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LA CLAQUE

Che^ le marchand de vins qui se trouve à côte de VAlhamhra. Un ^inc., et quelques petites tables. Une arrière-hcutîque La clientèle est nombreuse. Le chef de claque de VAlhambra est assis avec Clirac artiste^ de ce concert.

Le Chef de claq.ue. — Toi, mon vieux, tu diras ce que tu voudras, t'es un frangin : tu casques bien, et puis, il y a longtemps qu'on se connaît.

Clirac. — Pour sûr ! Tu sais n'oublie

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pas les ouali ! oiiah ! oualt ! C, a c'est le vrai succès.

Le Chef de claque. — Pour toi, je te dis, tout ce que tu voudras. Mais cette saloperie de Lucie Portier qui veut le grand service le jour de ses débuts et qui me donne deux louis ! A la première occasion je la fais chuter.

Clirac. — Les artistes ne comprennent pas leurs intérêts. Ainsi Bernias, qu'est ce qu'il te donne ?

Le Chef de claque. — N'en parlons pas ; c'est si peu de chose. Mais lui, il n'aura jamais de ouah ! ouah ! oiiah ! Mon vieux, moi, j'ai établi mes prix. C'est réglé comme du papier à musique. Dix francs par mois, bravos froids; quinze francs, bravos ; vingt francs, rappel après la première chanson ; vingt-cinq francs, rappel assuré ; trente, demande d'une autre ! une autre ! ; trentecinq, une deuxième chanson assurée ; quarante, avec murmures d'admiration ; quarante-cinq, alors là c'est du forfait, ça va jusqu'à cinq cents le ouah ! ouah louah ! compris ; mais il y a des frais. On s'arrange

il faut du monde ; des places données, avec Yvette Guilbert, j'ai un service spécial.

Clirac. — Moi, au fond, je m'en moque j'ai le public.

Le Chef de claq.ue. — Imbécile ! Le public, c'est nous. Tiens, voici Naudiès.

Naudiés, entrant^ fort accent du midi. — Té, ces bons amis ! J'offre une tournée générale. Apportez six litres et de l'absinthe comme s'il en pleuvait.

Tout le monde se rapproche.

Le Chef de claq.ue. — Tu lances une nouvelle chanson "?

Naudiés. — Tu l'as dit, bouffi.

Clirac. — Et tu veux qu'on reprenne au refrain.

Xaudies. — C'est juste, Auguste. Allons à boire à tout le monde ; et vous savez les camaros, ce soir avec moi.

Anastasie, Anastasie, X' sois pas saisie, Si j'ai mon coup d'ginglaril !

Un jeune homme est entré et a pris le chef de claque dans un coin.

COINS Dn coxcrrRTS. ~85

Liî Jeune homme. — Monsieur, je débute demain à l'Alhambra et je voudrais que vous me chauffiez.

Le Chef de claque. — Voulez-vous du ouah ! ouah f ouah /?

Le Jeune homme. — Q.u'est-ce que le ouah ! otiali ! ouah !

Le Chef de claq.ue. — Au lieu de crier bravo, on prononce ouah ! ouah ! ouah î c'est tout ce qu'il y a de mieux.

Le Jeune homme. — Alors vous croyez.

Le Chef de clac^ue, un peu gouailleur.

— Ecoutez jeune homme, à moins d'avoir beaucoup de talent, au café-concert comme autre part, le meilleur moyen de se faire connaître c'est la claque, ou la publicité, car en somme la publicité, c'est la claque dans les journaux !

TAliLli DKS MATSKRES

Pages.

Préface r

Avant-propos. vi

Le grand Baryton 3

Six 0 dock absinthe 15

La Sainte-Touche 25

La qu?.trièrae page du journal La Vuu)

des Concerts 37

Dans les coulisses de l'Alhambra — côté

des Dames 47

Dans les coulisses de l'Alhambra— côté

des Hommes 57

Aux Compositeurs réunis 60

La Taverne Alsacienne à Angers 79

Chez le Directeur 91

A l'Agence Bunel ICI

Chez Bulot, éditeur 115

Au journal La Voix des Concerts 1<?7

La Chanson de bureau 147

Grandps Artistes 157

L'Assemblée générale 167

La Chartreuse . . 179

La Censure , . 193

La Répétition 207

Chez la mère FichcL 219

Le grand Bazar de la chanson. 229

Les Amateurs 245

Les Protecteurs 257

Les Combinaisons 265

Coins de concerts 271

Imp. E. NÉRY, 7, rue du Bois, Asnières.

La Bibliothèque Université d'Ottawa Echéance

The Library University of Ottawa Date Due

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