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lets cachés au fond de mon canot. Me
voyant approcher en si petit équipage,
ils me laisseront accoster la batture où
ils sont sans méfiance aucune. Arrivé sur
eux, j'exhiberai tout-à-coup mes armes,
et je forcerai ces drôles de prendre le
courant qui vient vers le château. Et alors, vous les pourrez cerner et vous en emparer tout à votre aise ».
Tout hardi qu’il pût être, ce plan fut adopté et réussit à merveille. Mais le
gros des Iroquois qui étaient campés de
l’autre côté du fleuve goûtèrent peu ce procédé, et après les plus violentes menaces, se décidèrent enfin le lendemain à venir attaquer la place. Mais M. de Maisonneuve, secondé par le major Closse et M. Le-
Moyne, ne donna pas le temps à ces sau-
vages de prendre pied à terre. A peine furent-ils en vue qu’on les chargea avec une telle impétuosité, qu'ils s’enfuirent comme une volée de corbeaux. Alors,
pour avoir la liberté de leurs compagnons
que l’on retenait prisonniers, dans le fort, les Iroquois demandèrent la paix.
On répondit à leur ambassadeur que les prisonniers iroquois ne seraient libres
que lorsque tous les captifs français se-
raient rendus à leurscompatriotes. Le né-
gociateur s'y engagea au nom de ses compatriotes, et retourna dans son pays d’où il revint bientôt avec les quatre en-
fants de Messieurs Moyen et Macart, MM.
de Saint-Michel et Trottier et un nommé LaPerle quo avait perdu aux Trois-Rivières et qu'on désespérait de revoir, ainsi que quelques autres. Les Iroquois reçurent leurs frères, en échange des nôtres, et la paix fut de nouveau conclue, Pour RE durer, il est vrai, qu’une année à peine.
Le retour des enfants, de Messieurs Moyen et Macart fut accueilli avec joie ;
car leurs familles étaient des plus considérables du pays, ce qui se voit par les
alliances qu’ils contractèrent. «Mlle Ma-
rie Moyen, dit l’auteur de l’histoire de
Montréal, a épousé un capitaine de condition et de mérite appelé M. Dugué, lequel a été épris d’elle pour les charmes de sa vertu. Mlle Macart s’est mariée avec M. Bazre (x), l’un des plus riches mar-
chands du Canada ; la cadette sa sœur avait épousé un brave gentil-homme nom-
mé M. de Villiers ».
(1) Le Sieur Charles Bazire, receveur des droits et domaines du
. Roi. Mlle Elizabeth Moyen épousa M. Lambert Closse en 1657.
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