‹ Les Lys de minuitChapitre 22 sur 28 · LliS LV.S I31L MllUllT · texte numérisé non relu

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>< 0 Peuple de Vaincus! qui gémis et qui souffres, Oui te laisses traîner lâctiement vers les gouffres Où sombrent les fiertés et les rébellions.

« Peuple orgueilleux hier, les pavés de ta ville Désormais souillés par la multitude vile. S'indignent contre ceux qui lurent des lions.

« Tu souris bassement aux reîtres, laces rogues Tu livres sans pudeur à la merci des dogues Tes filles, sans songer aux justes talions;

« Tu ne me connais plus, toi qui m'as tant aimée: Ville dont j'ai gardé dans mon âme charmée La chère souvenance et l'amour éternel;

« Je suis la Poésie indignée et sévère;

Et pour chassar celui que ta crainte révère

Je t'apporte ma voix et mon bras fraternel.

« Je suis Celle qui ne meurt pas, et peur m'atteindrc 11 n'est pas de puissance humaine; il a beau feindre. Celui qu'a désigné mon geste solennel.

LES LYS DI: MiniUT

«Redresse ton front las et reprends ta franchise, Peuple enfant; que ma volonté t'immortalise; Viens, et repose en paix sur mon sein maternel. »

Le Poète:

" Grand Lys de pureté. Poésie imnr.ortelle Oui verses à nos cœurs tes plus glorieux vins. En ce siècle mauvais, puisque toi seule es belle, VI tes fils pantelants ouvre tes bras divins! »

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Les Nefs Fleuries

L'Illusion passe. ~ Elle étend ses tapis divins sous les pieds des Poètes, ensanglantés aux chemins de la Vie.

pour Jîriôré .

Consolantes, mes rêveries Un beau matin m'ont empcr'ic Sur des caravelles flsuries 'Au seuil d'un pays enchanté.

J'aperçus de très loin les plages Où, parmi de fins sables d'or, Embaumaient les œillets sauvages, Roses, dans le rose décor.

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Sur le fond d'un ciel d'amétliystc Flottaient des vols de goélands Oui chantaient pour mon œil d'artiste Leurs poèmes légers et blancs.

Comme aux estampes japonaises.

Le Soleil, prince oriental, •Allumait déjà ses fournaises Où flambait son rouge métal.

Des voix qui venaient de la terre Répondaient aux hymnes des flots; Je mêlais mon silence austère ■Au silence des matelots ;

Car chacun disait dans son âme Une prière au sol natal...

Les souvenirs montaient leur gamme V\vec des notes de cristal.

Combien de bras allaient se tendre ?

Combien de cœurs allaient fleurir? — Qu'il est doux de se bien comprendre Et d'aimer avant de mourir!

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Je vis un à un tous ces hommes, Frères, maris et Hancés Partir; — les rêveurs que nous sommes I\'ont pas de ces bonheurs pressés.

Et je restai seul... sans personne Pour m'attendre et m'ouvrir ses bras; Sans l'espoir d'une heure qui sonne, Et pour moi ne sonnerait pas.

Mais quoi! n'avais-je pas nr.cs Songes, Mes Songes bleus tissus d'Espoir, Ou'avais-je besoin de revoir

« Xa face humaine et ses mensonges? »

Et pourtant, voici que, lointaine Encor, je vis, à pas très lents, Venir parmi les sables blancs Une adolescente hautaine.

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