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AVANT-PROPOS. XI

C'est le grand public qui a chassé le bon public du faubourg ; ce sont les gommeux et les cocottes qui ont fait fuir les bourgeois et leurs familles. C'est contre cela que nous voulons réagir, nous autres chansonniers, et il en est certes parmi nous qui ont du talent, qui préféreraient écrire des pièces pour le Théâtre-Français ou la Renaissance ; mais qui, n'ayant pas cent mille francs de rente et ne pouvant se consacrer à l'art en des cabinets de travail garnis de toiles de maîtres, sont obligés d'aligner des couplets, quelquefois très drôles et très joliment rythmés, pour nourrir leursgosses.

Oh! c'est beau, l'art, l'art sacro-saint! N'empêche que nombre de ses pontifes, qui ont eu, eux, des pièces jouées dans la maison de Molière ou chez Mme Sarah- Bernhardt, se précipitent dans des musichall pour y placer leurs élucubrations qui ne sont mêmes pas égales aux productions des professionnels du concert.

Oh ! les chansons des poètes! Oh! le répertoire de Mme X, étoile, composé par tel exquis lettré. Quelles vestes !

On ne connaît pas le café-concert. Il a ses bons et ses mauvais côtés, ses artistes et

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