‹ Les Luxations Spontanées Du Cristallin TransparentChapitre 8 sur 15 · US | UR · texte numérisé non relu

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C’est dans ce dernier groupe qu’il faut ranger l’observation de Rumschewitsch, et voici comment elles

sont analysées :

« Pour le premier, il s’agit d’un malade atteint de myopie de 10 dioptries; la luxation eut lieu en 1888 et l’œil resta calme jusqu’en 1896, puis tout à coup il survint des douleurs si intolérables qu’il fallut faire l’énucléation. Le cristallin était normal. Dans le second cas, il s’agit d’un œil aveugle, mais le malade avait un diagnostic du Professeur Ivanoff remontant à 1874 et qui indiquait «subluxation spontanée V. 5/200. Cet œil était devenu aveugle et le malade ne s’en était pas occupé, lorsque le 10 juin 1902, donc après dix-huit ans, il se développa tout à coup un état glaucomateux et des douleurs très vives qui ne cédèrent à aucun traitement; ici aussi on dut faire l’énucléation. Rumschewitsh donne en détail la description anatomo-microscopique de ce cas. Nous relevons seulement que sur le cristallin on ne trouve aucune

trace de la zonule.

Rumschewitsch conclut donc que la cause de la luxation est «la macération ou l’atrophie de la z0-

nule ».

On estime aujourd’hui que, dans tous les cas, il existe une altération de la zonule de Zinn qui prédispose à la rupture des attaches cristalliniennes. Dans

l'étude qu’ils ont consacrée au « Mécanisme de la

le

luxation traumatique totale du cristallin », MM. Beauvieux et Monod (Archives d’Ophtalmologie, 1924), après avoir indiqué que la zonule est une formation nettement individualisée, d’origine rétinienne qui coiffe les procès cilliaires sans contracter avec eux d’adhérence notable et ne présente guère qu’une portion libre dépourvue de tout soutien sur une longueur de 1 mm. dans sa portion péri-cristallinienne, concluent que, même dans les luxations traumatiques, la rupture des fibres zonulaires suppose le plus souvent une altération préalable de leur structure et un af-

faiblissement de leur solidité.

La zonule saine possède une résistance considérable ainsi que l’ont prouvé les recherches ayant pour but de réaliser expérimentalement des luxations traumatiques chez le cadavre ou chez l’animal. Les luxations spontanées, dans lesquelles nul traumatisme ne vient ébranler l’appareil suspenseur du cristallin, nécessitent, à plus forte raison, de notables altérations préalables de la zonule pour que cette dernière puisse se rompre sous l’action d’un effort insignifiant et passant la plupart du temps inaperçu (quinte de toux, éternuements) ou même du seul fait de la pesanteur du cristallin dans le décubitus dorsal (luxations dans le vitré) ou à l’occasion d’un mouvement faisant porter la tête en avant et en bas (luxations dans la chambre antérieure) selon MM. les Professeurs Francis Cosse et Armand Mercier.

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