‹ Les Machabées de la Nouvelle-FranceChapitre 21 sur 34 · SA 2-2 «= CR OR PT EPST RTE IE · texte numérisé non relu

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côté d’Albany, le second vers la rivière de Connecticut, et le troisième sur quel-.

ques villages qui s’échelonnaient entre Boston et Pentagouet. Disons en deux mots que les deux dernières expéditions :

furent couronnées d’un plein succès par la prise de Salmon Fall et de Cosco. Nous . nwavons à nous occuper ici en détail que de la première, à laquelle prirent part trois des frères LeMoyne. Organisé à Montréal, ce parti de guerre se composait de quatre-vingt-seize sauvages alliés et de cent quatorze colons français. MM. de Sainte-Hélène et d’Aillebout de Mantet commandaient en chef. Sous eux venaient d’Iberville que la saison morte empêchait de retourner à la Baie d'Hudson, et M.

Repentigny de Montesson. M. de Bienville, frère d’Iberville, et MM. de Bonrepos, de LaBrosse, LeBert du Chesne et Lamarque de Montigny, servaient en qualité de volontaires. .

«Ces braves», dit M. Ferland, «se » mirent en marche dans les premiers »jours du mois de février, saison la plus » froide de l’année. Le fusil en ban- » doulière, le paquet de provisions sur les » épaules, les raquettes aux pieds, la

» gaieté et l'espérance au cœur, les com- » pagnons de Sainte-Hélène et d’Iberville » poursuivaient leur pénible voyage. Ils » couchaient sur la neige sans abri, sous » un ciel pur et brillant comme le ciel de » Naples, mais glacé comme celui de la

» Sibérie ; ils brisaient leur pain avec la

» hache et l’arrosaient d’une eau qu’ils » obtenaient sous une couche de glace, » épaisse de plus d’un pied ».

Aprèsavoir balancé entre Albany et Corlar ou Shenectaday, les chefs de l’expédition se. décidèrent d'attaquer Corlar, bourg situé sur la rivière des Agniers. Cet éle.

blissement, le plus rapproché des villages

iroquois, comprenait quatre- vingt maisons entourées d'une enceinte de palissades.

Le 18 février, à onze heures du soir, les Français envahirent la place, qui n’était.

pas gardée, au milieu des tourbillons de

neige fouettée par un vent violent, et se

précipitèrent sur un petit fort dont les

quelques défenseurs furent culbutés en

un instant. Les unes après les autres les maisons furent ‘assaillies, emportées d'assaut et livrées aux flammes. Soixante personnes, hommes, femmes et enfants,

furent massacrées dans la chaleur de l’action. ie Le A

Après s'être quelque peu repos, le parti revint à Montréal avec vingt-huit prisonniers et un bon nombre de chevaux.

Sur le retour on eut cependant à regretter la perte d’une quinzaine d'hommes qui furent tués où pris par des Iroquois pour s’être imprudemment séparés du gros.

dela tronpe dit Ne

Cés trois expéditions répandirent la terreur dans la Nouvelle-York et la Nouvelle-Angleterre pendant qu’elles rendaient aux Canadiens la confiance. Au printemps de la même année, d'Iberville, commandant le vaisseau la Sainte-Anne, retourna à la Baïe d'Hudson où il prit et détruisit les deux forts de Nelson de New-Savane, et s'empara de deux navi- ‘res anglais. Il revenait à Québec, chargé d’un riche butin, lorsque, arrivé à la hauteur de l’île aux Coudres, il rencontra son frère M. de Longueuil qui lui apprit qu’une flotte anglaise assiégeait Québec.

-D'Iberville dépêcha surtout un courrier au gouverneur pour l’informer du succès.

de l'expédition, et, nese sentant pas assez

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fort pour aller se mesurer avec la flotte ennemie, 1l rebroussa chemin pour conduire ses deux prises en France, tandis que M. de Longueuil remontait à Québec pour y reprendre le commandement des milices de Montréal que M. de Frontenac lui avait confié. Justement effrayés des attaques audacieuses des Français, les habitants des colonies anglaises s'étaient, pour la pre-, mière fois, réunis en congrès au printemps de l'année 1600, et avaient décidé d’en finir d’un seul coup avec leurs dangereux voisins de la Nouvelle-France : etilavait été convenu qu'un corps de troupe mar, !10 cherait contre Montréal par le lac Champlain, tandis qu’une flotte s’en viendrait, par le Saint-Laurent, mettre le siège devant Québec. Disons tout de suite que l'expédition dirigée contre Montréal par.

Winthrop échoua complètement grâce, à :

la mésintelligence qui survint entre les chefs, et à la petite vérole qui se mit aussi de la partie pour dissiper cette bande d'envahisseurs, et Voyons si la flotte commandée par l’aventurier Phipps qui se 1 donnait le titre pompeux d’amiral, devait avoir plus de succès dans le Saint-Laurent. |

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Le 16 octobre, trente-quatre bâtiments anglais, dont huit gros vaisseaux de guerre, jetaient l’ancre en face de Québec. Après avoir signifié rondement à Phipps, qui le sommait de se rendre, qu'il allait «lui répondre par la bouche de ses canons, »

le vieux comte de Frontenac —il n’aimait rien tant que l'odeur de la poudre — fit ouvrir le feu contre la flotte anglaise.

M. de Sainte-Hélène, qui passait pour le meilleur artilleur de la colonie, commandit une batterie de canons établie sur l’un des quais de la basse-ville ; une des premières pièces qu’il pointa, abattit le pavillon amiral qui tomba dans le fleuve où quelques canadiens allèrent le chercher à la nage. Ce trophée fut porté en triomphe à la cathédrale à la

voûte de laquelle il resta suspendu jus-

qu’en 1750. | |

Après plusieurs engagements qui ne

leur réussirent guère qu’à prendre pied à terre à la Canardière, les troupes anglaises s’ébranlèrent dans la journée du vingt octobre et tentèrent de se rapprocher de la rivière Saint-Charles, espérant, après lavoir traversée à gué, pouvoir facilement escalader les hau-

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