C-, U;>S u\s ni: MinUl
Et voici que revit votre imcvge pâlie;
Sur votre col Initeux descend le Ilot boUclé
De votre toison lourde et claire d'or filé,
Et qu'un ruban couleur c'u temps enchaîne et lie;
Je vous aimais d'amour et vous étiez jolie!
Madrigal
Vos doigt' longs et lluets, frères des mignardises, Dans les réseaux d'amour ont enserré mon cœur. Et vous me joignez aux Poètes dont le choeur Prodigue à votre orgueil ses chères friandises.
Benserade subtil en proie aux convoitises, Je tresse ma guirlande à votre ncm vainqueur; Vos doigts longs et fluets, frères des nt>ignardises. Dans les réseaux d'amour ont enserré mon cœur.
12« Lr..s i,v>s DI-: Miniu'i"
Mais toujours je me plus nux folles entreprises, Madame; et malgré tcut ce grand dédain moqueur, Votre beauté choisit en moi son chroniqueur; — Et je baise à genoux vos blanclics mains exquises. Vos doigts longs et fluets, irères des mignardises.
L'Exilée
Dans un cadre en peluche blanche Le fin portrait des temps passés Montre sous de longs cils baissés Ses yeux aux douceurs de pervenche.
Ma peine près de lui s'épanche; 11 me dit ses vœux insensés, Dans un cadre en peluche blanche, Le fin portrait des temps passés.
lAO Li:.s i.v>s m. Miniici-
0 soifs d'aimer que rien n'étanche!
Nous allons, éternels blessés.
Pleurant sur nos cœurs fiancés; Et votre front vers moi se penche Dans un cadre en peluche blanche..
Foi
Les cierges de la Chandeleur Dans la chapelle de Saintonge Éclairent ton profil de songe, Vierge d'idéale pâleur.
En ces jours mauvais leur lueur Te font plus triste; la nuit ronge Les cierges de la Chandeleur Dans la chapelle de Saintonge.
1/.2 uis LYS m winurr
Voici mes Lys! que ta douleur S'apaise; — loin de tout inensonge, Sur mon vieux coeur navré, prolonge.
Vierge unique, adorable fleur.
Les clartés de la Chandeleur!
Pour vivre grand, vis seul
pour Jfenry Cl]apront.
Je t'aime entre toutes, ô fleur Des cœurs incompris, Solitude!
Oue les Heurs sombres de l'Étude •Accueillent ainsi qu'une sœur.
J'allai vers toi dans ma candeur, V\u temps où le chemin est rude.
Je t'aime entre toutes, ô fleur Des cœurs incompris, Solitude!
u,A LES i.v.s m; Minuri'
Dans mon ombre, nul cri moqueur N'arrive; — et j'ai la quiétude D'être aimé quelque jour. — Prélude, 0 Tristesse! à l'éveil vainqueur. — Je t'aime entre toutes, ô fleur!
Danses anciennes
Parmi les glorieux décors Des hautes-lisses adonnées, Près des adolescents r^ccorts Si jeunes d'espcirs et d'années,
Dont, autour des lambris royaux.
Pour que nous en Tardions mémoire.
L'or basané des fabliaux Nous redit chaque jour l'histoire, —
l\ous referons, le vculez-vcup, Mais cette tois-ci sans paroles Ni chants, le pas joyeux et doux De nos légendaires caroles?
Dames, liez vos cheveux blonds De frêles chaînes emperlées.
Ou bien laissez jusqu'aux talons Tomber leurs ondes déroulées . .
Mieux encor! que vos çrands hennins ■Aux somptuosités savantes Roulent jusqu'au cœur des ménins Le flot des peines décevantes.
Placez le bout de vos doigts blancs Dans les mains pures et fidèles De vos gentils valets tremblants; L'heure a sonné d'avoir des ailes;
Tournez, tournez! qu'une splendeur Soit par une splendeur suivie; Votre danse est, dans sa candeur.
L'image exacte de la vie...
Le Refuge
Us Muses. ^1 pas Unts, mencllantss divines. S'en vont par les eités en proie au rire amer, Leconte de Lisle
Pour le poète £éoq T)ierx .
Voici, l'ombre descend sur les vagues statues; Dans le Temple idéal les orgues se sont tues, La nuit estompe les étendards triomphants;
V\ pas rythmés le chapelain quitte l'église; Là-bas, au lond du chœur une lampe agonise; La stalle est vide où vinrent prier les Infants.
14ft Li:S LVt) OÏL MIIUll'l'
Eux-mêmes sont partis, d'écarlate et de moire Très riciiement vêtus, jeunes et pleins de gloire, Tandis que sur leurs pas sonnaient les olifants.
Les hérauts ont clamé; Liesse populaire!
Et le Pauvre, passif, sans haine et sans colère,
Comme il est ordonné, fête le Suzerain.
11 ne sent pas le joug et s'épand par la ville. ■Aujourd'hui quel valet aurait l'âme assez vile Pour ne point obéir au héros souverain?
Celui-là serait un compagnon bien frivole
Oui, pour quelque idéal, voudrait jouer son rôle;
Sur les révoltés pèse un gantelet d'airain.
"Aoesi, chaque maison finement pavoisée
Rayonne; le lierre encadre la croisée
La plus humble, et sourit au despote puissant.
L'Élu, dans son palais, à qui les pertuisanes Font un cercle d'acier, songe; des courtisanes Ont arraché le chef à ses rêves de sang.
LES LVS DE Minurr KÇ)
yi grands frais sont venus des joueurs de viole Oui chantent en motets tout semés d'iiyperboies L'amour d'un peuple pour son roi reconnaissant.
Le jour d'Vlvril renaît, heureux, dans l'air sonore. Triste vibre le chant des cloches; dès l'aurore, Vers les cieux de lapis leur cantique est monté.
Car bientôt, d'innocence et de candeur vêtues. Les vierges, lentement, le long des avenues Vlpparaîtront sous leur robe de chasteté.
Elles viendront redire au Prince qui lexige Que chacun le salue et se sait homme-lige. Et qu'il n'est pas d'autre noblesse en la cité.
On a semé partout des Heurs sur leur passage, Et pour avoir merci, dressé, selon l'usage, Pour le tyran tlatté, d'énormes reposoirs ;
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U y viendra cachant sa griffe ainsi qu'un tigre, — Sachant bien que sans le braver plus d'un émigré, Et pour fuir à jamais choisit l'ombre des soirs. —
Que si pas un couteau n'a su trouver la route De son cœur, c'est que les volontés en déroute Et lâches sont en proie aux mornes désespoirs.
Par le chemin fleuri que la jonchée embaume, Tout à l'heure il viendra, la cuirasse et le heaum.e Luisants sous le soleil, superbe et vcnéré;
Les mères élevant vers son regard farouche Leurs derniers nés, auront la prière à la bouche. Tremblantes à l'aspect du Seigneur exécré.
Vlinsi, c'est aujourd'hui dans l'an le jour unique Où le pays dompté sourit au Maître inique. Et devant sa grandeur s'agenouille atterré.
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Or, dans la ville en fête une femme est venue; — Une mandore au dos, et de tous inconnue, Tout à i'tieure l'Errante a franchi le rempart.
0 Routes! ses pieds nus gardent votre poussière; Mais ses beaux yeux profonds, sa démarche princière, Imposent le respect que la force départ.
De ses fiaillons troués les paisibles lumières S'échappent de son corps divin, et des prières ■A sa vue ont semblé naître de toute part.
Chacun des opprimés croit voir la sahatrice.
L'amazone sans peur et la Consolatrice
Oui guérit la blessure et sait rompre les fers.
3a parole conduit vers les places publiques La horde sans espoir des pcMes faméliques, Et tous les résignés par tant de maux soufferts.
Et voici qu'une voix ample se lait eniendic. Émue ou vengeresse, impérieuse ou tendre Et réprouvant tous les sacrifices offerts: