‹ Les lyriquesChapitre 11 sur 33 · LA SAINTE-TOUCHE · texte numérisé non relu

LA SAINTE-TOUCHE

Perdil. — Taisez-vous donc ! avec vos réclamations. Vous nous embêtez. Vous demandez tout le temps des avances, des secours et des médicaments.

Lhérgt-Mangin. — C'est mon droit. Et puis vous verrez, je prendrai la parole à la prochaine réunion générale. Je signalerai aux sociétaires les canailleries de l'administration. Comment, avec mon talent, jene touche que 62 fr. 50; ce n'est pas la peine d'avoir une répartition de 354,000 francs !

ViBERT. — Moi, j'ai touché mes cent sous; je file prendre mon absinthe. Eh bien, toi, Lynnès, qui vas me payer à déjeuner, combien as-tu ramassé ?

Luc-Lynnès. — Dix-huit centimes î!!

ViBERT. — Et c'est avec ça que tu veux que nous bouffions!

VouLiER , le compositeur dramatique^ bougonnant . — Dire que je ne touche ici que 200 francs quand, à la dramatique, j'ai soixante mille francs de droits. Ah! ce concert ! ce concert ! ce qu'il fait du tort au théâtre ! (Pliant les billets de banque), s donnerai ça à ma petite amie.

LA SAINTK-TOUr.m:

{Le de flic des auteurs^ compositeurs et éditeurs continue avec des têtes variées. Les uns rigolent en empochant les billets de banque; les autres glissettt quelques rares pièces dans leur porte-monnaie.)

Un vieil auteur, comptant quatre Jrancs cinquante. Ah! la chanson est bien morte! Moi, l'auteur de Viens-tu ma belle^ de les Lys sont flétris f toucher si peu. Il n'y en a plus que pour les fabricants modernes.

Tous. — Tiens, voici Déclat. Combien va-t-il palper cet animal-là ?

ViBERT, qui a regardé (bas) neuf mille !

Tous. — Les voilà bien les combinaisons!

Nazy. — Oui, mais il faut qu'il en rende à ses associés!

Perdil. — L'Eldorado ne donne que 26 centimes à la part; par exemple l'Olympia est très bon, 65 centimes à la part.

Nazy. — Tiens, ils ont oublié de me compter les sociétés lyriques, j'aurai un rappel à faire.

Lhérot-Mangin, hurlant. — C'est épou-

32 LA S\TXTE-TOUCHE.

vantable, je ferai un scandale ! Aux Folies- Saint-Antoine, je ne touche que 8 centimes et on m'a intercalé le Petit Maçon dans la revue ! Et puis ce que l'administration est malhonnête ! Les employés sont nos domestiques après tout ! Et le secrétaire m'a fichu à la porte !

Rival, accourant. — Ah! chouette. Je touche sept cents î Chouette ! chouette î Vive Souchon !

Lhérot-Mangin. — Encore un vendu !

{Menaud^ Vandres, Folet^ Clarier et autres poussent des onomatopées diverses formant un chœur dans V escalier.)

Vandres. — Très bon trimestre ! J'ai joliment du nez d'éditer moi-même !

Menaud. — Oh î la la ! ce que j'ai diminué!

FoLET. — Il y a trop de frais !

Clarier. — Il n'y a que Déclat qui touche de la galette !

Vandres. — Je touche presqu'autant que Florac ; je vais payer mon petit terrain d'Aulnay-les-Bondy.

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Lhërot-Mangix. — Oui, oui, vous verrez que je me plaindrai...

Tous. — Enfin! espérons que le prochain trimestre sera meilleur !

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JOURNAL uLA VOIX DES CONCERTS»

La Voix des CoiiCE^.! s.journal hebdomadaire, est un des organes les plus influents de la vie lyrique ; et est très lue par les auteurs, les artistes, les directeurs et les agents, La quatrième page^ comme dans les quotidiens, est spécialement consacrée aux annonces. De nombreux portraitsréclames apparaissent dans les colonnes.

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