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PREFACE XIII

arbres d'automne, lorsque pleuvent déjà les feuilles mortes et que le vent du soir lamente autour de nous. Après trente-cinq ans d'amitié dans l'espace, j'ai vu, Tan dernier, Henry Mériot, pour la première fois.

C'est un lirave. Sa vie. autant que ses poèmes, est (liijnc (piOn en propose l'exemple aux jeunes écrivains. Le don de poésie invite à jouer au surhomme : il ne délie en vérité de nul besoin, de nul devoir. Les années d'apprentissage furent, pour Henry Mériot, non moins rudes que fécondes. H y reçut les âpres et hautes leçons de la Pauvreté, cette instigatrice éternelle du Travail et des Arts.

N'ayant pas le loisir de s'abandonner aux rêves, aux langueurs du printemps, de s'attarder pour cueillir en marge de la route, muguets, lilas et violettes buissonnières, il marcha droit au but, se plia, dès l'abord, à la forte ascèse du labeur quotidien, maître de lui-même, de son art et de son métier.

Venu de souche vendéenne, Henry Mériot, de qui les ascendants combattirent à côté de Larochejaquelein, le combat du passé, fut élevé par sa grand'mère maternelle, humble paysanne

XIV PRFFACE

au ^laiid (-(l'ur. à rciilciideniciil ouvert, (ioucc cl d'un esprit cxtiaoï'dinaire, encore qu'arlisane. Son père na\ iL(uait : après quelcfues saisons do bonlieui. il mourut, laissant veuve sa jeune fenune. llciiry M(''riot avait trois ans. Encore que son mari eut t-outracté à l)ord le mal (|ui l'emporta, comme la veuve était sans inlrit^u*' <'t n'avait point de i)rotecteurs, elle n'obtint du Ministère ni secours, ni pension. Résignée, elle travailla comme un(^ esclave, pour le pain d<> son enfant.

Une telle misère tit dolente et contemplative la jeunesse de l'orplielin. Il se tourna d'abord vers les arts plastiques dont l'étude, i)lus tard, devait ma<4nitiersa maind'œuvre,et permettre qu'il devint l'un des premiers dans son (''tat. Relieur, il harmonisera les tons, le rythme des contours avec une maîtrise due à ses ('>pr(nives d'antan.

Eperonné par le désir de p(Mndre. Henry Mériot, tout seul, apprit la technique du dessin. Il excella bientôt, dans cet objet de son envie. Il copia des chefs-d'œuvre, pour se complaire et des croûtes, pour gagner sa vie. 11 s'exerça dans le portrait des philistins sans résoudre jamais la cruelle énigme, le problème angoissant du vivre et du couvert. Comme sa mère, li(''e à la province l">ar r(''troite n<''cessité de cha((U(' jour, ne le pou-

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