n'ayant pas l'allure franche du rhumatisme articulaire aigu. Il ne faut pas oublier non plus que le rhumatisme blennorragique se manifeste sous une forme clinique qui peut en imposer pour un rhumatisme franc, je veux parler de la forme polyarticulaire. Celle-ci peut prèter à confusion et on devrait toujours y penser, sur-

tout lorsque le salicylate de soude n’arrivepas à jugu-

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