VUS MACHABÉES
bruit, arrivent sur les lieux ; mais qua-
rante iroquois | embusqués derrière l'H6-
pital s’élancent vers eux, en poussant leur terrible cri de guerre. Les trois français doivent battre en retraite, ce qui né laisse pas que d'offrir quelque difficulté, les iroquois leur barrant le passage. Qu'importe, ils s ’élancent, passent à la barbe de leurs ennemis, essuient quarante coups de feu, dont un perce le bonnet de Charles LeMoyne, et arrivent sains et saufs à l'Hôpital, qu’ils trouvent tout ouvertet où Mile Mance est seule en ce moment. L'Hôpital était bâti à quelque
distance du fort et entouré d’une palissade.
Ce fut un heureux hasard que la porte de l’enclos se trouvât ouverte; car si elle eût été fermée, les trois fugitifs au- .raient été pris, et si les iroquois étaient passés devant la maison avant que les.
français y fussent entrés, ils auraient pris Mlle Mance, et pillé ou brûlé l'Hôpital.
LeMoyne et ses compagnons s’y étant :
barricadés, les sauvages retraitèrent et
se mirent à chercher. Chicot qu'ils
avaient vu se cacher. Ils le découvrirent
enfin, et voulurent. s’en emparer ; mais il se mit à les frapper si fort à coups dé pieds
et à coups de poing, qu'ils ne purent réussir
à s’en rendre maître. Alors, comme la garnison commençait à s’agiter dans le fort et qu'une sortie paraissait imminente, les iroquois renversèrent Chicot, lui enlevè-
rent, en un tour de main, la chevelure avec un morceau du crâne, et, le laissant
tout sanglant sur place, s’enfuirent avec la femme de l’infortuné Boudart, qu'ils finirent par brûler après l'avoir affreuse-
ment torturée. L’horrible blessure qu’a-
vait reçue Chicot et la perte de son cuir
chevelu, ne l’empêchèrent pourtant pas de
vivre quatorze ans de plus, ce qui est
bien admirable, ajoute la relation.
Le combat qui eut lieu quelques semaines plus tard, le 18 juin, se termina plus à notre avantage et donna à M. Le- Moyne une belle occasion de se signaler.
Les Iroquois, revenus en plus grand nombre, surprirent aux environs du fort, quatre français qui se jetèrent dans une méchante petite redoute située entre le château et la Pointe Saint-Charles, au milieu d’un abattis d'arbres. Résolus de vendre chèrement leur vie, nos quatre hommes ouvrirent une fusillade des mieux nourries. À ce bruit un des plus anciens
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habitants de Ville-Marie, nommé Lavigne, qui se trouvait auprès, accourût aussitôt avec une audace admirable et un bonheur étonnant ; car en passant à la course pardessus tous les arbres abattus, pour venir au secours de ses camarades, il donna dans quatre embuscades iroquoises, et, après avoir essuyé soixante ou quatrevingt, coups de feu, sauta dans la redoute sans avoir reçu la moindre blessure. Animés par le courage de cette nouvelle recrue les autres continuent de fusiller rondement l'ennemi.
Ce vacarme éveilla bientôt l'attention des habitants du fort et M. de Maisonneuve envoya M. LeMoyne et plusieurs hommes à la rescousse de ces braves. :
Charles LeMoyne attendit que les iro-
quois eussent fait une décharge générale
et fondit sur eux avec les siens. Les sauvages se voyant désarmés ne songèrent plus qu’à prendre la fuite. Mais à mesure qu'il s’en levait un derrière les arbres on l’abattait à coups de fusil. Il en resta vingt-cinq ou trente sur place, sans compter les blessés qui parvinrent à s'enfuir.
avec le reste de la bande. :
C'est à la suite de cette belle action que
M. LeMoyne, dont le mérite un de 4 plus en plus apprecié, fut nommé Garde- :
Magasin à Montréal.
Cette année-là, Mile Mance fut dbisée de quitter l'hôpital et de chercher un ‘refuge plus sûr au château. Les attaques /. des Iroquois se: multiplièrent tellement que tous les habitänts des environs furent ‘obligés d'abandonner leurs demeures, et qu’il fallut mettre des garnisons dans tous ; les endroits qu’on voulait conserver. de ; « Tous les jours», dit la relation, «on ne voyait qu'ennemis ; : la nuit on n’eûüt pas osé ouvrir sa porte, et le jour on ne se fût pas aventuré à quatre pas de sa maison sans avoir son fusil, son épée et son pistolet ».
PS
De.
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