‹ Les lyriquesChapitre 10 sur 33 · LA SAINTE-TOUCHE · texte numérisé non relu

LA SAINTE-TOUCHE

Il est midi et demi. Grand remue-ménctge dans V escalier : auteurs, compositeurs et éditeurs montent et descendent. Tous entrent à droite^ demandentleur feuille et passent à la caisse. Vibert^ Rival^ Luc^ Lynnès, PerdiU Na:^y, Lhérot-Mangin, Menaud, Vandres, Folet, Clarier, etc.^ auteurs et compositeurs^ etc. Voulier, le compositeur d'opérette bien connu.

ViBERT. — C'est dégoûtant î N'ouvrir la caisse qu'à midi ! Comme si on ne pouvait pas l'ouvrir à lo heures! Une fois tous les trois mois I

Perdil. — Voilà encore Vibert qui fait du pétard ! Pourtant tu n'as rien à toucher puisque tu as vendu tes droits.

Vibert. — J'ai un rappel de cent sous. Ce ne sera pas le père Finaudqui touchera. {A Luc-Lynnès.)Cest tonpremiertrimestre, à toi?

Luc-Lynnès, qui attend son tour. — Oui, je voudrais bien savoir ce que je vais avoir. Comme tu as été mon parrain dans

LA SAINTH-TOrCH.-. Cl)

la Sociéic, je te paierai à déjeuner avec n'.cs droits.

Nazy. — Ah! enfin, voici ma feuille !

Perdil. — Combien?

Nazy. — Deux mille trois. J'ai monté de deux cents.

Perdil, regardant sa feuille. — Ah ! zut î moi je n'ai que dix-sept cents. J'ai baissé de quatre cents.

Nazy. — L'Eldorado me donne 237 fr.3s.

J'ai eu huit chansons là-dedans.

Perdil. — Heureusement que la province a un peu donné. Marseille est meilleur que Paris.

{Lhérot-Mangin auteur , passe dans h fond, brandissant son feuillet.)

Lhérot-Mangin. — C'est une infamie !

L'agent général, Souchon, met tout dans sa poche ! C'est nous qui travaillons pour l'enrichir. Comment! moi! au Bijou-Concert de Toulouse, je ne touche que 24 centimes et on m'a chanté au moins huit jours le Petit Maçon ! Le syndicat se fiche de nous !

Page 1