‹ Les lyriquesChapitre 1 sur 33 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

un discours d'académicien, et partant rasante au possible et alors mes lecteurs savoureront d'autant mieux ma prose enjouée ; l'amer apéritif leur fera trouver plus doux le festin qui suivra ; ou bien elle sera courte et supportable et les susdits lecteurs penseront qu'une préface n'ennuyant pas trop est l'indice probable d'une divertissante œuvre.

Le tour est bien imaginé et vous mériteriez, ô rusé confrère, que je trouvasse de dures vérités à vous infliger, après avoir lu, relu et commenté en mon for intérieur vos Lyriques.

Mais je suis obligé, de par mon amour pour la Vérité àoniV incomplet classique m'a toujours séduit, je suis forcé d'avouer que j'ai trouvé votre livre fort amusant et d'une ordonnance parfaite.

Le défaut que j'y relève — et le public sera de mon avis — c'est que vous avez été avare ou paresseux : c'est trop court.

Vite ! dépêchez-vous de livrer à votre éditeur le deuxième volume et de parfaire ce que vous avez si bien commencé.

Nourri dans le sérail, vous en connaissez admirablement les détours et nul mieux que vous n'aurait tracé, d'une main plus adroite, ces tableaux des mœurs spéciales aux Lyriques et à ceux qui les touchent de près.

PRHFACE. III

C'est un monde îÏ part que ces artistes du concert sur lesquels on a longuement, beaucoup écrit, mais presque toujours sans les connaître à fond, d'une manière superficielle, sans les avoir étudiés de près, sans avoir vécu de leur vie, comme vous l'avez fait.

Monde bien spécial des mastuvus chantants, mal connus, donc mal jugés.

On n'a décrit de ces artistes de modestes scènes que les défauts criards, la vantardise exubérante, l'ambition naïve, la pléthore du < Moi>.

On n'en a pas aperçu les qualités généreuses : la camaraderie (peu apparente, mais réelle) et l'esprit de solidarité qui se manifeste aussitôt qu'un des lo.urs en a besoin.

Monde multiforme où s'agite les médiocres, où végètent les talentueux. Creuset bouillonnant d'où tombent en masse les scories ; mais d'où s'échappent aussi, et souvent, des étoiles qui vont étinceler en des firmaments plus riches.

Pour mon compte j'ai toujours éprouvé la plus grande sympathie pour les Lyriques, comme vous les appelez et mon estime n'a fait que croître en les connaissant mieux.

Q uant à tous ceux-là qui gravitent autour : chansonniers, journalistes, correspondants, etc..

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