PREFACE XV
vait amener dans Paris, l'enfant mélancolique, prit à quatorze aiis, le chemin des batteurs d'estrade, commença, pareil aux anciens dévoirants, le tour de France, d'où reviennent maîtres ceux qui partirent compagnons. Après un an d'apprentissafie, quittant les relieurs de Marennes et de Niort, riche, pour tout viatique, de sept pistoles, Henry Mériot s'en fut, pèlerin du Travail, par les routes patentes.
Il traversa, « comme le Juif errant et comme les apôtres », des villes sans nombre dont lui-même ne sait plus le nom. Il y vécut des ans, des mois ou des semaines, étant devenu promptement ce qu'on nommait, alors, un « corps d'ouvrage )) distingué. On le payait bien, on l'employait aux besognes délicates. Il existait encore des ouvriers qui se piquaient de reluire dans leur état, des patrons qui ne confiaient pas indifféremment n'importe quelle pièce à la première mazette venue. En outre, Mériot s'était fait doreur. Dans cette spécialité, quelque peu distincte de la reliure, il trouvait aisément à s'employer. Jours de travail, nuits studieuses. Au sortir de l'atelier, quittant ses camarades. « rii\;iiit les lieux où la parole est (( vile », aussi bien la taverne de Branderque l'assommoir de Coupeau, le jeune homme poussait avec fureur de solides études, «lisant humainement tous <( les livres », comme disait Théophile (iautier.