‹ Les Lys de minuitChapitre 27 sur 28 · V.4« Lr:S LVS {■)]: MlllUIT · texte numérisé non relu

V.4« Lr:S LVS {■)]: MlllUIT

Cinq heures. — Fin de jour sous la bise hivernale; Voici venir les "Anarchistes de tout poil, "Agressifs comme au temps de César, Ratapoil, Et vomissant la douce < Internationale • .

Mais ceux-là, car ils ont tous les nobles courages. Se font suivre sous la bannière sang de bœuf Par leurs dames aux seins flottants; et c'est très neuf, Ce tableau, qui sera victorieux des âges.

Minuit! — Silence et paix. — La ville et les campagnes Dorment; à peine, au loin, quelque passant falot; Seul, sous la lune froide et claire, un matelot Oui hurle en zigzaguant l'amour de ses montagnes.

L'Heure verte

Doux pays ! — Les Laïs et les huissiers sordides Encombrent chaque soir les catés et les bars; Les unes ont encor de beaux grands yeux candides, Les groins des seconds hument d'heureux hasards.

11 se parle de noce; il se traite d'attaires.

Et si Monsieur, demain, vend quelque malheureux,

Madame ira glaner de jeunes primevères

"Au bras — plutôt lassé — d'un béjaune amoureux.

250 i-iis i.vs ov. winuri'

De gras négociants, autour des tables grasses, Roulent des dominos avec un bruit d'enîer, Tandis que le comptoir rit à toutes ces faces Rouges comme le pampre aux primes froids d'hiver.

Et c'est tout protégé par les sergents de ville. Pauvres ruraux errant avec l'espoir du bock yiutour de monsieur Jule, et de façon civile. Louvoyant vers l'aumône hasardeuse d'un broc.

C'est l'heure verte; l'heure absconse où les terras£cs Se garnissent de longs cyclistes essoufflés. Où l'on saps les ministères, où les races Se confondent loin des Idéals envolés.

Et pourtant, il est des Porbus dans les Musées; L"Art et l'Esprit humain manifestent encor; Le Penseur peut, s'il veut, en ouvrant ses croisées, Voir son Rêve flotter parmi des brumes d'or.

•Anonyme vêtu de la robe incolore.

Ou couvert de l'acier que forge son dédain, Qu'il aille, guidé par cette lueur d'aurore. Phare toujours ardent de son pays lointain.

UiS nr;h\S rLRUKlKS 251

Que parmi les bandits et les prostituées

De ce monde effroyable où le jeta le sort,

Il passe sans rien voir, le front dans les nuées.

Heureux que tout chemin nous mène vers la mort.

Impression de R*ue

Je les ai rencontrés dans un bureau de poste. — Parfois, brièvement, l'inconnu vous accoste. En passant devant e-jx, sans voir, j'ai dit : pardon ! Puis je les ai suivis dans la rue; — oh! ce don De sentir tout son cœur, aux misères des autres. S'émouvoir tristement comme s'ils étaient nôtres. Elle allait à son bras, malade, c'est certcin. Peut-être la phtisie; et l'air froid do matin La faisait frissonner sous sa robe décente, Mais déjà surannée. — Humble et frêle passante!

25A i-i-s Lvs m; MinUIT

Lt>i, semblait la porter, comme on fait d'un enfant.

Lassée, elle marchait, mais comme on se défend ;

Comme on brave le mal qui vous mine et vous tue. -

L'allure d'une grêle et nerveuse statue. —

C'est là ce qu'un instant très court j'ai ressenti. —

Vague couple d'acteurs provinciaux partis

Sans subsides; — puis, rien à la poste restante. —

Mais parmi les marcliands et la houle montante

Des commis-voyageurs et des toucheurs d'argent,

Quel respectable aspect de ce couple indigent!

Vers la Justice

fiu souvenir de mor] vieil ami, le peintre 6rnesf Jférissoq .

Va, laisse errer tes mains sur mes yeux, sur mon front; Sur mon tront hanté par les désirs nostalgiques Du néant d'où je viens; mes beaux révcs magiques Sauront forcer le cœur dos Enfants qui naîtront.

Ils aimeront, ceux-là, l'idéale Justice; Cet exil no sera pour eux qu'un doux lien. — Leur œil discernera sans peur le mal du bien, Car il faut que la loi du Maître s'accomplisse.

230 i-r:s Lv.s ni: m in hit

Loi d'amour, de pardon! — Tendresse que l'Élu D'un geste unique et souverain offrait au Monde, Cependant que tombait sa parole féconde; Livre ardent que l'on n'a pas compris ou pas lu!

Le grand Pauvre est bien las. Seigneur, bien misérable; Ne viendrez-vous donc pas enfin à son secours? L'égoïsme féroce exulte et suit son cours. Et le moindre bonheur nous semble désirable.

Et pourtant, nous usons nos genoux aux chemins, Tandis qu'auprès de nous passent les cavalcades Du Mauvais Riche flagorné par ses alcades;

Est-ce donc sans espoir que se joignent nos mains?

V\paisement

T\os yeux ont réfléchi les vastes étendues Du pays de Saintonge où le couchant vermeil Étale chaque soir, lorsque meurt le soleil, Pour nos sons éblouis ses pourpres éperdues.

Puis, c'est la nuit; au loin, l3s vagues entendues Frôlent sinistrcment la dune; le sommeil Berce les pauvres gens oublieux du réveil. Des travaux épuisants et des trappes tendues.

25« i-r;.s Lv.s ni: MinuiT

Mais les soleils d'hiver sont beaux; les simples âmes Se consolent et se réchauffent à leurs flammes Comme aux rayonnements de ces jours primitifs

Où les hommes vivaient librement, sans lisière. Et dans la paix de leur maison hospitalière. Loin des bêtes de proie et des huissiers furtits.

Marthe

Fleurs de la Passion

Fleurs de 1:\ Passion, fleurs divines, vous êtes Les fleurs dont je voudrais couronner mon enfant, Et tresser pour son front 1g nimbo triomphant ; Lg nimbe douloureux des étornelleo fctcs!

•Ah! pauvres beaux grands yeux fermés, mains endormies! Étaux doux et cruels qui m'enserrez le cœur. Vous êtes mon autel unique; — l'or vainqueur Des rayons de ses cils chante mes accalmies.

V,6/i U;>S I.V.S ni: Minill'I"

"Agnès martyre, Marthe, et vous, toutes les Saintes, Tressez ses cheveux blonds de vos doigts puérils; Vous seules saurez bien éloigner les périls De l'innocente, et la garder de leurs étreintes!

Le Cœur saigne

"Anémones tristes du Rêve, Encore un jour noir qui s'acliève Vlussi triste que tous les jours. — Que vos fleurs pâles effeuillées Durant nnes austères veillées, Touchent mon front de leur velours.

V\vant que le soir ne vous fane, Faites un linceul diaphane VI cet enfant que j'ai perdu;

'zi,6 u;.s i.v>^ 0I-; KinuiT

Pou.- la petite âme immortelle

Sur qui vous tombez comme une aile,

"Ayez un sourire éperdu ;

Le sourire des belles choses

Oui meurent ainsi que les Roses,

Et comme elle mourut, hélas! — J'étais fier, — si belle et si forte!

La mort écoutait à ma perte:

Elle n'entendra plus qu'un glas.

Le glas qui sonne ma misère; Celui que la révolte amère Déchaîne dans les cœurs broyés ; Celui que durant les tempêtes Écoutent planer sur leurs tctes Les mères des mousses noyés.

Ln parité Marthe est partie . . .

C'est, dans ma tête appesantie.

Un? cohorte de douleurs ; Mon front est martelé par elles; — Et je sens bien que ses bras frêles Se tendent vers moi sous les fleurs.

MAinili: 267

Oh !.. . ne pas atteindre à ses lèvres ! Vivre mes éternelles fièvres; Songer, près de l'ancien berceau.

Que son sommeil, loin de nos fanges, Entendait cet appel des "Anges Oui l'enserrait dans son réseau.

Et je me dis: Est-elle heureuse?

0 Christ! 0 Face douloureuse

Oui vois les peines des vivants.

Pourquoi martyriser nos âmes i

Vois! nous pleurons comme des femmes

Sur le cercueil de nos enfants.

J'aurai souffert; — la vie est noire; — Comme ceux qui n'ont pas d'histoire.

En esclave humble et résigné.

J'aurai vécu sans autres armes Oue ma souffrance et que mes larmes Wuprès de rv\nge désigné.

Et je n'attends rien de ce monde Où la douleur est inféconde, La joie hideuse et sans remord ;

ae,^, i.iLS i.v>s Di! Kinurr

I\on, je ne veux que du silence, Et j'ai la hautaine espérance D'une paix sombre dans la n'.ort.

Le Noël de Me^rthe

Sous la terre implacable, ô ma HUe endormie,

Pas un de nos baisers, pas une fleur amie

N'a troublé ton sommeil éternel et profond;

Et la vaste douleur où notre esprit se fond,

Les jours navrés, les nuits d'angoisses et de larmes,

La vie épouvantable et les noires alarmes

Où nous sommes, et pour toujours crucifiés,

i\os cœurs par notre amour divin sanctifiés,

R,ieTi n'a jamais du fond de la petite tombe

Où tu reposes, où ma pauvre âme succombe.

T/o i.r-s Lv>s i)i: h.inurr

R,icn nest vend mo dire: 6 père! nie voici. —

Je porte, vois-tu bien, Marthe, mon cœur transi

Comme jadis les doux et rudes misérables

■Amis de Dieu, ceux qui vonaiant dans les dtablc-s

Vers le Christ nouveau-né, ceux qui, par les chemins.

Étaient guidés par une étoile; — tes deux mains

Qu'après tan dernier soutile exhalé nous croisâmes.

Tes mains d'entant ont pris et gardé nos deux âmes;

11 me plaît d'être ainsi martyrisé; je sens

Cette complicité douce des innocents

Oui met sous notre front l'éternelle prière

Et qui fait qu'auprès de cette croix dont la pierre

Inexorable m'a toujours anéanti.

Je crois encore, et que mon être converti

Par la douleur s'élève à des hauteurs divines.

Moi qui porte à jamais ma couronne d'épines!

Nuit de Noé! 1898.

Les Pleureuses

Les Roses de l\oël, sous les ciels de décembre Mélancoliquement nous prodiguent leurs fleurs; Fleurs des cœurs malheureux, compagnes des douleurs Discrètes, elles ont de vagues parlums d'ambre.

V\imez! Chantez! Vivez! — Le soleil vous convie. Voyez: le Roi Printemps se hâte d'accourir. C'est pour vous qu'il renaît; c'est pour vous qu'est la vie. Et l'amour et l'espoir! Mais laissez-moi souffrir.

272 lf.f> l-V.S or. HIIUIIT

Les Roses de Noël m'ont oficrt leur parure; Elles m'ont rappelé qu'ici-bns ce qui dure Chez les dolents, c'est l'image des bien-aimés;

J'ai fait mon ex-voto de leurs tiges frileuses

Pour mon enfant qui dort à jamais; décimés,

Tous mes rêves sont morts. — Et voici les Pleureuses

Toujours là

Chère enfant envolée, ô fleur sans lendemain, Marthe, moi qui n'ai plus sur mon rude chemin

Que les noirs chagrins pour escorte.

C'est de toi que mon cœur dans le recueillement Vlttend quelque rayon ou quelque apaisement

Oui vienne frapper à ma porte.

Bien des Espoirs sont morts chez celui que je fus: 11 ne me reste plus qu'un souvenir confus De mes juvéniles chimères. —

27« Liûs u\s DI-: Minurr

IVIa jeunesse est partie, et les pâles Hanibenux Oui s'éteignent en moi n'éclairent que tombeaux. Tristesses et peines amères.

Je te revois, je vois tes gestes affolés.

Et tes pauvres grands yeux innocents et troublés

Suivre les Vlnges invisibles Oui t'appelaient; je vois l'épervier du malheur Planer sur nous; — depuis, nos faces de douleur

Creusent leurs rides invincibles.

D'autres Printemps viendront; les lilas refleuris Prodigueront leurs fleurs aimantes; les pourpris

De chaque saison renaissante VI chaque aube pourront saluer le soleil; Seule, notre âme, hélas, devant son Ilot vermeil

Ne sera pas reconnaissante.

C'est ainsi que pour nous les jours suivront les jours. Notre amertume au cœur, pour achever le cours

De la vie et de nos calvaires.

Nous n'aurons conservé que cet unique espoir, Un éternel désir de l'éternel revoir

Oui grandit sous nos fronts sévères.

Des larmes, naissent

de mystérieuses fleurs

L'V\rt est long; nul ne sait, lorsqu'il fleurit les pages Où ses Rêves tremblants se sont un jour posés Et dont la vision laisse nos cœurs grisés, Si son labeur sera victorieux des âges.

Moi, je chante pour mon enfant; pour l'Innocente Dont les yeux étonnés entrevoyaient le ciel. Sa voix mystérieuse était comme le miel ; Jamais je ne connus de plus doux air d'Infante.

27C' l'i-''^ 1-v.s DU Minurr

11 faut une proie au trépas, dit le Poète; La mart en la prenant nous a fauché le cœur. - Que toutes les Valmorc et toutes les Mercoeur Offrent à notre deuil leur souffrance inquiète,

Wous les accueillerons, ces muses généreuses. Ces soeurs de notre exil qui n'ont eu qu'une foi; 11 faut les bien aimer, car leur unique loi Fut l'amour exclusif des pitiés douloureuses.

Les morts ne sont pas tous enfouis sous la terre... Combien de ces défunts dont nous touchons les mains Oui passent sans rien voir, et dont les lendemains Comme la veille, hélas, sont tramés do mystère!

Une pensée au front, ils traversent la vie. Et portent noblement leur éternelle croix. Indifférents aux bruits des chansons et des voix Humaines, et pleurant quelque image ravie. —

Vases d'élection ; âmes inconsolées.

Ma place est parmi vous. — Voici la triste fleur De mes larmes; pour votre gerbe de douleur. J'apporte le tribut des Enfants envolées...

Pour Celles qui pleurent

Près des petites croix de bois Où vont se poser les mésanges, Mon rêve me conduit parfois Vers le coin où dorment les anges.

Ils dorment ! — 11 me semble voir Leurs mains frêles vers moi tendues.

Suppliantes, lorsque le soir Couvre les mornes étendues.

•j7« ui>s 1-V5 m: Miinirr

Voici la nuit, me disent-ils; 0 toi qui connais nos alarmes, Reste! garde-nous des périls De l'Ombre, et souris à nos larmes.

I\ous avons froid; nous avons peur; Nos mères ne sont pas venues; On nous oublie... et notre cœur Est plein d'angoisses inconnues . . .

Poète, il en est parmi nous Dont l'âme gémit et s'étonne De ne plus voir à deux genoux Personne auprès d'eux, non, personne!.

Pour ceux-là, plus de bouquets blancs; Plus de couronnes d'immortelles. — Ils sont les exilés tremblants Des tristes berceaux de dentelles.

Us sont les doux abandonnés. — 0 Dieu ! que fait votre justice ? — Oue la plainte des nouveaux-nés Jusqu'à vous monte et retentisse.

Mon Dieu, qui les voyez d'en haut.

Vous, le divin bercer des âmes.

Maître qui reprîtes bientôt Ces petits corps nus et sans iianrinnes,

Seiçneur! Seigneur! leurs pas craintifs Faisaient plus clairs nos fronts moroses; Nous savions leurs sommeils naïfs Tout peuplés de visions roses;

Car les Paradis inçénus Dont ils avaient gardé mémoire, Les cieux profonds jadis connus Leur apparaissaient pleins c!e gloire.

C'est eux qui dans cfiaque maison Faisaient orgueilleuses les nr.ères. — Mais vous mourez, ô floraison Divine! bonheurs éphémères.

Et je sens mon cœur se serrer Devant leurs plair.tes innocentes.

Dieu clément, pourquoi torturer Les humbles sous vos mains puissantes?

?«C IJi.S I.VS \)\\

V\h ! pourquoi, d'iiDplacables sceaux

Marquer ces âmes de colombes,

Et faire vides les berceaux

Des anges pour remplir les tombes?...

Pensée de Minuit

Lit roiii de plLLsiour.s .semaines, iiiissi pesiinie.i quj IC'S clKirioi.s dos PropliJios. m'u hrotyé le cceiir. Léon Bloy

Je suis très vieux; je suis très las; Mon cœur est plein de lourdes peines:

J'écoute les douleurs humaines Cn moi, résonner comme un §las.

Et je n'attends rien, ni personne; Pas un bonheur inespéré: — Je vais comme un être éploré Que son dénûm^iit emprisonne;

V,«2 l-l-"» 1-VvS Dr. MinilIT

Et je n'aspire qu'a la fin. — Seigneur! montrez-moi donc la porte Par laquelle on sort! Ou2 m'importe L'Inconnu que j'implore en vain !

Nuit d'Étoiles

Étoiles qui versez sur In Ville endormie Los paisibles clartés de vos rayons lointains, Mon esprit se réchauffe à vos feux incertains Et cha':unc de vous m'est une douce amie.

Le silence des Nuits vous lait encor plus belles, Roses de diamant que le Maître des cicox ■Agrafe chaque soir à leur front soucieux, Étoiles! — Rendez-vous des âmes immortelles!

2«4 lis l.V.S 01 MinillT

Fleurs de Silence! Lys brûlants, lampes bénies, Par les sentiers d'en haut, guidez les pieds tremblants De la petite Marthe et ses pas chancelants; "Auréolez son front de lueurs intir.ics,..

LES Dl:Rnil:RS LYS

Sur une Vierê;e de Léonard de Vinci

Jlu souvenir d Jlnàré £emoyne.

Votre nom est enclos dans les Livres mystiques Où les chartreux défunts cherchaient leur réconfort. Vierge qui receviez l'encens pur des cantiques, Et que chacun gardait en soi comme en un fort.

Votre visage gréie et vos mains diaphanes Prodiguaient aux dolents l'Espérance et l'Oubli; Vous planiez de si haut sur les âmes profanes 0^0 tout mal à vos pieds semblait être aboli.

28e Li:s LV.s n\: Miiniri-

Les adolescents blonds vous apportaient des Roses, Et les princes humains, de brocart revêtes, Passaient à votre col pour vos apothéoses. Les somptueux collier-^ oilerts à vos vertus.

Les Poètes divins, les Sculpteurs, les "Artistes, Les fronts incendiés d'un feu surnaturel. Dans des pages de joie ou dans leurs oeuvres tristes Exaltaient à l'envi vos yeux remplis de ciel.

Et vous versiez à tous, comme un électuaire. Le pardon de ces mains qui n'avaient pas péché. Cependant que brûlait au fond du sanctuaire La lampe de vermeil, tel un esprit caché.

Lorsque dans les cieux clairs les cloches de Matines Tintaient parmi l'espace et le parfum des fleurs. Quand les alléluia des lèvres enfantines Montaient timidement vers vos chastes pâleurs.

0 Vierge des anciens. Lys dor. Porte d'ivoire D'où les rêves émus et blancs prenaient leur vol. Vous étiez le froment des Forts, et dans leur gloire Vos regards se penchaient pourtant vers notre sol.

1J;M 0I;PJ1|I;I^S LYS

Car vous aviez pour tous des trésors de tendresse; Voici les jours passés où, joignant nos deux mains, Nos mères nous guidaient, avec quelle allégresse, Et quelle ardente foi dans vos graves chemins!

Faites planer sur moi vos ailes de lumière. Et dans ce siècle vil qui ne vous connaît plus. Que mon âme vers vous s'envole, et ma prière; Winsi qu'un chevalier des siècles révolus.

Je viendrai, triste et fier, apporter mon hommage V\ vos pieds respectés; dans ce monde cans foi. J'exalterai ma force obscure et mon courage Vlux liturgiques feux de votre douce loi.

Je vous apporterai des fleurs simples et belles Écloses quand la Terre est toute pureté; De ces fleurs du Matin que frôlent de leurs ailes Les ois3aux de blancheur allant vers la clarté.

Puissé-je m'endormir sur mon œuvre rêvée Comme un bon artisan qui ii'.curt dans sa maison. Consolé pour jamais par la tâche achevée, Pendant que montera vers vous mon oraison!

Table

Table

Pcigcs

LES LYS DE MinUlT. >:ollvc^lllr^ par ncnvy Cluiprcnr.

HEN'RY cMÉRIOT, portrait, cciu-for::: et Inirin. par Wi'.liam BarPotiii.

préface de Laurent Tailhade.

Vie antérieure 3

■Automnale . „ 11

Les Désenchantés 16

Devant T'Autel 19

Vision 23

Vieille Estampe '2()

Un Rêve du Christ "ÎQ

•Apothéose 33

Pâques-Fleuries 37

XVIir Siècle 4*2

292 )J:.S LV>S Dl' MllILllT

Cendres 47

Clirysanthèmcs à Théodore de Banville .... 50

Maison familiale 5 5

Terre natale 65

Impression d"Août 67

Sous Bois 69

Impressionisme 71

Coin d'Ile 73

Nocturne 75

Impression nocturne en "Août 77

Immortelles des Dunes 79

Juillet 81

Suprême Enfance 53

•A Laurent Tailhade S5

Fierté . 87

•Astre lointain 89

INuit de Noël 91

Charlotte de Goethe ( Werttjer 93

Pour un Chanteur 95

Chèvrefeuilles d'Été 97

Sur un Exemplaire des H Soniets Chrétiens » . . 99

D'un homme à un homme 101

•A la Mémoire du Relieur Cuzin 103

Déclin 105

Sonnet pour une "Amie 107

Pensée dans la Lctte 109

Dans la mélancolie des soirs 111

Une Fleur dans un Livre 113

Jacques Callot 115

Sourire de l'Vlînée 117

Poussières 119

L"Aube IQl

Reines de Vitrail 193

Les Harpes d'Ombre 1Q5

Noël 197

Œillet des Places 1*29

L'Vlbbé 131

Rançon 133

Vldolescence 135

Madrigal 137

L'Exilée 139

Foi 141

Pour vivre grand, vis seul 143

Danses anciennes 145

Le Refuge 147

Page 1