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du château. Comme ils paraissaient avoir le désir de parler à nos gens, M. de Mai-
sonneuve ordonna à Charles LeMoyne et
à un nommé Nicholas Godé d'aller en canot vers, ces deux hommes. Mais en
voyant approcher les Français, l’un des
iroquois, dont la conscience n’était sans
doute pas tranquille, se jeta dans son canot et s’enfuit en laissant son compa-
gnon sur un rocher et dans l’impossibilité
.. de s'enfuir. M. LeMoyne et son cama-
rade s’en emparèrent et le conduisirent à terre. Interrogé sur le motif de la fuite
de son camarade, le captif répondit qu’il
avait été certainement pris d’une terreur
panique, vu qu’il n'avait aucun mauvais
dessein.
Tandis qu’on emmenait celui-là au châ-
teau, le fuyard reparut criant et pagayant
au loin sur le fleuve. On le laissa faire et comme il s’approchait et que le courant l’entraînait un peu, LeMoyne et Godé sautèrent dans leur canot et donnèrent la chasse au fugitif.- Celui-ci s’efforça de leur échapper de nouveau. Mais contre deux adversaires la joute ne pouvait être longue, et, bientôt rejoint, notre homme vint tenir compagnie à son cama-
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rade qu’il avait si âchement abandonné.
Pendant les trois années qui suivirent, les Iroquois laissèrent quelque repit aux habitants. Charles LeMoyne profita de ce moment de tranquilité Pons commencer à défricher des terres qu’on lui avait
accordées dans les environs de Ville-Marie. # Mais il lu fallut reprendre les armes dans le printemps de 1651, les Iroquois ayant recommencé les hostilités avec plus f de fureur que jamais.
«A peine nous laissaient-ils quelques jours sans alarmes, dit l’auteur de l’Histoire de Montréal ; incessamment nous les avions sur les bras, il n'y a pas de mois cet été (1651) où notre livre des morts ne soit marqué en lettres rouges. par les) mains des Iroquois. Il n’est pas moins marqué de leur côté ; ils perdaient bien plus de gens que nous, mais comme leur nombre était incomparablement plus grand que le nôtre, les pertes aussi nous étaient | bien plus considérables qu'à ceux qui avaient toujours du monde pour remplacer les hommes qu'ils avaient perdus dans les combats ». rs
Le 6 mai, Jean Boudard étant sorti de
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dl \ chez lui avec un nommé Chicot, tous deux furent surpris par huit ou dix iroquois qui se jetèrent sur eux à l’improviste. Les deux français de prendre leurs jambes à leur cou. En passant près d'un gros
continuent de suivre Boudart de près.
TA quelques pas de son logis, le fugitif rencontre sa femme :
ouverte, lui crie-t-il.
. — Non, . je Pai ne. en | partant, répond-elle. :
— Alors nous sommes FA Et D
Et il continue de fuir avec sa femme à ses côtés. Mais celle-ci ne pouvant courir aussi vite que son mari, se sent bientôt saisie par les sauvages. Aux cris désespérés qu’elle pousse, Boudart s'arrête, “et, quoique désarmé, se jette sur les iroquois auxquels il dispute sa malheureuse femme à grands coups de poing.
tous deux, car le pauvre Boudart est
assommé sur place et sa femme enlevée.
En ce moment, MM LeMoyne, Ar-
chambault et un autre, attirés ‘par le
arbre renversé, Chicot se blottit dessous.
Les Iroquois passent sans l’apercevoir et
«— La porte de la maison est-elle
‘Ce dévoûment ne leur est guère utile à