‹ Les lys noirsChapitre 6 sur 32 · RENONCEMENT · texte numérisé non relu

RENONCEMENT

Nombres sacrés, rythme infini, balancement Des étoiles au flux du sombre éther baignées, Gloire et déclin des nations, cours des années, Flottez, passez royalement et tristement.

Je ne suis plus tenté par le soleil qui ment Ni par les corps de chair et les lèvres données, Et l’orage lointain des vastes destinées Berce mon cœur tranquille à son rugissement.

Je contemple le mouvement mélancolique Des grandes vagues de l’être. La loi cyclique Développe à mes yeux en des formes sans fin

Sa logique absolue et sa force cruelle

Mais le monde pour moi n’est qu’un reflet divin

Et je marche en priant sur la mer éternelle.

Dieu caché, Loi silencieuse, Source du monde, cœur secret, Amour vaste et mystérieuse Comme une éternelle forêt.

Toi que les âmes sentent vivre En leur plus intime unité,

Toi dont l’enthousiasme enivre Le flux de l’être illimité.

Pure flamme qui te recueilles Au sanctuaire des douleurs, v

Souffle qui rafraîchis les feuilles Ardent soleil, bonheur des fleurs.

Charme pudique et solitaire Des saintes, beauté de leurs yeux, Abîme et splendide mystère,

Foule des innombrables cieux.

Dans l’âme humaine et dans le monde Tu vis, comme l’air dans la mer,

Et ta sérénité féconde L’éther noir et le cœur amer.

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