‹ Les Machabées canadiens [microforme]Chapitre 1 sur 2 · OU LES · texte numérisé non relu

OU LES

MAGHABEES CANADIENS,

L’antiquité a dit que les grands hommes sont des bienfaits d:s dieux. Nous redison: la même chose dans le langage qui nous est propre, en proclamant que les grands hommes sont les ministres de la providence en tant qu’elle régit ce monde, car Bossuet a dit : les hommes agitent et Dieu les mène. Qui sont ceux qui agitent de la sorte? Ce n’°st pas le commun des hommes ; ce ne sont pas ceux qui, contens de leur aisance, coulent leurs jours dans la tranquillité. Ce sont les illustres, ce sont les grands hommes, ce sont les hommes célèbres qui agitent, et que la providence mène ainsi bien plus à son but qu’au leur. Homme célébre, grand homme, expressions que l'on emploie tous les jours comme s’il y avait entre elles synonire parfaite, ont ou doivent avoir des acceptions variées. L’homme célèbre, c’est celui qui fait du bruit dans le monde, que ses actes soient pour les humains des bienfaits ou des maux. Ainsi, à mon sens, Mahomet est un homme célèbre, quoique non un grand homme, dénomination sous laquelle j’introduis tous ceux qui ont mérité éminemment des humains en général, d’une nation,— d’une cité même, surtout s’il s’agit de la cité antique, chef lieu non-seulement, mais résumant l’état en ellemême ; tels sont Solon et Lycurgue,—Numa Pompilius. Il n’était pas rare que l’on consacrât à de tels hommes un socles où était gravé leur apothéose.

Que la mission d’un bienfaiteur ou d’un héros soit moins vaste que celle d’un autre héros où d’un autre fondateur, il u’est pas moins un grand homme de cela seul : il suffit que dans la sphère où il lui a été donné d'agir, il ait pos. sédé à un degré sublime ce qu'il lui fallait pour bien ré citer son rôle. Cruillaume Tell, fouduteur des libertés de sa patrie, Kosciusko qui s'exclame en succombant sur le champ du carnage, L'inis Polonie, Andréas Hofer, qui ôse généreusement braver Napoléon Bonaparte du haut des monts tyroliens désertés par l'Autriche, et qui les arrosce de son sang ; Marco Botzuris mourunt à Carpeuitze pour la Grèce moderne, Saluberry fesunt plus que renouveller sur ia frontière les merveilles des Thermopyles,—ce suut la de véritables grands homines. Sans doute leur nom ne remplit pas le monde de son écho, tels que les noms d’Annibal et de César, de Churlemagne et de Napoléon, de Washington et de Bolivar. Mais si l’auréole de lem gloire est plus modeste, aussi est-elle souvent plus pure. Grand homme l’on peut donc être sans être connu au delà des limites de son pays, sans être par conséquent un hom. me célèbre. En Europe même certains grands hommes de l'Angleterre n’ont été que turd connus en I'rance. Shakespeare, le roi du théâtre, y a passé durant des siècles pour un bouffon, et pourtant, Shakespeare, il résumait en lui Thucydides et Apelles, le Dante et Hogarth. Ceux Je Ju Crermanie n’y ont pénétré que de fraîche date et, me semble-t-il, en représailles des anciennes conquêtes de Bonaparte au delà du Rhin. car ils ressemblent à une armée par leur nombre,et leur entrée sur le sol gaulois ofire tous les caractères de l’invasion et de la conquête. Les srandes fizures historiques des vieilles co:onies, elles sont encore ignorées de la France, ou elles ne font qu’y poindre. Talon, Frontenac, n'étaicnt-ils pas digues de renom ? Et Marguerite Bourgeois.... lisez son aimable biographe, et dites moi si les actions de cette femme forte ne font pas d'elle un grand caractère, selon lexpression. anglaise, que je suis obligé de plagier, puisque grande temme ne se dit point. Elle n’est pourtant pas une femme célèbre, Marguerite Bourgeois, soyez en bien sûrs, car sou nom est encore inoui de quiconque,en Europe,a lu un dictionnaire historique. Muis elle est mieux que celà ; elle est grande, parce que l’héroïsme et les sublimes ver.

+us sont grands en eux-mêmes indépendamment de cet échc qu'on appèle renommée, Que les échos reportent aux échos tant que voudra le cygne de Mantoue le nom d'Amaryllis, elle ne sera toujours qu'une bergére courti: sée par des bergers.

Oui! le Canada a eut anssi ses grands hommes, et en plus d’un genre ; à moi de choisir, et mon choix tombera ce soir sur les héros de la famille, normande par son or. gine, canadienne par sa naissance, des Le Moine. fe puis les appeler nos Héraclides,—géans ils étaient par leur courage ; je puis les appeler plus naturellement encore nos Machabées, car ils étaient sept, et leurs vertus n'ont pas été moins 1llustres que Jeur courage ; où plutôt, chez eux, c'était tout un, vrrtus |

Mais pourquoi vous parlerais-je d'un sujet guerrier, vous surtout, mesdames, pas si belliqueuses à beaucoup près que ces Lazzeroniennes dont M. Napoléon Bourassa nous «a tracé la silhouette avec tant de malice ?,..,1lest si aisé de s’escrimer dans les sentiers déjà battus! Naguères, la gloire militaire et la gloire littéraire ont été discutées sur ce théâtre et soit que ce fussent rôles convenus, comme lorsque le vainqueur de la Karabelnaïa ses amusé à prendre d'emblée l’île Ste. FTèléne, couverte pau des remparts et des places d'armes de neige,(‘)--soit que, loin d’être adoptés à contre-poil des prédilections particuliéres, les rôles fussent pris an grand sérieux,les champions de la gloire littéraire ont été à plate couture battus, terrassés,

Mais irève de précédens, s’il vous plait, car j'ai de qnoi étayer de raisons ma manière de faire et ma martinle ardeur ! Et d’abord j’invoque de nouveau Bossuet. Cet aigle—comme on la appelé,—dont les idées ne sont pas moins neuves et ingénieuses que profondes, s'est écrié, après avoir fait le récit des premiéres querelles qui s'élevèrent entre les humains : Et l’art de s’entre détruire devint le plus beau de tous arts! L’Ecriture elle-même n'est-elle pas remplie de peintures enthousiastes des ‘ravaux guerriers, et Jéhovah ne se dit-il par le dieu des armées! Le prophète ne croit point s’ubaisser, il s’éleve

{*) Sir William £yre.

en effet dans les hautes régions pas le feu de sa description du noble soursier qui, sous son pinceau inspiré, parrait si bien né pour lu guerre. Les lettres sacrées nous décrivent encure ces ouragans de cavalerie, procella equestris qui, surtout en Asie, décident du gain des batailles. Bonaparte, jeté par le sort en présence des pyramides d'Egypte, rencontra les Mameluks ;—il les proclame la premiére cavalerie du monde, et lu cavalerie de France, inférieure d’abord à celle des étrangers, se forme à son école. Murat fut le premier homme de lEurope dans l’art de lancer et de réguluriser les masses de cette arme. Napléon apprenant à Ste, Héléne que le colonel Mucerone, aide-de-camp du roide Nap:es, pubhait que Murat avait imputé la perte de la batuille de Waterloo à ce que lu cavalerie n'avait pas été employée convenablement, et qu'il avait dit que s’il eût commandée les Français auraient emporté la victoire ; c’est bien probuble, répondit-il Murat étuit le premier oflitier de cavalerie du monde, il, aurait donné plus d’imp étuosité à la charge. [! s’en est fallu de bien peu que je ne gagnasse Ia bataille ; rompre deux ou trois quarrés angluis, et selon toutes les probabilités, Murat en seruit venu à bout.—Nous les avons vus, au jour de notre désastre, ces eufans d’Albion, s'exclume le général Foy, formés en bataillons carrés daus la plaine entre le bois d'Ilougoumont et Ile mont St. Jean. Ils avaient pour arriver à cette formation compacte, doublé et redoublé leurs rangs à plusieurs reprises Lu cuvalerie qui les appuvait fut taillée en piéces, le feu de lPartilleric fut éteint. Les ofliciers généraux et d’état major galoppuient d’un carré à l’autre, incertaine ou ils trouveraient un àbri. Charriots, blessés, parcs de réserve, troupes auxilliaires fuyuient à la débandade vers Bruxelles. La mort était devant eux et duns leurs rangs, la honte derrière. En cette terrible occurrence, les boulets de la garde impériale lancés à brûle-pourpoint et.la cavalerie victorieuse de France ne purent entamer l’immobile intanterie britanique. On eût été tenté de croire qu’elle avait pris racine daus la terre, si ses bataillons ne se fussent ébranlés majestueusement quelques minutes après le coucher du soleil, alors que l’arrivée de l’armée prussienne apprit à Wellington que, grâces au nombre, grâces à la force d'inertie, et pour prix d’avoir su ranger de

ere

braves gens en bataille, il venait de remporter la victoire la plus décisive de rotre âge-—Il faudrait emprunter les formes et les expressions les plus poétiques de l’épopée, dit le général Jomivi, pour raconter avec qu2lque vérité les glorieux efurts de cette cavalerie et l’impassible constance de ses adversaires.—Une battaille ditenfin Napo: léon Bonaparte, est une action dramatique qui a son commencement, son milieu et sa fin. L'ordre de bataille que prennent les deux armées, et les mouvemens qu’elles font pour en venir anx mains sont lexposition. Les contre-mouvemens que fait l’armée attaquée forment le nœud, ce qui oblige à de nouvelles combinaitons et amène la crise, d’où nat le dénouement,

Je ne sais pas si ces descriptions des vicissitudes et des péripéties de la guerre vous plaisent, mais de pareils traits

, d’éloquence inilituire ont pour moi un charine inexprimable.

En dépit de M. Cobden, il y aura toujours dans le monde des quereiles qu'on ne pourra vider qu'uvec le canon, parce que l’homme individu étant doué du libre arbitre et choisissant par conséquent entre le bien et le mal, pareillement l’homme collectif ou les sociétés huinaines est libre d’être infidèle ou fidèle à la foi des traités et des alliances, en sorte que toujours et des guerres défensives et des guerres offensives s’élèveront entre les peuples. C'est dire que la guerre est nécessaire, qu’elle est dans la nature des choses. Pour que la paix régnât dans le monde, il faudrait que l’excès de ce qu’on est convenu d’appeler civilisation nous plongeñt dans un état de pléthore et de mollesse plus quusiatique, car, pour être moins redoutables, les peuples de l'Asie font cependant de leur mieux et ne sont pas moins belliqueux que les autres.

La guerre, dira-t-on alors, est tout au plus un mal dont un ne peut se passer, car elle n’a rien de bienfaisant. Au contraire, sans purler des grandes et salutaires leçons que là providence y donne aux nations, au sein de la guerre éclatent souvent de très grandes vertus. Lu premiére de ces vertus, comme la plus ignorée, est le dévouement sublime du soldat, —d’autant plus sublime quelquefois que la guerre est plus injuste. La principale circonstance des succès de Napoléon, dit encore le généra] Foy, c’est d’avoir toujours compromis la France et lPar-

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mée en telle sorte que l'honneur national et la sûreté du territoire étnient en jeu, même quand ils n'avaient été pour rien dans les motifs de la guerre. Et qu’on ne dise pas que le patriotisme du soldat fut moins grand parce qu’il combattit loin de sa patrie pour la cause du conquérant ! Plus loin était le terrain, plus l’action était forte et plus la réaction devait être sanglante, Une victoire à Moscou ou aux Arapiles était mille fois plus impurtante, non pas que Jemmapes où Valmy, mais que Fontenoy on Rosbach. Et c’est Moscou qui u amené le czar à Paris ! Et l'Espagne, Wellington, le général odieux des étrangers, dans les murs de notre ville sacrée !— Pour vous apprendre quelles poignantes douleurs le dévouement sans bornes du soldat lui prépare souvent, et ce qu’ont pu souffrir nos propres ancêtres en conséquence de Jeur amour pour la France,je continue encore à citer ce guerrier, dont l’éloquence s'éiève vraiment au ton de l’imprécation. Discutant sur In dotation de la Lésion d'Honneur dans la tribune française, il s’écrie : “ On vous a dit nos sacrifices, on ne vous a pas dit nos longues douleurs, Quoi de plus pénible que l'occupation ennemie, que de voir l'étranger à vos foyers s'asseoir entre votre femme et votre fille ! Ce ne sont pas la de ces douleurs que peut compenser une indemnité pécuniaire, Quant à moi, le hasard m'a fait rencontrer quelques fois l'Anglais Wellington dans les rues de Paris : s’il eût fullu me dédommager en argent de la douleur que cette rencontre me faisait éprouver, tous les fonds portés au budget de 1818 n'auraient pas suffi pour cela. Nous avons couru à Waterloo comme les Grecs aux Thermopyles,—tous sans crainte, presque tous sans espoir. Ce fut l’accomplissement d’un magnifique sacrifice ; et voilà pourquoi ce souvenir, tout douloureux qu’il puisse être, nous est resté précieux à l’égal de nos plus glorieux souvenirs.

De lPétat de guerre résultent souvent de grands avantages moraux , et les passions humaines s’enoblissent souvent au milieu du cliquetis des armes. La première résistance que l’Allemagne fit à Nupoléon, fut la sourde opposition des sociétés secrètes, mauvaises en elles-mêmes, bien que je n’aie garde de dépriser le patriotisme, l'amour sacré de la patrie qui les animait : le poëte Korner répond très bien à Sir Walter Scott, que ces clubs alarmaient :

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Soyez tranquille, mylord, In trompette et le canon vont imprimer à tout celà une bonne direction : Die kanonen and trompeten vtrd das schon zuricht bisen !

Enfin la paix ; oui ln paix ! peut avoir de grands désavantages pour les sociétés, et les congrès pacifiques, —non pas tant ceux de M, Colden, que cetix qui se tiennent périodiquement à Paris, menacent de faire de grands maux aux petits états de l'Etrope, Dans l'état de guerre les puissances diminutives Dent leur sort à celui de quelqua potentat, C’est ainsi que sous le premier cmpire français, le Portugul, sous l'égide de l'Angleterre, vit quatre fois les nigles du colosse fuir hontensement de sa fron tière ; c'est sans doute ce qui fesait dire au vénéruble Supérieur Roux, duns sa Lettre mémoruble de ISTS aux Canadiens, que la Grande-Breotegre ne reccvait les petits états dans son alliance oue pour les rendre invincibles, De nos jours, au contraire, au sein de 4 paix profonde que proclament les forts nvee tant d'emphase, les faibles sont opprimés, L’'Angleterre, la France connivant, « violé les droits souverains du roi des deux Siciles, et la France vient de se rire de la foi des traités à l'égard du Portugal, bien sûre de la ecmplaisance anglaise,

Au reste, tont ce flux de puroles et de pensées en faveur de l’art de la guerre, cousues à mon sujet avee ln grosse aiguille, Ou jetées 7 évgui minerra à non auditoire. ne sont pas mon dernier mot, Ce qu'il y a, ecst que jai besoin de surexeiter dans le sein de ceux de mes auditeurs qui sont jeunes comme moi, paree qu'ils sont l'essoir de la patrie, un patriotisme brûlant, capable d’embrâser mon pays d’un feu salutaire ; car, croyez moi, quand la citadelle de Québec était 'assiégée Pan 1690 : lorsque, dans la plaine de Carillon, vingt mille Anglais pressaient quatre mille Français et Canadiens, et quand Wolfe surprenuit la plaine d'Abraham au prix de sa vie précieuse, non, le dunger de la nationalité canadiennefrançaise n’était pas aussi grand qu’à l'heure même, parce qu’au sein des combats, un sang généreux s'était mêlé à un sang non moins généreux , que Je vaincu avait mérité le respect du vainqueur. Postérité de nos preux, comment, dans l'attente des révolutions qu'on nous prérare, le sang de tes ayeux ne bout-il pas danstes veines ? Ja froidure l’y aura glacé, sans doute ?,.,.... Pardon!

je songeais à la ruine de mon pays ; je le voyais buvant à longs traits dans la -upe du malheur ; mais je laisserai là cette perspective déchirante, je me tairai. (*)

[ n’y à qu’un instant, j'ai failli me perdre dans les ouragans de cavalerie. Je ne suis pourtant pas encore à bout d’aberrations, et je demande grâces pour celles que voici venir, sous prétexte que vous n’auriez pus de moi une peinture aussi fidèle de nos preux, si je ne vous mettuis aussi sous les yeux le portruit de c+ux qui les ont précédés sur le sol canadien, Le Français et le Canadien sont deux. ‘“ La réputation des armes du Roi s'étant répandue jusque aux endroits de lu terre les plus éloignés, les Canadiens ont voulu faire voir de leur côté, dit l’historien Bacqueville de La lotherie, qu'ils n'étaient pas moins passionnés à soutenir les intérêts de Sa Mujesté que ses autres sujets. Animés de cette noble ambition, ils ont donné en plusieurs occasions des marques assurées de leur fidélité. Quoique leur maniére de faire la guerre tienne un peu du cuructère des Fauvages, ils ne Jaissent pas de venir glorieusement à bout de leurs entreprises.”

Je pense que c’est par oubli que le chroniqueur n’a pas ajouté que nous fesons festin et tabagie comr.e de vrais Sagamos. Je crois qu'à ce sujet il me revient deux vers de mon père, qui fesait son propre portrait, tout en traçant celui de ses compatriotes :

[Il fume le matin ; il fume quand il se couche ; En un mot, il a toujours une pipe à la bouche.

1! aurait bien dû au moins ne pas employer ce mot si peu pindarique, pipe, qui est là, Mesdames, comme pour faire voir que vos époux et vos prétendus, quelque fameux qu’ils soient à Montréal, ne sont point comparables à ces Sagamos, qui petunaient à propos et honorablement dans de beaux grands calumets de pierre rouge.

Moins spirituel que le Français, le Canadien était devenu, en revanche, beaucoup plus robuste, et le comie de l'rontenac écrivait qu’il fallait l'avoir vu à l’œuvre, avoir

(*) Que pouvons-nous espérer d’une lutte quand nous voyons

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ta Minerve, à Montréal, le Canadien, à Québec, trahir à l’envi les intérêts de notre race ?

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connu la trempe de son cœur pour comprendre ce dont i! était capable. A l’exemple des naturels, il était aussi plus impatient du frein que le Françuis. Il faut qu’un Canadien soit convaincu de lu valeur de son capitaine, pour qu’il lui obéisse, dit encore l’auteur précité, qui nous connaissait intimement: Quand on parle de nos guerriers d’autretois, il faut done les rapprocher tant soit peu de l’enfant de la nature. C’est peut être pour cela que Frédéric le Grand, dans les Mémoires de son Temps, et Emmanuel Kant, dans l'Essui sur ie Beau et le Sublime, nous ont confondus avec les Sauvages. “ L'entreprise des Argonautes, dit ce dernier, difière peu des expéditions guerriéres des Canadiens, et Jason n'a d'autre avantage sur Atta-Kulla-Kulla, que de porter un nem Grec.” Cette comparuison des Argonautes est vente éguleincnt à lesprit d’un Père Jésuite, duns lu relation de 1656. “ Deux jeunes Canadiens remplis de courage, dit-il, firent un voyage de plus de cinq cents lieues sous la conduite de ces Argonuutes, portés, non dans de grands gallions ou dans de grandes rambergues, mais dans de petites gondoles d’écorce.” L'autre Allemand eroche,connne on a ppèle ici cette nation, ajoute une grosse insulte à la confusion des races. 1l prétend que la Henriade de Voltaire est un plus beau p ëme que liliade d’'Homère, parce que les mœurs aont l’Iliade nous offre la peinture, ee sont proprement les mœurs canadiennes !

Je retrace donc Île portrait du Sauvage, mais non du Sauvage d'aujourd'hui. ‘% La civilisation, écrit Châteaubriand, en entrant par le commerce chez les tribus américaines, au lieu de développer leur intelligence, Les a abruties. L’Indien est devenu perfide, intéressé, menteur, dissolu. Sa cabane est un réceptacle d’imimondices et d’ordures. Quand il était nu ou couvert de peaux de bêtes, il avait quelque chose de fier et de grand; aujourd’hui des haiïillons européens, sans couvrir sa nudité, attestent sa misère; c’est un meudiant à la porte d’un comptoir, ce n’e st plus un sauvage duns ses forêts.”

Il y a encore pourtant un détuil charmant de vie domestique chez nos débris faméliques d’unciennes tribus : c’est le berceau suspendu dans lequel est enmaillotté un petit ou une petite, et auquel la maman sauvage donne de temps en temps le branle,tout en poursuivant le travaii

«dont elle est accablée. Ah ! elle me revient à la mémoire tu naïve mère indienne, actrice dans Atala et Chactas ; elle se dérobe à sa tribu pour venir humecter de son lait le tertre où git le petit enfant qne le Grand Esprit lui a ôté. Il n°y pas là, Mesdames, qu'un trait d'imagination poétiqne ; c'est la vérité, elles sont comme cela les mère sauvages. Je retrouve la même circonstance dans les relations des jésuites. Comme plusieurs Pères de cette compagnie illustre s'évertuaient à inhumer avec le plas de solennité possible un petit enfant qu'ils avaient baptisé, et qui fut le premier ange sauvage pour lequel il y eut récep: tion dans le ciel, la mére apporta deson lait dans une petite écuelle d’écorce, qu'elle voulut faire placer dans le cereucil, et l’un des bons Pères lui ayant demandé le motif de cette action,—-c'est dit-elle, pour que mon fils n'ait pas soif en cheminant vers ton paradis.

Je parle done du Sauvage primitif, tel que Fenimore Cooper nous l’a laissé en portrait dans ses homériques peintures ; je parle du sauvage, guerrier dès l'âge tendre ; du sauvage que, sans faire injure aux savans professeurs Barbarin et Giband ou à tous les rlréteurs du monde, (*) la nature a doué de faconde, bien différent de nous autres qui, après avoir langui deux années sur les bancs des classes de belles-lettres et de rhétorique, ne sommes rien moins qu'enflammés du feu sacré de l'éloquence. Faut-il des exemples? Je les donne. Le Père Lejeune, parlant du petit Tsiko fils du Chef Ouanda, nous dit : “ Son fils était pour le surpasser, car il avait une très rare éloquence naturelle. Le soir, comme je lele faisait discourir, dit le P. Daniel, il colorait son discours de figures, de prosopopées, sans avoir autre êtude ni avantage qu'une belle naissance ; ils formait des dialogues fort naturels ; bref, il S'animuait en discourant avec une telle grâce et naïvité en son langage, qu'il ravissait ses compagnons et moi avec eux. Voicile compliment d'adieu qu'un Chef adressait au chevalier de Montmagny. “ Nous autres sauvages, comme nous n’avons pasété élevés en votre pays. nous ne savons pas les honneurs qu’on rend œxgrands

(*) Strabon avoue que l’éloquence des barbares l’emporsait sur celles des rhéteurs de Rome et d’Athènes.,

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capitaines qui véillent à la défense du pays. Jere sais ce que je dois fuire et encore moins ce que Je dois dire, je cherche et je ne trouve rien sur ma langue que ces deux

paroles: Va-t-en, grand Capitaine, à la bonne heure sois le maître de la terre et le conservateur du pays; celur qui peut tout et qui est tout bon soit toujours avec toi! Voila ce que me dit ma langue; muis voici ce que J'ai dans ma pensée : Plut à Dieu que nous fussions ici une gxande troupe, et que de toutes nos voix, il ne s’en fit qu’une, forte et puissante, laquelle se fesaut entendre pur tout Punivers, prononçat ces paroles: Adieu, le conservuteur du pays, va-t-en heureusement et retourne avec plus de joie, atiu que nous puissions tous nous écrier : it est de retour, notre capitaine, 1l est de retour le con-

servateur du pays; c'est par son moyen que les femmes

et les enfans, que tout le moude est encore en vie: eur sans ta protection, l’ennemt nous aurait empêchés de planter, de cultiver et de moissonner nos blés, Voila cc que je souhuiterais qui te fût dit par tous les hommes de ces contréee ; mais quoi ! nous muvons plus de voix ; les maladies et nos ennemis ont arraché nos langues! Nous te disons néanmoins encore une fois: Adieu, le conservateur du pays, celui quia tout fuit soit le guide et Ja conduite de ton canot.” Cette éloquence, dit le P. Vimont, n’est pus tirée de la rhétorique d’Aristote ou de Cicéron, muis d’une ecole plus aimable et plus candide. Ne s’exprime-t-1l pas avec grâce, cet ambassadeur qui, pour distinguer les Algonquius errans des Ilurous sédentuires, dit en présentant un collier de russades: Voici qui est pour me faire connaître, et de quelle nation je suis, moi qui habite dans des muisons volantes, bâties de petites écorces? Je parle aussi de ces ambassadeurs dont J'rontenac écrivait à un grand ministre: ‘ Vous aurez assurément été surpris, Monseigneur, de voir l’éloquence ct la finesse avec laquelle tous les députés me parlèrent ; et si je n’avuis peur de passer pour ridicule à vos yeux, je vous dirais qu’ils me fesaient en quelque sorte ressouvenir des maniéres du sénat de Venise, quoique leurs peaux et leurs couvertures soient bien différentes des robes des procurateurs de St Marc.” Frontenac n’était pas d’une haute staiure ; c'était à lui qu’un ambassadeur des nations alliées disait: Pour que le grand Ononthio t’ait envoyé ie:

avec un si petit corps, il faut que tu ais le cœur bien grand. C’estun homme comme était le saint évêque Provencher qu’ils auraient voulu voir. Il y avait un petit Père Oblut qui était obligé de saisir sur sa grandeur tout l'avantuge des degrés du sanctuaire pour pou voir

ser la mitre sur son chef.

Boileau s’est moqué des Hurons, que les Jésuites nous représentent comme une nation pétillante d’esprit. Dans son épigramme contre les détracteurs d'Homère et de

Virgile, al dit :

Clio vint l’autre jour, se plaindre au dieu des vers Qu'en certain lieu de l'univers, On traitait d'auteurs durs, de pcètes stériles Les Iomères et les Virgiles.

Cela ne saurait, être, on s’est moqué de vous, Keprit Apollon en courroux :

Où peut-on avoir dit une telle infamie ?

Est-ce chez les Hurons, chez les Topinambous ?

Boileau avait d’autant plus de tort de placer ici les Hurons, que les mœurs homériques de nos tribus ont frappé tous les grands écrivains, et que ces peuples auraient vo- Jontiers admiré le chantre des Grecs, 2t pas du tout le coviste d’Ilurace et de Juvénal. Il est vrai que le fameux Chef Huron Kondiaronk le luï a bien rendu sans le connaître. Il avait été surnommé le Rat, à cause de sa finesse , et l’on sait qu’en effet ils sont trés spirituels, les rats! eh bien! lui,ilne voulait reconnaître que denx hommes d’esprit parmi tous les Français qui habitaieut la Colonie,—le comte de Frontenac et le Jésuite De Carheil, son confesseur. Kondiaronk ne savait pas la dialectique. Si je voulais l’appliquer à son discours, dans quel écucil ne tomberais-je pas ? car il faut bien supposer que les autres n’étaient pas trop fins. Emettons en effet sa pensée breviter et in forma : Il n’y avait en la Nouvelle-France que deux hommes d’esprit, Frontenac et De Carheil ; c’est l’antécédent de mon sauvage. Donc tout le reste était de la grosse pâte : donc en second lieu, puisque specialia generalibus insunt, (selon le jurisconsulte romain Gaius qui,voyant qu’il ne pouvait inventer la poudre, se mit à imaginer, à ce qu’il crut, cette maxi-

jus ?

Huappé , VO- > COeux con- , de spiaître qui Jévait disfaut metvait 'ronage.

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me,) il n’y avait pas un prêtre des Missions Etrangères, ii n'y avait pas un Récollet, il n’y avait pas un Sulpicien qui ne fût comme l’on dit sans cérémonie en Canada —un saint épais ; tandis que chez les Jésuites , parmi la bande, il y en avait un qui était fin tout proche comme une soie. Ce qui me contriste davantage et ce qui contrislera de même ceux qui sont d'aussi bonnes gens que moi, c’est que je ne vois pas d’issue,—comment sortir de ce scabrenx dilemme. Où placer Monseigneur l’évêque de Québec ? avions-nous à cette époque un bénin pontife ?(*)..... Muis chacun de se récrieret de s’exclamer : Votre Huron étuit fort difficile, ou les tems sont bien changés ! et aussi, moi, de m’échapper au beau milieu de ces vuociférat'ons et criailleries.

A présent je suis marri d’avoir avoué que Kondiaronk ne savait pas la diulectique, car ça n’est pas vrai. Je ne connais pus la dialectique sauvage, mais elle existe au complet puisqu'elle comprend le sorite, le plus platonique et le moins maniable de nos argimens. “ Nous vinmes cabaner, dit le Père Lejeune sur un fort beau lac, en ayant passé un uutre plus petit en notre chemin. Mon hôte me consoluit ici, me voyant fort fuible et fort abattu: Ne t’attriste point, me disait-il ; si tu t’attristes, tu seras encore plus malade ; si ta maladie augmente, tu mourras. Cousidère que voici un beau pays, aime-le ; si tu lPaimes, tu (y plairas ; si tu t'y plais, tu te réjouiras ; si tu te réjouis, tu guériras. Je prenais plaisir d’entendre ce pauvre Sauvage.”

Vous avez vu de léloquence agréable ; voici maintenant de l’éloquence à grand erfet. On portait un Chefà émigrer avec sa tribu ; il s’'écrie : C’est ici que dorment nos pères ; dirons nous à leurs ossemens, levez-vons et nous suivez sur une terre étrangère ? Dans une conférence tenue à Montréal, et où M. de Callières voulait tirer raison d’hostilités commises contre les Illinois, l’ambassadeur Jroquois dit fièrement selor le Supérieur Vachon de Belmont. ‘“ Quant à l'Illinois, il mérite la mort ; il m’a tué.” On n’ôsa point répliquer, dit le même chro-

(*) Ce n’était pas moins que François de Laval Montmorency.

niqueur. Cent Iroquois tombent en 1640 dans un paru de 300 gucrriers hurons. Ils ne songent qu’à fuir, quand, un brave, élevant la voix, s’exclame : “ Mes frères, si nous voulons commettre une telle lâcheté, attendons au moins que le soleil soit sous l'horizon, afin qu'il ne la voie pus.” À ces mots, ils volèrent au combat et succombérent en Spartiates. Si Ja Grèce eût étc le théâtre d’une action semblable, observe l’auteur des Beautés de l’Histoire du Canadu, l’homme éloquent qui arrête par quelques paroles ses compagnons prêts à fuir ; les braves qui affrontent une bande trois fois plus forte, eussent été immortalisés par tous les arts, et consacrés comme des héros demi-dieux.” L'an 1696, Frontenac porte ses armes jusque au centre des Cantons froquois, et pénètre dans celui d'Onnontagué. On n’y trouve qu'un vieillard qu pouvait étre à son centième hiver. Il paraît, dit Charlevoix, qu'il attendait la mort comme ces anciens sénuteurs romains au sac de Rome par les Gaulois. On eut la cruauté de le livrer aux alliés, qui déchargèrent sur lui le dépit que leur avait causé la fuite de la nation. Ce fut un singulier spectacle que de voir quatre cents guerriers acharnés autour d’un vieillard décrépit auquel, à force de tourimeus, ils ne purent arracher un soupir,et qui apostropha ainsi celui qui iui donna le dernier coup :“ Tu aurais bien dû ne pas abréger mes jours, tu aurais eu plus de temps pour apprendre à mourir en homme.” Suit-on ce qu'ils ont fuit les [roquois ? Ils ont réduit en captivité les intéressantes tribu de Stadaconé et d’Ilochelaga, devancières de Québec et de Montréal ; ils ont repoussé avec leurs flèches rapides Samuel de Champlain notre fondateur, muni d'armes à feu ; ils ont fait nager Ville- Marie naissante dans le saug de ses généreux fondateurs ;. effacé de la terre, détruit jusque sous l’égide de la citadelle de Québec la grande nation huronne, cette race chérie des enfans de Loyola, et çà et là dispersé les riverains de l’Ottawa et du Saint Maurice. Enfin ils ont fait mordre la puussière à un Grand Sénéchal de la Nouvelle-France, à un Gouverneur des Trois-Rivières, à MM. de Bienville, de Maricour, de St. Michel, de Montessor, De Hertel, de Verchères, de Lusignan, de Lavaltrie. Ur

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jour pourtant l’Iroquois farouche s'enfuit devant une jeuue fille canadienne de quatorze aus, la Demoiselle Magdelon de Verchères : comme Jeanne d'Arc, elle était terrible comme une armée rangée en bataille !

Maintenant enfin ua mot de mon sujet, et je termine ! ‘ Du temps que Louis de Buade, comte de Frontenae gouvernait glorieusement la Nouvelle Frauce, dit Léon Guérin, historien de ju murine française, huit fréres canadiens, originaires de Rouen en Normandie, s'illustraient à l’envi l’un de l’autre, tüntôt sur terre, tantôt sur mer, également propres à combattre et à vaincre sur ces deux élémens ; toujours dispos, toujours braves, tonjours actifs et entrepreuans, toujours enflimmés pur l'honneur national, ils rendaient au pays des services d'autant plus nobles, d'autant plus génereux que,se passant continuellement bien ioin de lPœæil de la cour, ils n'avaient aucune chance d'obtenir les grandes récompenses qu'ils méritaient, et ne les obtinrent pus à beaucoup près eneffet, Ces huit tréres, que l'on peut appeler huit héros, avaient nom Le Moine d'Ibervilie, Le Moine de Longueuil, Le Moine de Ste. Hélène, Le Moine de Sérigny, Le Moine de Maricour, Le Moine de Chateuuguny et les deux Le Moine de Bienville. Le premier fut l'un des plus grands marins « la fois et l’un des pius habiles naviscateurs que Ia France uit Jamais eus.”

Voila mon texte. Si je me perinets d'y faire une correction qui n’est pas indifférente à cause dutitre qui « été donné à cette lecture, je dirai que lancêtre de Ja maison canadienne des Le Moine n'avait pas deux fils qui portassent le nom de Bienville, que le premier sieur de Bienville fut tué par les [roquois l'an 1691, et que celui qui se signala si fort à :a Louisianne était le fils de ca dernier, petit fils parconséquent de Charles Le Moine, ce qui réduit ies frères à sept, le nombre que nous voulons.

Charles Le Moine, Ecuier, Sieur de Longueuil et de Chateauguay, vint de France en 1641. Il fut interprète des langues à Ville-Marie. François de Lauzon, qui possédait féodalement tout le pays entre Montréal et Québec, lui concéda cinquante arpens en tief avec haute justice, comme il tenait lui-même de la Compagnie des Cent Associés, qui gouvernait le pays, lequel lui avait été cédé par la Couronne de France. pi Lauzon Charny,

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nutre grand de In terre, qui finit pur embrasser le sacer

doce, y ajouta l’île Ste, Hélène, l'île Ronde, et ces concessions furent encore étendues par les Intendans Tâlon et Duchesneau. M.de La Barre, dans une dépêche qui fut portée en F'rance par le jeune d’Iberville, conseillait au ministre de la marine de Je funire nommer au gouvernement de Montréul comme étant Fhonime du Canada quiavait le plus fai à la guerre contre les Troquois, et contribué d'avantage à lu pucification qui avuit été conclue avec eux, flavait une grande influence sur les naüions, qui Pappeluient Akouessan où la Perdrix, car les Sauvages Davalentaucuns noms quine siguifinssent quetque chose. Le Murquisde Denonville loue Charles Le Moine, duns ses dépêches, aussi bien que M. de Lu Barre. It quand mème ces tétuoisouges nous manqgtieraient, on sait ce qu'étaient les premiers défenseurs de Ville-Marie, L'ancètre des Le Moine fut done un homme considérabe ; mais il fut encore plus illustre par sa nombreuse et puissante postérité que par lui-même ; il fut la hige d'un urbre prodigieux, dont les branches s'etendirent a toutes les colonies et même à Panecien monde; il erût peut-être avec trop de rupidité pour durer longtems, mais beaucoup de grandes choses en sont là: La branche ainée le cette famille hérita du titre territorial de Longueuil. Le premier de cette branche fut Charles Le Moine, Leuier, Sieur de Longueuil, créé baronen 1700, On ne permettra de réciter le titre glorieux de la faveur royale. —l'our se conformer à nos desseins dans Petabii sement du Canada, est-il dit, la fuit une dépense considérable pour placer des habitans sur la terre et seisneurie de Longueuil, qui contient deux lienes sur le fleuve St. Laurent, sur trois et demie de profondeur, «ui relève de notre château Saint Louis de Québec à huute, moyenne et basse justice, dans laquelle iltravoille à étublir trois paroisses ; et pour la conservation dés habitans pendant lu œucrre, il a fait bâtir à ses frais un fort flanqué de quatre bonnes tours, le tout en pierres et maçonnerie, avec un corps de garde, plusieurs grands corps de logis et une trèsbelle église, le tout décoré de toutes les marques de noblesse, avec une belle basse-cour, dans laquelle il y a grange, étable, bergerie, colombier et autres bâtimens tous de maçonnerie enfermés dans le dit fort, à côté du:

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que il yaun moulin banal,et une belle brasserie, auss e maçonnerie, très utile à la colonie, et le tout necompagné d’un nombre considérable de domestiques, chevaux et équipages, tous lesquels lui ont coûté plus de 60,000 livres, tellement que In dite scigneurie est x present une des plus belles de tout le pays, et la seule tortiliée et bâtie de cette manière, qui a considérablement contribué à la conservation de tous les habit: ns des seig neuries voisines, Inquelle terre est d'un revenu eonside. ruble par les excessifs travaux qu'il y a faits en y entre tenant or linairement trente ouvriers, ce qu'il est en eta, de soutesir et de tenir un rang de distinction appnye su, ie mérite et 1 vertus pour ces causes et antre a ce mou vant, avons créé, érigé, eleve et décoré, créons, érigeons clevons et décotons Br dite torre ot secirueurice de bou ‘ cueuil en titre, nom et dievuité de Baronnie., Voulon, qu'il se puisse dire, nommer et qualiier Baron, qu'i, jouisse de: droits d'urincs, blazons, honneurs, prérogatives rang ct prééminenee en fut de guerre et assemblées de’ noblesse ainsi que les autres barons de notre royaitme.

S'il y avoit dans ce titre des chose qui parussent triviales, qu'il me suflise de dire que c’est Louis le Grand qui parle. et toutes les parties en parraitront aussi nobles les unes que les autres. Ce premier baron de Longueuil épousa Dame Elyzabeth Souart d’Adancour, sœur du chevalier Dominique, Maréchal de Camp des Armées du BRoi ct gouverneur de Bayonne. Il fut l’homme quieut le plus d'influence sur ies Sauvages après Sir William Johnson. Quand Québec fut assiégée, en 1690, il alla avec eux reconnaitre les mouvemens de la flotte anglaise, entra eu communication avec d'Iberville, son frère, revenant de la Baie d'Hudson, battit avec M. de Ste. Hélène, son autre frère, les troupes de débarquement, auxquelles 11 enleva une partie de leur canon, ef reçut une blessure griève. 1! visita, pour se rétablir, les eaux de Barège. Ce voyage lui fournit l’occasion de servir en Flandre en qualite d’aide de camp du Maréchal d’'IHumières, qui fesait lu guerre avec Guillaume /Orange, usurpateur du trône de Jacques IT. On le retrouve gouverneur du Détroit en 1700. Ille fut plus tard.de Montréal, qu'il quitta er

1710, pour aller garder la tête de la Colonie contre le général Nicolson. ‘“ Le :baron de Longueuil, surnommé

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avec.raison lo Machabée de Montréal, dit l'abbé Faillon jugeant qu'il ne fallait pas luisser arriver les Angluis jusque à Ville-Marie sans leur dresser quelque embuscude,s#e resolut d'aller avec une poignée de monde les attaquer proche de Chambly, où ils devaient passer. 1] tit porter devant lui un éténdard qui était l’image de ln Vierge avec une inscription composée par la sœur Le Ber, sa cousine germuine, fameuse recluse de la Congrégation, que M. de Belmont bénit solennellement et remit lui-même dans les muins du brave cupitaine en présence de tous le peuple. Nicolson fut obligé de retraiter en partie à cause de l'audace de la poignée d'hommes du baron de Longueuil, soutenu par 600 hommes du gouversement de Québec, que Jui umena M,de Ramezay, et principalement à couse du naufrage désastreux de l’armeét navale des Anglais dans le Goife Saint Laurent. Monsieur de Longueuil fut fut Chevalier de St, Louis. En 1727, malgré tout ce que put faire Burnet, gouverneur de la Nouvelle-York, il persuada les Iroquois de souffri qu'on bâtit dans leur pays Niagara, dont il est ainsi le fondateur. On a sa correspondance à ce sujet avec ce ouverneur,etson compte rendu au ministre de la marine dans les Documens de Paris. Il était à cette époque Commandant Général où Administrateur de la Colonie depuis la mort du premier Marquis de Vaudreuil, et tint les rènes du gouvernement jusque à l'arrivee du Marquis de Beauharnois, qui écrivait à la Cour qu’il avait chargé le baron de Longueuil de veiller aux intérêts de la Compagnie des Indes. Ainsi vous voyez parfaitement tout ce dont le premier baron de Longueuil était capable. Ses deux successeurs furent, comme lui, à la tête de leur pays par leurs administrations intérimaires. Le second baron,appelé Charles comme son père et son ayeul, commanda depuis la mort du Marquis de La Jonquière jusque à l’arrivée du Marquis Duquesne de Menneville, et Charles Jacques, troisième baron, depuis la démission de Duquesne jusque à l’arrivée du Marquis de Vaudreuil Cavagnal, son compatriote, qui passait du gouvernement de la Louisianne à celui de son pays natal. Tué dans la retraite du Lac George, où le baron Dieskau fut défait par Sir William Johnson, ce baron laissa une fille mineure, Marie Charles Joseph, qui succéda au titre,et quia vécu

jusqu’en 1841, La baronne était à la tète de tout2s les ré imions charitables dans lesquelles nos dames exerçaient la bienveillance naturelle à leur sexe envers l'humanité souffrante, Le château de Longueuil fut occupé par les Américains en 17979. Il fut démoli en 1795, et les matériaux ont servi à ln construction de l'église actuelle le Longueuil.

Je pusse ensuite au sieur de Ste, Hélène, que nous avons vu combattant à Quebec. Ce fut lui qui pointa tous les canons, mais il reçut une blessure mortelle, Charlevoix nous apprend que c'était un des plus braves et des plus nimubles chevaliers qu'eût le Canada, Ce fut sous lui que d’Iberville fit ses premières armes à ln prise de Schenectady. I prenait son titre de l’île Ste, Hélène, quia tini par tre cédée au gouvernement anglais en échange d’emplacremens à Montréal,

Pierre Le Moine D'iberville, seigneur hant-justicier, Chevalier de St, Louis et Chef d’escadre, fondateur et premier Gouverneur de la Louisinnne, vit le jour à Montréal Le £0 juin 1661. Garde marine à 14 ans, il fut peu après porteur des dépêches du gouverneur à la Cour. \onsieur de La Barre le recommuandait au ministre de la marine pour le grade d’enseigne de vaisseanx eomme étant un excellent murin, qui avait déjà fait plusieurs voyages de long cours. En 1689, il était Commandant à la Baie du Nord où d'Hudson, capitaine de frégate en 1692, Chevalier de St. Louis en 1699 et Capitaine des vaisseaux du Roi en 1702, La Nouvelle-Angleterre. ’Acadie, la Baie et Terre-Neuve furent tour-à-tour le théâtre de ses actions et de ses exploits. D'abord volontaire sous le chevalier de ‘Froye,ilse trouva à la prise des forts Monsoni et Rupert, prit avec neuf hommes un navire monté par quatorze Anglais et brûla Charleston. Devenu commandant, il prit sans perdre un seul homme un vaisseau anglais de 24 canons et enleva le fort Pemaquid, défendu par le Colonel Chubb. Il fit deux expeditions glorieuses à la Buie d’Ifudson avec une promptitude surprenante. A la suite de la premiére, il passa en France, non sans avoir rendu compte à Frontenac par l’envoi d’un canot d’écorce qui arriva en vue de Québec le lendemain de la retraite honteuse de Phipps. Ses exploits nombreux dans l’île de Terre-Neuve, d’où avec une

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poignée d'hommes, il chassn presque entièrement les Anglais, étonnent à bon droit nos premiers historiens. “ C’est une chose admirable, dit Bacqueville de La Potherie, que cent vingt Canadiens se soient rendus maitres d'une s: graude étendue de puys dans la suison la plus cruelle que l'on puisse imaginer. Le froid, ln pluie, la neige, Ja faim et lu soif devaient étre nutunt d'obstacles, Ils firent ec: pendant plus de 700 prisonniers et tuérent 200 hommes.” Duns une de ses expéditions à la Baie, où il enleva le fort Nelson garni de 50 canons, D'Iberville gagna avec son seul vaisseau sur trois vaisseaux angluis un combat quin'u rien de plus glorieux dans Ja vie de Jeun Burth lui-même, Daus ces vastes étendues de pays qu'il pur courut Pépée à Ju main, il enlevn d'emblée un grand nombre de places fortes et St, Jean de "Ferre-Neuve elle méme,ainst que les trois forts qui couvraient cette capi

tale, Si l'oa considère les moyens avec lesquels il agis

suit, ses actions sont incroyables nonobstant que Charle

voix remarque que ses Canadiens étaient pour ui comm a dixième légion étiuit à Césur, et préts & le suivre au bout du monde, ‘ Lorsqu'un conimandant possède Ji cœur de ceux qui sont sous son obcissance,ujoute Bacqueville de Ba l'otherie, il lui est aisé de les manier et d

leur inspirer ses propres sentimens, Fel fut Fempire de M. D'fberville sur les esprits des Canadiens, qui ue sont pas si maniubles ©

Quelqu'un dira, les flibustiers en ont bien fuit autant, mais Les fibustiers n'étaient que des dinbles, tanti diavoli conne disait Bonaparte. Qu'on juge sile trait suivant est d'un fhibustier. Vrai chevañer, et en ecla supérieur à Jean Barth, D'Iberville, en 1692, dépensa 954 livres tournois pour la rançon, non d'hommes vigoureux propres à le suivre dans ses Courses, muis de femmes et d’enfans.

Continuons encore un peu à décrire les travaux gucrriers de nos Canadiens. Ils imarchuient, dit Léon Guérin par les terres, les lacs et les rivières, traînant fleurs canots avec leurs vivres, souvent à travers les bois, souvent dans les murais et toujours par des chemins difliciles et non fruyés, supportant avec une force de cœur et de tempéramment dont étaient seuls capables des Canadiens d’incroyables fatigues, des privatioïs et des soufirances de

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n- toute sorte : on avait piques, pioches, pelles, gabions et est béliers ! C'était lu guerre antique,que rappelaient encore que les cuirasses de nos preux. M.de Bienville et le Chee » valier de Lacorne, dont on conserve les portraits, sont que tout bardés de fer.

ain) Les flibustiers ne commumgiiient guères avant d'exerco: cer leurs fureurs : depuis le Chevalier de Beaujeu, à lu es.” bataille de la Mononghahla, jusque à Salaberry, tous nos

Le héros ont rempli leurs devoirs religieux ; à In prise de St. vec Jean Pabbèé Baudouin exhorta en peu de paroles les Canabat diens,et leur donuu lFabsolution, dit un chroniqueur, wth Le retour de la paix fournit à D'Iberville de nouvelles pur occasions de servir son pays natal et In métropole, 1] an«l restait à reconnaitre par mer Je Micissipi, et à profiter ‘le des découvertes qu'on avait déjà faites, Etant passé ei pi l'rance, cet homme, capable de fonder comme de détru: is re, proposa l'expédition à M, de Fontchurtrain. On lui rle ussociu le brave Chateau-Mornrd, neveu du grand Four die ville. réussit duns son projet et établit la Lounsiunne, al ui fondu Mobile, qui fut quelque temps lt capitale du Dr pays, et qui en est encore Une aCs A iles J'IBCIFUICS, Une jue- autre ville ya pris son nom. :

É it La guerre de succession d'Espagne s'étunt allumée, de fut uppelé en Europe, ctuprès avoir été quelque temps sont gouverneur de Rochefort, il partituvee 10 vaisseaux, 4

frégates et 4 flûtes pour uttuquer lu Jamaique ; mais il tunt, trouvu les Angluis sur Jeurs gardes. Aprés leur avoir avoli enlevé les iles de Nièvres ct de Ft, Christophe, défendres vant par le colonel Abbott, il prit nulle soldats espagnols à lu eur À Havane, et 2000 flibusticrs, et venait attuquer la Curoline, vres quand il mourut en mer en 1706. Ki vous me demandez pro- où est lu postérité de ce grand Lomme, 1 vous répondra 'en- lui-méme comme Epaminondes. De son murige avec

dame Thérése Pollet de Lacombe Pecatitre, qui épousa UCr- en secondes noces Sully, comte de Pcthune, décédé Maérin réchul de France, on ne connait d'issue qu'une fille qui nots porta duns le monde le nom de Grandive de Lauvunaie. dans Combattre, découvrir, fonder cet écrire étaient tout un non pour D'Iberville, dont on a entre autres, le Mémoire à npé- | M. de Pontchartrain sur la situation de Poston, Newd’in- York et autres lieux, avec un projet détaillunt les moyens s de qu’il y aurait de les attaquer.

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Ye ne mentionne qu’en passant Le Moine de Maricour, collègue du P. Bruyas en diplomatie ; Le Moine de Chateauguay, tué à 18 ans en combattant comme un jeune lion, sous D’Iberville, et Le Moine de Sérigny, décédé souverneur de Rochefort. La branche de Sérigny subsiste encore en France, où elle s’est alliée aux maisons de lEstrades et de Prim. Le second Sieur de Chateauguay fut gouverneur de la Cuyanne. En parlant de ses services au siége de Louisbourg, Léon Guérin s’écrie : C’est ainsi que du Golfe St. Lourent au Golfe du Mexique, de la France équinoxtale à la Nouvelle-France, continua longtems encore à jeter son éclat lu plus glorieuse famille peut être qui ait jamais brillé aux colonies françaises.”?

Jean-Baptiste Le Moine de Bienville, neveu D'’Iberville, sous lequel il fit sept voyages de long cours, fonda la Nouvelle-Orléans, fut deux fois gouverneur de la Louisianne, Où !l vainquit les Espagnols , et triompha aussi des Natchez, chantés par Châteaubriand, et des Alibamons. On sait que le chef suprême des premiers, se préendait, comme les Incas du Pérou, et les empereurs chinois, issu du soleil, Bienville le força de construire un fort pour les Français au cœur de son pays. Il fut encore Directeur de la Compagnie d'Occident. Décédé à Paris, en 1769, plein de jours, mais sans postérité, il laissa pour héritiers, entre autres, le dernier Sieur de Chateauguay et l'honorable Colonel Joseph Dominique Emmanuel de Longueuil, membre des Conseils Exécutif et Législatif du Canada. Celui-ci était fils de Joseph, Chevalier de Longueuil, ancien gouverneur des Trois-Rivières, mort à Port Louis en France, en 1778, chez la baronne Germain sa nièce, née Agnès de Longueuil. De toute cette race de nos sept héros canadiens, il ne reste que quelques rejetois perdus dans les maisons de PEstrades, de Prim et de Germain, en France, et dans celle de Grant en Canada. Madame de Montenach est la fille de la baronne et du deuxième anglais qui est entré duns la maison de Longueuil. De huit ficfs de dignité érigés en Canada par les monarques français, il ne reste plus qu’une couronne baroniale, et elle est portée par un Anglais.

Mais l'ancêtre des Le Moinc, dont nous avons parlé en premier lieu, n’était pas venu seul de sa famille en Ca-

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nada, Ilavait un frère dont descendait une vénérable Supérieure de la Congrégation de cette ville, et c’est encore ainsi que nous avons les Le Moine de Martigny.

Le Canada a eu d’autres grands hommes que les D°lberville et les Bienville. Ils commencent à être connus mème en France. Ainsi, dans la Biographie Classique de Barré, publiée vers 1840, des articles succincts sont consacrés à amiral Martin, à D’Iberville et à trois personnages de la maison de Vaudreuil, Ce n'est pas beaucoup, et cependunt,la reconnaissance que j’en ai à cet auteur est indicible. J’aime à voir la vieille France nous accorder un souvenir, Non, la France re nous a point abandonnés, eai les sentimens de Voltaire etdela Pompadour n'étaient point les sentimens des Français à notre égard, et les 4000 hommes de troupes qu’elle avait ici nous défendirent à outrance. L'Europe, dit Raynal, avait cru que la chûte de Québec entraîneruit celle du Canada entier, et cependant l’année suivante la honte d'Abraham, si honte 11 v eut, fut lavée dans les champs de Kte. Foy. Qu'est-ce donc qui pouvait se faire et qui n’a pus été fait? Le Chevalier de Lévis ne poussa-t-il point l’ardeur martiale jusque au délire en proposant de se renfermer dans l’île Ste. Hélène pour y tenir jusque aux extrémités et faire dépendre le sort de tout un peuple du sort facile à devine: de la poignée de braves qui s'offraient ainsi en holocauste ? C’est donc avec joie que je crois entendre la f'rance s’exclamant avec un estimable Xénophane : # Ce qui ajontait a mon illusion, c'était le langage de ma patrie que j’entendais dans Ja bouche des habitans. Mon esprit se reportant dans le passé, se plaisait à se rappeler les hauts futs et les travaux inouis des Canadiens qui, tandis que ce vaste continent était encore presque entièrement inconnu, le parcouraient cependant dans toutes les directions, et, sur une étendue de plus de dix huit cents lieues, apprenaient à des milliers de peuplades sauvages à connaître et à respecter avant tous les autres le nom francas. |

Il fait peine de se rappeler malgré soi un absent parmi un.si brillant auditoire. In effet, entre ceux qui aimaient à encourager par leur présence les soirées de cette noble iustitution, qui de nous n’a point souvent remarqué au premier raug, au côté de notre bien aimé Supérieur de St. Sulpice, le regretté Commandeur Viger? Avec une égale bienveillance se rendait-il à mon invitation, quand arrivait pour les micns l'époque où ils ont à subir les examenus publics de jurisprudence que veulent les statuts académiques. Monit. lPartin et M. le Principal Verreatt ont dû rompre avec une amitié précieuse, et les deux hommes que le sort a placés en succession à la tête de l’instruction publique étaient aussi ses amir. Ses amis. .,... qwest ce à dire ? L’illustre défunt avait-il des ennemis ? Nous ne lui en connaissions point, Fa mémoire sera done glorieuse, clle sera pure. Celui qui était le conseil des historiographes de sa patrie a’fini sa carriére. Je lai dit en commeneunt, les hommes marquans sont &es bienfaits de la providence, Elle les îte de ce monde, comme elle les y jette, sclon son bon plaisir. Ah! que ses destins s’accomplissent ; mais vous me saurez gré, j’en suis sûr, d’avoir enrichi ina péroraison d’une émotion nationale. Elle sera, je Je veux bien, le profit ret que nous re. tirerons de cette lecture.

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