XII AVANT-PROPOS
cabotins, ses chansonniers et ses marchands de chansons. On n'est ni pire ni meilleur que dans d'autres corporations, plutôt meilleur, car les Lyriques sont en général de braves gens qui s'aident entre eux, comme le constate M. Octave Pradels , le niveau moral est supérieur à celui du théâtre ; la femme au concert gagne mieux sa viel
Enfin il est un fait absolu, constant, c'est que le café-concert, aujourd'hui, fait subsister deux cent mille personnes.
Il existe et se développe malgré toutes les attaques, toutes les jalousies, il se transforme, c'est évident ; mais que les moroses ou les envieux ne se mettent pas en tête qu'ils pourront le détruire.
Pour revenir aux Lyriques, si, dans ces courts croquis, j'ai un peu blague le caféconcert, je suis un de ceux qui en ont le droit, puisque je revendique le titre de chansonnier et, si un jour, la chance veut que le théâtre m'ouvre ses portes toutes grandes, je n'oublierai y^w^w ce que personnellement je dois au café-concert.
Eugène HÉROS.
LE
LE
A la porte du café de la Capitale^ à côté de V Eldorado^ vers six heures^ le baryton Barlin, de VEden-Concert, est en train de prendre son absinthe. Assis noncha" lamment^ tout en fumant un cigare^ il cause de ses succès avec Develle^ le comique-danseur^ actuellement sans engagement, tandis, que sa maîtresse, la petite Voland du Concert-Parisien, lit le journal, la Voix des Concerts; fort accent du Midi, environs de Nîmes.
Barlin. — Oui, mon cher, c'est moi qui
ai créé Si les femmes savaient^ Anciennes et Nouvelles, la Chanson des Sapins verts,..
Develle. — Ah! oui... pour laquelle on t'a demandé si c'était une nouvelle compagnie.
Barlin. — Je n'ai jamais compris cette question... et tu sais, tout seul* ncore, personne n'a chanté avant moi ces chansons à Paris. C'est comme le Paul Delmet, c'est moi qui l'ai lancé. Tu m'as entendu dans les Petits Pavés. En ce moment, j'ai un succès fou avec les Stances à Manon. Mais il n'y a que moi pour chanter ces choses-là. Les autres, Marins Richard, Mercadier, n'ont pas assez de légèreté.
Develle. — Tu as de la veine de ne jamais manquer d'engagement. A force , tu dois avoir un peu de pognon ?
Barlin. — je te crois ! J'ai des rentes et puis j'ai acheté prèsdeNîmesune propriété, mon vieux, c'est épatant, il y a des arbres circulaires,
Develle. — Comment ?
Barlin. — Oui, il y a des arbres très
LE GRAND MARYTOX. i)
vieux. Et c'est avec mon gosier que j'ai gagné tout cela.
Drvelle. — 11 n'y a pas à dire, tu chantes très bien.
Barlin. — Si j'avais voulu j'aurais fait toute ma carrière à l'Opéra. Une fois je me suis présenté à l'Opéra-Comique.
Develle. — Ils t'ont refusé ?
Barlin. — Ils n'ont pas osé; ils m'ont seulement dit qu'il n'y avait pas en ce moment de rôle assez important à me donner et que je revienne. Mais ils n'ont pas accepté un pays à moi qui avait une voix superbe, presque aussi belle que la mienne. Il chantait en français, en italien, en espagnol. Il était poljygonej quoi !
Develle. — ?
Barlin. — Tu ne saisis pas. Il était polygone^ il savait plusieurs langues. Malheureusement, ce garçon qui pourtant avait de la fortune n'a pas trouvé à se caser, il a mangé presque tout ce qu'il avait et maintenant il se trouve réduit au triste yiécessaire. Et toi, as-tu quelque chose en vue?
Develle. — Mon cher, c'est dégoûtant !
On me fait passer des auditions, à moi, Ernest Develle, le premier comique-danseur du monde, qui suis autrement fort qu'Eugénio, Pichat et les autres !
Barlin. — Et ta femme ?
Develle. — Heureusement qu'elle travaille àTrianon, sans quoi je ne boufferais pas,
Barlin. — Ça marche avec Typhaine?
Develle. — Je suis rudement content d'avoir lâché Rosset, elle est maintenant dans une purée ! D'ailleurs Typhaine est plus dans mes goûts et elle a de meilleurs appointements ; tiens, hier, elle m'a fait cadeau d'une bague.
Barlin. — Mazette ! on te gâte.
Jeanne, mettant le journal sur la table. — Vraiment ce n'est pas la peine d'être abonnée à ce journal, il ne parle jamais de moi; cette semaine il n'y a qu'une ligne : Mlle Jeanne Voland chante avec charme le Coucou arrêté, tandis que pour Vitaline il y a la délicieuse, l'adorable Vitaline ; moi, je lui écrirai à ce rédacteur.
Develle, qui n a pas écouté. — Pis donc.
l.E GKAND HARYTON. <
Barlin, tuas vu qu'on a exécuté ce matin le fameux Mouchot qui avait assassiné le gardien du passage Brady. Est-ce que tu as assisté à une exécution, Barlin?
Barlin. — Oui, une fois.
Develle. — Tu as eu de l'émotion ?
Barlin. — Oui un peu quand l'exécuteur a apporté les boiseries de justice.
Jeanne. — Qu'est-ce qu'il faisait ce Mouchot, j'ai lu dans le Petit Parisien qu'il s'occupait de contentieux. Q.u'est-ce que c'est que ça du contentieux ?
Barlin, hésitant. — Du contentieux...
du contentieux... c'est des maladies.
{La petite Jeanne satisfaite demande au garçon le Nouveau Journal).
Develle. — Tiens voici Vibert, l'auteur; il vient vers toi.
Barlin. — Encore un auteur, ils m'embêtent tous avec leurs chansons.
Vibert, s' approchant, — Bonjour, mon cher Barlin, comment ça va? Bonjour, Develle ! Bonjour, Voland ! Dites donc, Barlin, voici une chanson pour vous, épatante. Regardez-la. {lllui tendla chanson.)
Barlin, après avoir lu. — Oui, oui, mais le sujet rentre trop dans V abdomen public. Et puis ce vers :
Chantons tous un couplet chauvin.
le public ne comprendra rien, il taudrait mettre vin chaud, c'est àla portée du public.
Vi3ERT. — Pourtant...
Barlin. — Vous savez que je ne me trompe jamais. Tenez je voudrais une chanson comme les stances de FI éditer.
ViBERT. — Flégier, vous voulez dire.
Barlin. — Flégier, Fléchier, c'est la même chose.
ViBERT. — Alors rendez-moi ma chanson.
Barlin. — Non, je la gardetoutde même.
ViBERT, s'en allant. — Vous savez, la musique est de Maquis.
Barlin, à Develle. — Ah ! mon cher, une bonne chanson, j'attends ça comme le Mexique. {Apres un temps). Tu sais, sa chanson, je ne la lui chanterai jamais, mais un autre ne l'aura pas.
{Un jeune homme se lève d'une table voisine et se dirige vers eux.)
I H GRAND MARYTON. .'
Barlin. — Je te parie que c'est encore un auteur qui vient me raser. C'est une plaie, ces auteurs !
DizvF.LLE. — Ah ! la la, ce qu'on s'en passerait !
DoRCE]. ,jûnnc auteur. — Pardon, monsieur Barlin ?
Barlin. — C'est moi.
DoRCEL. — Je voudrais vous soumettre une chanson.
Barlin. — Donnez toujours. {Il la lit.)
DoRCEL. — La voici. Je puis vous dire que je l'ai montrée à l'éditeur Meuriot et qu'il me l'achètera si vous vous voulez bien la créer.
Barlin. — Ah !... Oui, elle n'est pas mal votre chanson, mais vous comprenez, vous êtes un débutant, j'ai énormément de chansons à faire passer.
Dorcel. — Puisque...
Barlin. — Alors pour vous faire plaisir, je toucherai le prix de vente, vous aurez vos droits pour vous.
Dorcel. — Je ne fais pas encore partie de la Société.
Barlix. — Ça VOUS fera connaître. Je fais ça, même avec les auteurs connus. C'est une sorte de collaboration.
DoRCEL. — Allons, j'accepte.
Barlin. — Venez à la répétition mardi.
(^Le jeune auteur retourne à sa table.)
Develle. — A la bonne heure, tu t'y entends.
Barlin. — Il sera encore bien content que je lui chante sa chanson pendant huit jours.
Develle, regardant sa montre. — Ah !
zut, déjà six heures et demie et Typhaine qui ne vient pas me chercher. J'ai faim, moi.
Barlin. — Où dines-tu?
Develle. — Chez la mère Fichet.
Barlin. — Oh ! pas moi ! Maintenant je vais chez François, à côté de l'Ambigu, on y est très bien, n'est-ce pas, Jeanne?
Jeanne. — Oui, ce n'est pas trop cher. {Regardant une voiture qui passe). Tiens Léa Viraud qui passe en voiture. Ce qu'elle est chic !
Barlin. — Y a pas, elle est rudement entretenue.
m: (iRANI) MARYTON. 11
DiiViaiE. — Moi qui l'ai connue quand elle a débuté à l'Alcazar avec Thérésa. Elle n'a jamais voulu que nous nous mettions ensemble. J'avais deviné, moi, qu'elle ferait son chemin.
Jeanne. — Et puis ce n'est pas du clinquant. Elle a un hôtel à elle, des chevaux, de l'argenterie ; elle est toujours habillée à ravir.
Barlin. — Ah ! on a beau dire ! Il n'y a encore que la luxurel... Allons dîner.
Garçon !
{Ils se lèvâftt.)
mm
SIX O'CLOCK ABSINTHE
SIX O'CLOCK ABSINTHE
Encore à la terrasse de la Capitale {l'ancien Rajfestin) dont la vogue a succédé à celle du café de l'Eldorado.. Nombreuses tables et fiombreux consommateurs appartenant presque tous au café-concert. Autour d'un guéridon^ Vibert et Rival, auteurs, Perdil et Na^, compositeurs.
Vibert. — Moi, elle me dégoûte votre Société ! Elle n'a pas le droit de refuser quelqu'un !
Perdil et Nazy. — Pardon.. .
Vibert. — Non, elle n'a pas le droit; du
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moment qu'on a une chanson chantée quelque part, elle touche pour la chanson. C'est un vol !
Perdil et Nazy. — Mais non, elle ne touche pas pour la chanson, elle touche pour son répertoire.
ViBERT. — Alors qu'est-ce que touche Fauteur ? Peau de balle ! Ah ! la la ! si j'avais du pognon, ce que je lui ferais un procès à votre Société !
Perdil. — Tu dis des bêtises !
ViBERT. — Oh ! toi, parce que tu es syndic, tu trouves que tout est parfait. Mince ! c'est comme pour Rival, pourquoi n'est-il pas sociétaire ?
Rival. — Moi, je m'en fiche ! pourvu que, tous les trois mois, je palpe mes droits.
Nazy. — Ça c'est vrai, on bombarde sociétaires des gens qui reçoivent vingthuit centimes par an, tandis qu'on ne nomme pas les vrais auteurs de concert.
Perdil. — Il faut des noms dans la Société.
ViBERT. — Des noms ! des noms! tu me fais rigoler ! Après tout ! ça m'est bien
SIX OCI.OÇK ABSINTHE. 1/
égal, moi, je ne touche pas mes droits, je les ai vendus ! Mais vous êtes des jobards, vous vous faites rouler.
Perdif.. — Toi, tu cries tout le temps. Tu ferais bien mieux de me donner la chanson que tu m'avais promise pour Anna Held.
ViBERT. — Tu l'auras demain. Dis donc, Nazy, est-ce qu'on nous chante le Bassin de matante?
Nazy. — je ne sais pas. Fragson devait la créer vendredi, mais tu sais, Fragson, il promet tout le temps et puis il ne tient pas.
Perdil. — Ce qu'il est paresseux !
Rival. — Ne vous faites pas de bile, ils sont tous comme ça : il faut les supplier, aller chez eux, se mettre à genoux pour qu'ils vous acceptent une chanson. Et puis quand ils vous la chantent, ils vous la tiennent huitjours. Quelle race, ces cabots ! Dis donc, Nazy, tu as été chez Bigot?
Nazy. — Oui, il m'a commandé six musiques. Ce que je vais les lui refiler. Tu comprends, comme j'édite mes chansons moimême, je ne vais pas me fouler.
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Perdil. — Il paraît que Vandres édite aussi se-3 chansons.
Nazy. — Ils éditent tous eux-mêmes à présent.
ViBERT. — Il n'y a que ce moyen-là de gagner de la galette.
Nazy. — Pas toujours; il faut s'y connaître comme moi pour y arriver. Est-ce que Vandres reprend sa combinaison avec Déclat ?
Perdil. — Non, non, il est tout seul.
ViBERT. — A propos de Déclat, il paraît que Filhon ne fait plus de musique chez lui.
Nazy. — Parfaitement, c'est Lanson qui le remplace.
Perdil. — Ce Filhon, on lui a fichu cinq cents francs d'amende au comité.
Les autres. — Pourquoi?
Perdil. — Parce qu'il avait pris un air viennois et qu'il l'a signé.
Vibert. — Les compositeurs le font tous.
Nazy. — Pas moi.
Perdil. — Ni rt^oi,
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VifiERT. — Naturellement. Mais tenez, sans compter I^lhon qui chipe les airs étrangers, il y a Billot qui démarque tout ce qu'il trouve. Sa Berceuse, c'est Les vieux refrains: Voulez-vous que Je vous accompagne , c'est Mademoiselle , écoute{-înoi donc.
A Na{y. — Ton ami Palin, avec ça qu'il se gêne pour maquiller, et Florac, zut alors, il ne se flanque pas une méningite, celui-là. pour trouver une musique î Quelque chose lui passe par la tête, crac, il l'écrit.
Rival. — Pardi î Florac, quand on lui donne des couplets, il lit juste le premier ; il voit la longueur des vers, il arrange trois ou quatre notes, esquisse un petit accompagnement et ouste, ça y est ! Voilà une chanson !
Nazy. — Eh bien oui, mon vieux ; c'est vrai, pourtant, à ce métier-là, il a des trimestres de quatre mille !
Nous sommes trop consciencieux, Perdil et moi.
YiBERT. — Consciencieux! Je me gon-
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dole. A quoi ça sert ? Aujourd'hui, on n'engage plus que des grues. A l'Eldorado, à la Scala, au Parisiana, les directeurs ne veulent avoir que des demi-mondaines, ça me fait suer. C'est comme les pièces...
Rival. — Tu as vu, à l'Eldorado, on va jouer une revue de Folet et Clarier.
Nazy. — Encore de ceux-là ! En voilà des accapareurs !
Rival. — S'ils avaient du talent !
Nazy. — Q.uand donc pourrai-je faire du théâtre! Ce que je voudrais qu'un directeur intelligent me confie la musique d'une opérette en trois actes.
Rival. — Pardon de t'interrompre. Je vois Barlin là-bas. Est-ce que tu lui as donné la Côte d'a^^ur ?
Nazy. — Elle est finie. Mais l'orchestration m'embêtait, j'ai prié Gangloff de Parranger.
ViBERT. — Tu sais pourtant orchestrer maintenant.
Nazy. — J'te crois, dem.ande à Perdil qui a été au Conservatoire pendant six mois. (Perdil fait un geste d'acquies-
SIX () CLOCK AHSINTHh. '21
ccmoit.) Je n'ai pas le temps, voilà tout. ViBi-RT. — Tiens! voilà le copain Granot.
Granot, s^asseyant. Bonsoir tout le monde. Garçon, une absinthe !
ViBERT. — Quoi de nouveau?
Granot. — Eh ! bien, pas grand'chose.
Ah! si! Fouriès n'est plus régisseur à la Scala.
Tous. — Ah ! chic !
ViBERT. — Veine! C'est un mufle de moins !
Nazy. — On va pouvoir faire chanter ses chansons.
Perdil. — Dire qu'il a empêché Paula Brebion de me créer les Deux Nids.
ViBERT. — Il n'y en avait que pour lui.
Nazy. — Il imposait ses sales chansons.
Rival. — Et dire qu'il est sociétaire!
Perdil. — Heureusement qu'on ne les reçoit plus maintenant, les cabots!
Granot. — Ils ont tous des combinaisons !
ViBERT. — Cette interdiction, c'est la seule chose bonne de la Société.
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Nazy. — Ils touchent des trimestres inconvenants.
Rival. — Maintenant on va pouvoir aller à la Scala.
ViBERT. — C'est Léa d'Alby qui va faire une tête ! son chéri qu'on a fichu à la porte. Garçon! Je paie une tournée à la santé du renvoi de Fourièsî
Tous. — Ah ! les artistes! quelle race ! {Un peu plus loin. Autre table, Vildieu,
Develle, Héliot, Fanel, artistes lyriques^
les duettistes Loum et Bildar. )
ViLDiEu. — Ça me dégoûte de penser qu'Yvette rentre l'année prochaine aux Ambassadeurs avec 25,000 francs par mois.
Tous. — C'est honteux.
Develle. — C'est triste de penser qu'à côté, Typhaine, ma femme, ne gagne que six cents francs !
Héliot. — Vous savez que Fouriès n'est plus à la Scala?
Tous. — Vrai?
Fanel. — Eh ! bien, c'est Léa qui va faire une poire. Ce que les petites camarades vont rigoler!
SIX o'CLOCK AMSIXTUi:. 'SA
LouM. ^ Après tout, c'était un bon camarade.
BiLDAR, On pouvait faire des chansons avec lui.
Fanel. — Il était de la Société !
Vii.DiEu. — Nous avons eu plusieurs combinaisons qui ont réussi.
LouM. — Si ça n'est pas navrant de voir que nous, Bildar et moi, toi, Fanel, toi, Vildieu, qui faisons de si bonnes chansons nous ne soyons pas de la Société. C'est infect !
Les autres. — Pour sûr!
ViLDiEu. — On devrait leur faire un procès.
Fanel. — Des auteurs! Oh ! la la, ce qu'ils vous rasent avec leurs chansons. Nous en avons tant que nous voulons, des idées !
Vildieu. — Moi, je trouve des airs autrement épatants que Gangloff ou Vargues, Lanson me les arrange et je les édite.
Tous. — Oh ! les auteurs ! quelle race
LouM. — Garçon, une absinthe !
Les autres. — Garçon, six absinthes !
LA